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III. Dépenses concernant l'Italie

a) Les travaux publics, exécutés ou entretenus aux frais du Trésor public, et spécialement l'entretien des routes et chaussées en Italie (cura viarum)(n).

b) U aliment atio . Le célibat, qui déjà avant l'Empire se généralisait de plus en plus en Italie, et la stérilité des mariages

(1) Waltkr, § 384-385. Marquardt, V, 103-104. Madvig, II, 745-749. C. 0. Muellkr, Quam curam respublica apud Oraecos et Romanos literis doctrinisque colendis et promovendis impenderit, quaeritur. Goettingen, 1837. E. Kuhn, L'org. civ. et mun. de VEmp. rom. T. I, p. 83-105.

(2) Subt., Vesp.t 18. Le premier professeur salarié fut Quintilien. S4 Hieronym., in Chron., p. 164. Se.

(3) Aur. Viot., de Caes., L4. Cf. Spart., Hadr., 15. Capit., Pertin., 11 Dio Cass., LXXIII, 17.

(4) Dio Cass., LXXI, 31. Capit., Ant. Pius, 11. — Kuhn, 1. 1., 87.

(5) Lampr., Al. Sev., 43. — Kuhn, 1. 1., 96 euiv.

(6) Dig., XXVII, 1, 6 § 1-12, L, 4, 18 g 30. — Madvig, II, 736-737.

(7) J. Lipsius, De bibliothecis syntagma. Hirschfeld, Rech., I, 186-192,

(8) Bbckbr, I, p. 610, suiv., cf. Ovid., Trist., III, 1, 67, suiv.

(9) Les regionarii en citent 28.

(10) Inscr. neap.t n° 2882. C. /., III, n° 431. Wilmanns, n° 1251. C. /. pr., n° 5900.

(11) Voyez Sect. III, Ch. II.

devaient produire une diminution progressive dans le nombre des citoyens. En vain la législation Julienne d'Auguste avaitelle essayé de favoriser parmi les citoyens le mariage et l'éducation des enfants, en octroyant des privilèges de droit privé et public aux parents de trois enfants légitimes au moins (jus liberorum), en privant du droit de succession les célibataires, etc. (1). Aussi les successeurs d'Auguste suivirent-ils, pour atteindre le même but, une voie nouvelle.

D'après une ordonnance de Nerva (96-98) des fonds spéciaux furent créés dans les villes de l'Italie pour la nourriture des enfants pauvres (2).

Ensuite Trajan (93-117) non seulement admit à Rome 5000 enfants ingenui aux frumentationes gratuites (3), mais encore, en 101 (4), il fit de grandes fondations, qui s'étendaient sur toute l'Italie, et qui servaient à nourrir dans les différentes communes un nombre déterminé de garçons et de filles (pueri alimentarii, puellae aliment ariae) de naissance ingénue, dès l'âge de 9 ans jusqu'à 18 ans pour les garçons, 14 ans pour les filles (5). A cet effet il plaça des capitaux en rentes perpétuelles sur des fonds communaux ou privés de la commune à laquelle la fondation était destinée, à un intérêt peu élevé (2 1/2 ou 5 °/0), mais avec des garanties très solides (par ex. jusqu'à concurrence de 1/12 de l'évaluation cadastrale du

(1) Marquardt, VII, 73-78. Walter, g 640. Rein, Leges Juliae (en aU.), dans Pauly's Realencycl.

(2) Aur. Vict., Epit.t 24. Ces fonds, qui étaient administrés par des fonctionnaires municipaux, quaestores ou curatores pecuniae alimentariae(OB.KLu, nM 2155, 2333, 3908, 3991), pouvaient s'augmenter par des legs (Dig., XXX, 1, 117, 122, XXXV, 2, 89 pr.). Mommsen, dans le Hermès, III, 101.

(3) Plin., Paneg., 26-28. Cf. Hirschfeld, dans le Philologus, XXIX, 1 1-13.

(4) Hir8Chfbld, Rech., I, 115, ne 3.

(5) Dio Cass., LXVIII, 5. Capit., Pert., 2. Cf. Dig., XXXIV, 1, 14 § 1. Plin., Paneg., 28, Epis t., VII, 18. — Hbnzen, De tabula alimentaria Baebianorum, dans les Ann. del Inst., 1844, p. 5, suiv., avec des suppléments dans les Bull, del Inst. de 1845 et 1847 et les Ann. de 1849. Kratz, De bénéficia a Trajano aliisque imperatoribus in pueros puéllasque inopes collatis. Cologne, 1871. Ern. Desjardins, Disput. hist. de tabulis alimentariis, Paris, 1854, et v. Alimentarii pueri et puellae. dans le Dict. des ont. gr. et rom. de D. et S. Madvig, II, 429-431. Walter, § 304. Mommsen, II, 1031-1032. Marquardt, V, 137-143. Hirschfeld, Rech.tlt 114-122.

fonds) (1). Des intérêts de ces rentes chacun des liberi alimentarii recevait mensuellement sa part déterminée, soit en blé (alimenta), soit en argent (2).

La haute surveillance de ce qui concernait Yalimentatio était divisée en districts, limités surtout par les chaussées italiques, et confiée, dans chaque district, soit à l'administrateur de la chaussée (curator viarum etpraefectus alimentorum) (3), soit à des praefecti alimentorum spéciaux de rang sénatorial ou à des procuratores de rang équestre (4).

Parmi les empereurs suivants il y en eut qui augmentèrent les fondations de Trajan (5) ou qui en établirent de nouvelles (6).

(1) Nous possédons encore trois documents ayant rapport a ces fondations, dont deux se trouvent dans le recueil de Spangenberg, Juris Romani Tabulae negotiorum solemnium, Leipzig, 1822, p. 312 suiv., et le troisième : la tabula alimentaria Baébianorum, dans Orblli-Henzen, n° 6664. Voyez sur cette dernière Henzbn, De lab. alim., 1. 1., Borghesi, dans le Bull, dellnst.* 1835, p. 145, suiv.

(2) Voyez Henzbn, De tabula etc., 1. 1., p. 28 suiv., Borghesi, 1. 1.

(3) Orblli-Henzen, T. III. Index p. 108-109. Capit., Pert., 2. Mommsen, II, 1032, n« 1.

(4) Orblli-Henzen, nM 3151, 3183, 3190, 3814, 6499, 6524, 6932. C. L, II, n°« 4238, 4510, III, n" 249, 1456, VIII, n° 822. — Mommsen, De titulù C. Octavii Sabini, dans YEph. ep., I, 133-134. Hirschfeld, Rech., I, 117- 120, est d'avis que depuis Marc Aurele jusqu'à Macrinus la haute surveillance de toutes les alimentationes appartenait à un seul praefsetus alimentorum de rang consulaire, ayant son siège a Rome.

(5) Spart., Hadr., 7. Capitol., M. Aur., 7. Bien que sous le régne de Pertinax la distribution des alimenta fût temporairement suspendue (Capitol., Pert., 9), l'institution subsista après lui. Cf. Henzbn, De tab., 1. 1., 49, suiv.

(6) Par ex., les puellae alimentariae Faustinianae d'Antonin le Pieux et de Marc Aurôle (Capit., Ant. Pius, 3, M. Aur., 26), les pum Mammaeani et puellae Mammaeanae d'Alexandre Sévère (Lampr., Al. Sev., 56). Des particuliers rivalisaient avec les empereurs pour établir de telles fondations, même en province (Plin., Epist., VII, 31. C. /., II, n° 1174, VIII, n° 1641). I. Gentils, Les libéralités de Pline en faveur de Comum (en ital.), dans les Comptes rendus de VInstitut roy. Lombard, 2« série, T. XIV, 1881.

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