I. Dépenses de l'administration générale
a) La centralisation administrative, introduite et développée par l'Empire, augmenta considérablement le budget du personnel administratif (i). En effet, sous J'Empire, le Trésor n'accorde plus seulement des indemnités aux gouverneurs des provinces et à leur suite, fixées désormais à des sommes déterminées, mais différentes selon le rang du gouverneur (2) ou des membres de la suite (3), et un salaire aux appariteurs, mais encore il alloue des traitements annuels à tous les fonctionnaires impériaux de Tordre équestre (4), à Rome ou en province, aux consiliarii Augusti (p. 475), atoxpraefectipraetorio, annonae, vigilum, Egypti, aux procuratores Augusti et autres fonctionnaires ou employés des finances (5). Le rang hiérarchique de tous ces fonctionnaires est déterminé par le taux de leur traitement (trecenarii, ducenarii, centenarii, sexagenarii) (e). •
Ajoutez à cela les dépenses de la cour, des écoles impériales de gladiateurs à Rome, en Italie et en province, administrées par des procuraiores impériaux (7), les jeux extraordinaires,
(1) Mommskn, I, 284, 289-292, 893-894. Marquardt. IV, 557-558, Y, 101, 105-106. Madvig, II, 577-578.
(2) Sukt., Aug.y 36. Dio Cass., LUI, 15. Le solarium annuel d'an proconsul de rang consulaire est d'an million de sesterces. Dio Cass., LXXVIII, 22. Cf. Tac, Agr., 42.
(3) Dig,, I, 22, 4, L, 13, 4. — Mommsen, I, 289, n*2.
(4) Il semble qu'en règle générale les fonctionnaires de Tordre sénatorien n'étaient pas salariés. Mommskn, II, 895, nM 1-2.
(5) Dio Cass., LU, 25.
(6) Dio* Cass., LUI, 15. Subt., Claude 24. Orilli, nM946, 2648. C. Lgr., n° 5895. Capit., Pertin.. 2. — Hirschfkld, Rech., I, 258-265.
(7) Orhlu-Hknzen, n°- 6158, 6520, 6524. C. /., II, n° 4519, III, n° 249, VI, n° 1648. — Mommshn, II, 1022-1024. Hirschfkld, Rech., I, 178-186.
organisés au nom de l'empereur par des curatores (i) ou procuratores munerum ou ludorum (2), enfin les dépenses personnelles et souvent les gaspillages de l'empereur régnant (3).
h) Les dépenses militaires (4) comprenaient la solde et l'entretien (frumentum) des gardes spéciales en garnison à Rome, des deux flottes permanentes stationnées à Misenum et à Rayonne, et des armées permanentes (légions et auxUia) et des flottes qui occupaient les provinces. Sous l'Empire, non seulement les légionnaires et les centurions recevaient une solde (le slipendium annuel du légionnaire fut porté par Domitien à 300 denarii) (5) ; mais les officiers supérieurs, du moins ceux qui étaient de l'ordre équestre, obtinrent également des traitements (e).
Il faut y ajouter les praemia militiae (7), accordés aux vétéran t, c'est à dire aux soldats qui, après avoir servi le temps prescrit (8), obtiennent Uonesta missio (9), et consistant, primitivement, en une certaine somme d'argent (10), plus tard, en une assignation de terres en Italie ou en province (11).
c) Les postes (cursus publicus) (12). Le service des postes,
xxxvïus'™*'' *' Ta°" Ann" XI"' ^ Hùtf n1, 57' 76- PuN-
(2) Orelu-Hbnzen, n« 6337, 6344. - Hirschfeld, Rech., I, 177-178. (3 Cf. Sdkt., Cal 37. Tac, Bût., II, 95. D«o Cass., LIX, 2, LXV. 3, etc. 4 Marqcardt, V, 94-95. Mai,™. II, 423, 528. - (5) Maro.«ardt, V, 93.
(6) Marquardt, V, 94, n« 2. Mommsbn. 1, 289, n« 1.
(7) Marquardt, IV, 121, suiv., V, 545-546.
J?r" *■? «f b<>rd de 12 aM P00' les Prétori^«. ^ 16 PO«r les légionnaires jwo oass., UV, 25), ensuite de 16 ans pour les prétoriens, et de 20 pour les légionnwres (D,o Cass., LV, 23. Mon. Ane., c. 17. Dig., XXVII, 1, 8 § 2).
,1, S f '•' V"« 64' 9- ~ (,0) Mon- Anc< c- 16- D'° Cass., 11. 11. (1 1) Voyez Sect. III, Ch. II, et Ch. III, § 3.
oL1?LMTS"N' "' m'm- M*"*"*»», IV. 558-561. Hirschfeld, Rech., I, n ïï' tY *LTBB' § ^ Sbrbignt. -0»'- P**1- <* admin., § 955 suiv. Madvis, tL Teotfel, Les postes (en ail.), dans Pault's Realencycl. Rubmger,
JJe cursupublico imperii Rom. Breslau, 1846. Naudet, De V administration des postes chez les Rom., dans les Mém. de VAc. des Inscr. T. XXIII » part.. 166-240. Paris, 1858. A. Fleglbr, Pour servir à F histoire dès postes (en ail.). Nuernberg, 1858. Hudemann, Histoire de l'administration des postes dans VEmpire rom. (en ail.). Kiel, 1866 ; 2« éd. Berlin, 1878. Stobbe, Pour servir à la chronologie des lettres de Pline (en ail.), dans le Philologus, XXX, 378-384. G. von Rittershain, Les postes de TEmr>. rom (en ail.). Berlin, 1880,
pour le transport des dépêches officielles par les courriers fspeculatores , tàbellarii) et des personnes, voyageant pour des services publics, fut organisé d'abord par Auguste (1), et perfectionné dans les siècles suivants (2). A cet effet il y avait sur toutes les grandes routes de l'Empire, à des distances déterminées, des stations de poste, soit de simples relais (mutalionesj, soit des hôtelleries fmansionesj (3). Les particuliers, pour se servir de la poste de l'Etat, devaient en recevoir l'autorisation spéciale (diploma, evectio) du gouverneur, plus tard de l'empereur lui-même (4). — D'abord les stations de poste étaient aux frais des localités où elles se trouvaient (5) ; dès le n6 siècle après J.-C. elles sont à la charge du trésor impérial (ô). Dans la suite, l'Empire fut divisé en départements postaux, dont chacun est administré par un directeur, qui est généralement de rang équestre : praefectus vehiculorum (7).