CHAPITRE DEUXIÈME
L'administration de l'Italie (3).
Au début de l'Empire, toutes les communes jouissaient de la cité romaine (p. 377). Elles étaient ou coloniae ou municipia (praefecturae) civium Homanorum. Le nombre des colonies s'accrut encore par des fondations nouvelles, que les empereurs (4) faisaient pour établir les vétérans (5).
(1) Capit., Marc. Aur., II. Cf. Stat., Silv., I, 4, 6. — Prellbr, 1. l.,78.
(2) Lampr., Al. Sev., 33.
(3) Mommsen, II, 1025-1036, 1038-1040. Marquardt, IV, 216-230. Walter, § 299. Madyig, II, 96-98.
(4) Le droit de fonder des colonies appartient à l'empereur. Cf. Vrll. Pat., 1,14. Zumpt, De col. Rom. mil., dans les Comm. epigr., I, 444. Mommskn, II, 715-716.
(5) Mon. Ane., c. 16 et 28. Suet., Aug., 46. Hygin., de lim. consi., p. 177 L. Lib. colon., dans les Grom., p. 210-224, 230-237 L. Cf. Zumpt, 1. 1., 343- 361, 381-384, 390-395, 400-403, 408-409, 427, 429. Marquardt, IV, 118-126. Madyig, II, 36-39. L. Hollaender, De militum coloniis ab Augusto in Italia deductis. dans les Dissert, philol. HcUenses, T. IV, 1880. Beloch, La conféd. ital., 10-13. Dans ces colonies, l'assignation des lots se faisait par des commissaires impériaux choisis parmi les vétérans. Cf. Hygin , de cond. agr., p. 121 L. Mommsen, II, 956, ne 3. — Elles se dépeuplaient parfois rapidement ; en effet « neque conjugiis suscipiendis neque alendis liberis sueti orbas sine posteris domos relinquebant. » Tac, Ann.9 XIV, 27. Alors, pour prévenir leur extinction, il fallait ou bien y envoyer un supplément de nouveaux colons ou môme y établir de nouvelles colonies. Walter, § 270, nM 100-103. — Une des dernières colonies fut Vérone en Italie, rebâtie par l'empereur Gal- Ikn en 265 apnée J. C. Orelli, n° 1014. Depuis Constantin il n'est plus question de colonies.
D'ailleurs, entre les coloniae et les municipia civium Romattoram, il n'j avait guère qu'une différence nominale. Aussi l'empereur (i) a-t-il le droit de transformer une colonie en municipe ou un municipe en colonie (2).
Tout en respectant d'abord l'autonomie des communes de l'Italie, l'Empire introduisit dès l'origine certaines innovations qui préparèrent l'assimilation de l'Italie aux provinces.
Auguste divisa l'Italie, à l'exception du territoire de la ville de Rome, en onze districts administratifs ou regiones (3) pour dresser les statistiques des recensements généraux (4) et pour l'administration financière (5).
Il disposa sur différents points de l'Italie des postes militaires pour le maintien de la sûreté publique (6), et il fit garder les côtes de l'Italie par deux flottes (7) qui avaient leur station permanente, l'une à Misène (classis praetoria Misenensis), l'autre à Ravenne (classis praetoria Ravennas) (s), et dont chacune était commandée, au nom de l'empereur, par un praefectus classis de l'ordre équestre (9), assisté, depuis le second siècle, d'un subpraefectus, également de l'ordre équestre (10).
Le personnel de ces flottes (milites classiarii), jusqu'au grade de trierarchus inclusivement, se composait, d'abord, d'esclaves et d'affranchis impériaux, dans la suite, de péré-
(1) Mommsbn, II, 854, n" 2-3.
(2) Cf. Gbll., XVI, 13 § 4. Zumpt, 1. l.t 457-459. Db Ceulenber, Septime Sévère, 248.
(3) Plin., III, 6 (5). — E. Dksjardins, Les onze régions de l Italie sons Auguste* dans la Revue historique, I, p. 184. Paris, 1876. J. Bbloch, La confèdêr. italique sous Vhégém. de Rome, 1-27.
(4) Cf. Plin., VII, 50 (49). Phleg., fr. 29, Mail. Orelli, n° 2273. Huschkb, Du recens, et du système des contrib. sous VEmp. rom., p. 63.
(5) Marquardt, 1. 1., 219-220. — (6) Subt., Aug., 32, Tib., 37.
(7) Hir80hpbld, Rech., I, 122-127. Marquardt, V, 485. E. Ferrero, L'organisation des flottes rom. (en ital.). Turin, 1878, p. 23, 64-158. À. Héron db Villefos8e, La flotte rom. depuis Auguste, au mot classis, dans le Dict. des ant. gr. et rom. de D. et S.
(8) Subt., Aug., 49. Cf. Tac., Ann., IV, 5. Dion. Cass., LV, 24. Vbgrt.,