‹ Le droit pubde romainChapitre 87 sur 185 · VI · texte numérisé non relu

VI

(5) Liv., IX, 29, XXIX,- 37, XL, 51, XLI, 27. Poltb., VI, 17, etc. — Mommskn, II, 423-425, 443-448. M. Voigt, Le système de la voirie rom. (en ail.), dans les Berichte der sàchs. Qesellsch. der Wiss. T. XXIV, p. 29. Leipzig, 1873. — Sur les curatores viarum, voyez p. 307, ne 13.

(6) Naudet, Des secours publics chez les Rom., dans les Mém. de VAc. des Inscr. Paris, 1838. T. XIII, 12-23, 42-71. Mommskn, Les trib. rom., 178-208. Kuhn, De Vimportation du blé à Rome dans V antiquité (en ali.), dans le Zeitschr. f. d. Altertkumsw. 1845, p. 993-1008, 1073-1084. Rein, Largitio (en ail.), dans Pault's RealencycL Nasse, Meletemata depublica cura annonae ap. Rom. Bonn. 1851. O. Hirschfbld, Annona (en ail.), dans le Philologus. T. XXIX, p. 1-96. Labatut, De Valimentatùm publique chez les Rom, y 2e éd. Paris, 1870. O. Humbert, Annona, dans le Dict. des ont. gr. et rom. de D. et S. H. Pigonnbau, De convectione urbanae annonae f p. 1-23. St-Cloud, 1876.

Italie, obligeaient l'Etat, pour prévenir des disettes et des fluctuations excessives dans le prix du blé, de se pourvoir lui-même de blé en province et de le vendre à Rome à un prix égal et modéré. Tant que le prix de vente ne fut pas inférieur au prix d'achat, il ne résultait de cette cura aucune charge pour le Trésor.

Mais, dès 123, une lex Sempronia frumentaria (de C.Gracchus) (1) ordonna la distribution mensuelle d'un certain nombre de modii (*) par citoyen, à 6 1/3 as le modius (3), c'est-à-dire la moitié environ du prix de marché (4). Une lex frumentaria Octavia, de 78, réduisit, il est vrai, le nombre des modii à 5 (5). Mais, en 58, une lex frumentaria Clodia introduisit la gratuité des distributions (ô).

Y avait droit tout citoyen domicilié à Rome (7).

César cependant limita le nombre des participants à 150,000; Auguste à 200,000 (s). Dès lors leurs noms sont inscrits sur une liste, qui est complétée, à fur et à mesure que les décès ou d'autres causes y produisent des vides (9). Bien que la loi n'exclue pas les équités de ces distributions, cependant de fait, des citoyens, ayant un cens inférieur à 400,000 sesterces ou

(1) Lange, III, 32. Le catalogue des leges [rumentariae se trouve chez Lange, II, 692-693. Rudorfp, H. d. dr. r., I, § 18.

(2) Le modius est une mesure sèche de 8,754 litres. Marquardt, V, 74.

(3) Scol. Bob., p. 300 Or. Asoon., p. 9. App., B. c, I, 21. Cic, p. Sest., 25, 48 § 103. Liv., Epit. LX. Cf. Walter, § 294, n«26. Marquardt,V, 111, ne5.

(4) Walter, § 294, n* 27. Marquardt, V, 1 1, ne 8.

(5) Walter, §294, n» 31.

(6) Ascon., p. 9. Scol. Bob., p. 301 Or. Dio Cass., XXXVIII, 13. Cf. Hirschpeld, 1. 1., p. 3, n« 3. Lange, III, 289.

(7) App., B. c, II, 120. Dionys., IV, 24. Senec, de benef.t IV, 28. — Mommsen, Les trib.y p. 187 suiv. Hirschpeld, l. 1., p. 6-8. — Les congiaria ou distributions d'huile ou de vin à prix réduit ou gratuitement, ont été faites parfois sous la République par des magistrats au moyen des ressources du butin ou autres dont ils disposaient (Liv., XXV, 2, XXXVII, 57, Suet., Caes., 38, Plin., XIV, 14-15 (17) g 96-97), mais jamais aux frais du Trésor public.

(8) Suet., Caes., 41. DioCass., LV, 10. Mon. Ane, c. 15 s. f.

(9) D'après l'organisation de César, les vides étaient remplis par sortitio, faite par les préteurs. Suet., Caes., 41. Sur l'interprétation de la lex Julia mun.t 1. 10-19, voyez Hirschpeld, 1. 1., 90-95. — Cf. Dion. Cass., XXXIX, 24. Senec, de benef., IV, 28. Plin., Paneg., 25.

au cens équestre (plebs urbana), étaient seuls inscrits sur la liste (i).

Sous la République la cura annonae était dans les attributions des édiles (p. 301); la cura frumenti populo dividundi fut confiée d'abord à divers magistrats (2), ensuite par César, en 44, aux aediles cer taies (p. 302).

II. Les dépenses ordinaires de Yimperium militiae comprennent les dépenses militaires. Se réduisant à l'origine à Yaes équestre et à Yaes hordiarium des équités equito publico (p. 66-67), et aux frais d'équipement (midi, tabernacula, et omne aliud instrurnentum mililare, vasarium) (3) qui étaient fournis pendant toute la durée de la République, par voie d'adjudication publique (4), aux commandants en chef et à leurs Etats majors, ces dépenses s'augmentèrent considérablement par l'introduction de la solde des légionnaires en 406 (5). Du temps de Polybe la solde était de 1/3 denarius (2 oboles) pour le légionnaire, de 2/3 denarius pour le centurion, et d'un denarius pour Yeques equo privato (e) ; mais elle était payée en une fois pour toute une campagne (stipendium semestre, annuum) (7), primitivement par les tribuni aerarii (p. 357), plus tard par les questeurs militaires (s). La solde annuelle du légionnaire (125 denarii) fut portée par César à 225 denarii (9).

(1) Mon. Ane,, c. 15. — Marquardt, V. 116. Walter, § 295, n6 35. Hirschfeld, 1. 1., p. 6, ne 8.

(2) HlRSCHPELD, 1. 1., 40-41.

(3) Liv., XXX, 17, XLII, 1, XLIV, 22, s. f. Cic, Verr., II, 5, 32 § 83, cf. 4, 5 §9.

(4) Gell., XV, 4 § 3. Dio Cass., LUI, 15 § 5. Sukt., Aug., 36. — Willems, Le Sénat, II, 405, n» 3.

(5) Ltv., IV, 59 § 1 1. — Soltau, 405 suiv. Le Beau, De la paye du soldai légionnaire, dans les Mém. de VAc. des Inscr. T. XLI, p. 181 suiv. Paris, 1780. Boeckh, Rech. métrol., etc., p. 423. Mqmmsen, Les trib. rom., p. 31 suiv. Madvig, II, 527-530.

(6) Polyb., VI, 39. — Le denarius valait 10 as sextantaires. Marquardt, V, 16 suiv.

(7) Varr., cité par Non., v. aère dirutus. Diod. Sic, XIV, 16. Cf. Liv., XXIV, 12. — Marquardt, V, 91, n« 1.

(8) Cf. Liv., XXIII, 21, 48, XXIV, 18 s. f., XXVIII, 24, XL, 35, 41, etc.

(9) Suet., Caes., 26. — Marquardt, V, 93. Willbms, 1. 1., II, 407.

Aux trois derniers siècles de la République, le Sénat allouait annuellement une somme déterminée à chaque commandant militaire, pour subvenir aux dépenses de son commandement (ornatio provinciae) (i). Les éléments essentiels du budget de dépenses de chaque commandant sont :

1° Les frais de voyage et d'entretien du commandant en chef et des officiers supérieurs (viaticum,frumentum in cellam, cïbaria) (2), et le salaire du personnel subalterne de la oohors praetoria (3).

2° La solde (stipendium) des soldats-citoyens romains, et de certaines catégories d'auxiliaires (mercenarii) (4) ou, pour le commandement d'une armée navale, la solde des socii navales (5).

3° La nourriture des soldats-socu (p. 132, ne 13), et, depuis le dernier siècle de la République, celle des soldats -citoyens (0).

La somme allouée (attributa) par le Sénat est payée (numerata) par les questeurs urbains au questeur du commandant militaire (7), qui est son caissier (s) et qui administre également l'intendance (9). Le questeur militaire pourvoit à l'achat du froment, des habillements et des armes ; mais il décompte de la solde la somme des avances qu'il a faites à chaque soldat en fournitures militaires (10). Dans des circonstances extraordinaires, le sénat, pouvoir central, intervient directement pour

(1) Cic, in Pis., 2 § 5, ad AU., VI, 3 § 2, VII, 1 § 6. Sall., Jug., 27, Ep. Cn. Pomp. adsen., § 2. Plut., Pomp., 55. Liv., XL, 35, etc.

(2) Cic, Verr., II, 1, 13 § 36, 3, 84 § 193, ad fam., XII, 3, ad AU., VI, 3 § 6, VU, 1 § 6. — • Hofmann, De provinciali sumtu p. R. Berlin, 1851. — Des cibaria il faut distinguer les congiaria ou salaria, gratifications attribuées par le commandant militaire sur le butin ou d'autres ressources extraordinaires. Mommsen, I, 287-288.

(3) Cic, Verr., II, 1,13 §36.

(4) Cf. Liv., XXIV, 49.

(5) Liv., XXIII, 48, XXVI, 35, XLIV, 20. Voyez p. 96, n« 4.

(6) Voyez à ce sujet Willkms, Le Sénat, II, 410, nM 1-2.

(7) Cic, Verr., II, 1, 13 § 34, 14 § 37.

(8) Cf. Liv., XXIII, 15, XXX, 38. Cic, div. in Caec., 10 § 32, ad fam., II, 17 g 4.

(9) A. L/lngbn, L'intendance militaire des Rom. au dernier siècle de la Rép. (en ail.). Brieg, 1878. 2e partie, 1880.

(10) Polyb., VI, 39. Cf. Tac, Ann., I, 17.

veiller aux achats nécessaires à l'intendance militaire et pour en assurer le transport aux différentes armées (1).

L'élévation de chaque budget militaire varie, dune part, selon la force de l'armée à laquelle il se rapporte (2), d'autre part, selon que les dépenses de l'intendance sont imputées sur ce budget ou que le Sénat y a pourvu directement (3).

A son retour à Rome, le commandant militaire et son questeur transmettent (4), chacun ses comptes (rationes relataé), aux questeurs urbains (5). Une lex Jidia de 59 leur ordonne de déposer en outre des copies conformes de leurs comptes dans deux villes de la province qu'ils ont gouvernée (6).

Aux dépenses ordinaires des budgets militaires annuels il faut ajouter les crédits extraordinaires votés par le sénat pour la construction, la réparation et l'équipement de navires (7) et pour l'acquisition du matériel de guerre (s), pour les récompenses militaires, praemia militiae (9), supplicationes , ovatio, triumphus (p. 228), etc., ainsi que les dépenses du département des relations internationales, qui consistent spécialement dans les indemnités pour frais de voyage allouées aux ambassadeurs romains (10) et les frais de séjour (locus et lautia) ainsi que les cadeaux d'usage ou extraordinaires accordés aux ambassadeurs étrangers (p. 220, ne 2).

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