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III. TRAVAUX MODERNES

Depuis le xve jusqu'à la fin du xvn6 siècle la science des antiquités fut préparée par un nombre immense de monographies sur des points spéciaux des institutions romaines Les travaux les plus importants de cette période furent réunis dans certaines grandes collections, comme celles de :

Graevius, Thésaurus antiquitatum Romanarum. Utrecht, 1694-99. 12 vol. in-fol.

Sallengrius, Novus thésaurus antiquitatum Romanarum. La Haye, 1716-19. 3 vol. in-fol.

Polenus, Supplementa utriusque ihesauri. Venise, 1730- 40. 5 vol. in-fol.

Un essai d'exposition systématique des antiquités fut déjà fait par Rosinus, dont l'ouvrage, intitulé : Antiquitatum Romanarum corpus absolutissimum, Bâle, 1583, fut plusieurs fois réédité avec les notes de Dempster.

(1) Comme la reconstruction des institutions politiques est basée avant tout sur les données que les anciens nous ont transmises, il s'ensuit que le degré de créance que chaque auteur mérite, est dans cette étude un point d'une importance capitale. Or les savants modernes ne s'accordent pas du tout a ce sujet. Tandis que Niebuhr élève infiniment Denys d'Halicarnasse au-dessus de Tite- Live et de Cicéron, Becker, Lange et Madvig rabattent beaucoup de cette importance excessive, accordée à Denys, et estiment, au moins autant, les deux écrivains romains. Th. Mommsen est d'avis que vers le commencement du Ier siècle av. J.-C. l'histoire romaine des premiers siècles de la République a été falsifiée sur une large échelle, et, partant, il ne serait permis d'accorder, en ce qui concerne cette époque, que peu d'autorité aux écrivains romains et grecs postérieurs, qui ont presque tous puisé à ces sources altérées. Selon A. W. Zumpt au contraire, nous devons une foi presque égale a tous les écrivains anciens ; et si leurs assertions semblent parfois se contredire, c'est notre devoir de combiner ces données opposées et de prouver que la contradiction n'est qu'apparente. D'ailleurs, cette question si ardue de la valeur historique des ouvrages anciens ne sera pleinement résolue que lorsqu'on aura démontré, jusque dans les détails, a ^quelle source chaque écrivain a puisé. Ce problème, mis à l'étude depuis un demi siècle, est seulement en voie de solution.

Le xvme siècle vit paraître également un certain nombre de manuels d'antiquités romaines, dont les principaux eurent de nombreuses éditions. Ce sont :

Nieupoort, Rituum qui olim apud Romanos obtinuerunt succincta explicatio, Utrecht, 1712 (souvent réimprimé durant le xvme siècle).

Petiscus, Lexicon antiquitatum Romanarum. Leeuwaarden, 1713, 2 v. in-fol.

Maternus von Cilano, Traité développé des antiquités romaines (en ail.). Altona, 1775, 4 vol.

Adam, Les antiquités romaines. Londres, 1791-92 (en anglais et traduit en plusieurs langues).

Cependant tous ces travaux furent plutôt des œuvres de compilation que des études scientifiques, basées sur l'examen critique des sources. Ils présentent une agrégation de faits, unis par un lien purement externe, sans expliquer l'origine, les lois internes du développement historique et les transformations successives des institutions romaines. La science des antiquités naquit avec la rénovation des études philologiques en Allemagne au commencement de ce siècle.

La première impulsion à l'application de la méthode historique et critique aux études philologiques fut donnée par le célèbre F. A. Wolp :

Exposé de la science de ï antiquité, en rapport avec l'objet, fétendue, le but et la valeur de cette science (en ail.), dans le Muséum der Altherthums-Wissenschaft, T. I. Berlin, 1807.

Leçons sur les antiquités romaines avec des confections et des notes littéraires de Hoffmann (en ail.). Leipzig, 1835.

B. G. Niebuhr, en appliquant la méthode de Wolf à l'étude des institutions romaines, devint le véritable fondateur de la science des antiquités politiques. Ses principaux ouvrages sont :

Histoire romaine (en ail.), 2 vol. Berlin, 1811, rééditée par Isler, 3 vol., ib., 1873-74. Traduite en français par de Golbéry. Strasbourg, 1830. Leçons sur t histoire rom., publiées par Islbr (en ail ). Berlin, 1846-48. 3 vol. Leçons sur les antiquités rom.f publiées par Islbr (en ail.). Berlin, 1858.

Les ouvrages et les leçons de Niebuhr ne créèrent pas

seulement un système tout à fait neuf de l'origine et de l'histoire des institutions politiques de Rome, mais ils provoquèrent aussi une série de travaux et de recherches remarquables sur cette science nouvelle, qui continuaient et rectifiaient la voie ouverte par Niebuhr. Ces travaux spéciaux seront mentionnés à leur place. Qu'il suffise ici de citer certains travaux d'ensemble :

Rubino, Recherches sur la constitution et (histoire rom. 1M partie. Du développement de la constitution rom. jusqu'à t époque de grandeur de la République (en ail.). Cassel, 1839.

Goettling, Histoire de la constitution politique de Rome depuis la fondation de la ville jusqu'à la mort de César (en ail.). Halle, 1840.

Peter, Les époques de l'histoire des institutions de la République rom. (en ail.). Leipzig, 1841.

Mentionnons aussi les travaux scientifiques que les savants modernes ont publiés, dans les derniers temps, sur l'histoire romaine et sur l'histoire du droit romain, et dans lesquels ils touchent, au moins partiellement, à presque tous les problèmes de la science des institutions politiques :

Schweolrr-Clàson, Histoire rom. (en ail.). Les 3 premiers volumes, publiés par Schweoler (Tubingen, 1853-58, 2e éd., ib. 1870-72), se terminent aux Lois liciniennes. Les deux volumes de la continuation de 0. Clason (I, Berlin, 1873, II, Halle, 1876), vont jusqu'à la fin d'Alexandre d'Epire, 328 avant J.-C.

Peter, Histoire rom. (en ail.). 3 vol. 3e éd. Halle, 1870-71.

Th. Mommsen, Histoire rom. (en ail.). 3 vol. Berlin, 7e éd. 1881, traduite en plusieurs langues.

W. Ihne, Histoire rom. (en ail.). 5 vol. ont paru. Leipzig, 1868-1879.

F. Walter, Histoire du droit rom. jusqu'à Justinien (en ail.). Bonn (j).

k. W. Zumpt, Le droit criminel de la République rom.

(1) Ce Manuel parut pour la première fois en 1834-1840. Depuis lors il fut réédité plusieurs fois. Nos citations se rapportent à la 3e édition, 1860-61.

(en ail.). 2 tomes en 4 parties. Berlin, 1865-1869. — La procédure criminelle de la Bép. rom. (en ail.). Leipzig, 1871.

Mais les trois ouvrages capitaux, qui résument l'état de la science à notre époque, ce sont les manuels d'antiquités romaines de Beckbr-Marquardt, de Lange et de Marquardt-

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