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L'Église est une religion sous forme de société

(1) Qui receperunt sennonem ejus, buptizati sunt; et appositae sunt in die illa animae circiter tria uiillia. Act. Apost. ii, 41.

(2) Us n'étaient pas plus de cent vingt. Eral aiUcm turba komhiuni simul fere centum viginti. Ibid. i, 15.

(3) Erant persévérantes in doctriua apostoloruni et coiumunicatione fractiouis panis et orationibus. Ibid. II, 42.

202 Lt: DROIT PUBLIC ECCLÉSIASTIQLt;.

Comme religion, elle a la charge d'organiser, parmi les fidèles, le culte divin, tant intérieur qu'extérieur. « Li religion, dit saint Thomas, rend à Dieu le service qui lui est dû, notamment en ce qui concerne son culte, par les sacrifices, les oblations et choses semblables (1). » Sous ce rapport, l'Église prescrit l'ordre h tenir, les rites à suivre dans la célébration des saints mystères, surtout au saint sacrifice de la Messe. Elle a donc le droit d'élever des temples, pour la célébration des divins mystères et la prédication de la parole évangélique. Elle a le droit de lixer la liturgie, et d'établir des jours de fête et des solennités religieuses, en un mot tout ce qui se rapporte aux hommages à rendre à Dieu. L'Eghse doit sanctifier les âmes. Elle a donc le droit de les administrer; d'ordonner, à cet effet, des ministres, et de prescrire les cérémonies à suivre dans cette administration. L'usage des sacrements constitue la partie principale de la religion, parce que les âmes, en se sanctifiant, s'unissent à Dieu par un lien nouveau ; or c'est à cette union réitérée que la rehgion emprunte, à proprement parler, son nom. <i La religion, dit saint Augustin, nous relie au Dieu unique et toutpuissant ("2). »

179. — Comme société, f Eglise a le droit d^ctablir sa hiérarchie pour le gouvernement des fidèles qui doivent recevoir de sa part une direction, tant pour la pureté de la croyance, que pour l'exacte observance de la loi divine. « Je t'ai laissé à Crète, écrivait saint Paul à Tite, pour que tu corriges ce qui est défectueux, et que tu établisses des prêtres dans les villes, comme je te lai prescrit (3). »

(1) Religio dicitur secundum quod exhibet Deo debitum famulalum in bis quœ pertiiieut specialiler ad cultum diviuum iu sacrificiis, oblatioûibus, et aliis hujusmodi. Summ. th., 2. 2», q. 81, a. 8.

(2) Relirai uos religio uui ouiuipoteuti Deo. S. Aug.., de Vera relipione.

(3) Hujus rei pratia reliqui te Cretu3, ut qase desunt comptas, et constituas per civitates piesbytero» , sicut et eco disposui tibi. Ad Titum, I, 5.

Il importe de peser avec attenlioales paroles que Jésus- Christ adressa à ses apôtres quand il les chargea d'aller convertir le monde : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé (1). La prédication évangélique inaugure l'action des apôtres. L'accueil qui lui est fait dispose au baptême. Le baptême est un bain qui puritie l'àme en vertu de la parole de vie qui l'a consacré (2). Après avoir repris une vie nouvelle devant Dieu, par le baptême, le fidèle doit accueillir l'enseignement de l'Eglise, et se faire diriger par elle au point de vue de l'observance de la loi chrétienne. Jésus-Christ n'a pas dit : leur apprenant à observer tout ce que je leur ai commandé ou tout ce que je leur commanderai, mais bien tout ce que je vous ai commandé. Il a voulu clairement indiquer par là, qu'il avait confié le dépôt de sa loi aux apôtres, et dans leurs personnes à leurs successeurs, ce qui veut dire que l'Eglise enseignante a reçu ce dépôt, et que c'est d'elle que les fidèles doivent recevoir l'enseignement. L'Église enseignante est donc chargée d'enseigner la loi divine aux nations baptisées, de l'interpréter, de l'appliquer aux diverses circonstances de la vie humaine tant publique que privée. De là la prérogative de l'infaillibilité dont elle est dotée pour que l'intelligence des fidèles soit à l'abri de l'erreur; de là la prérogative de la sainteté pour que la volonté des fidèles échappe à la prévarication. « Je ne croirais pas à l'Evangile, pour ma part, si l'autorité de l'Eglise catholique ne me saisissait pas, » disait saint Augustin (3), tant il était fermement convaincu que c'est del'Égliseque l'enseignement doit venir aux fidèles. Quelle n'est donc pas

(1) Euntes docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filli et Spiritus Sancii ; doceules eos servare omnia quœcumque mandavi vobis. Maltli. XXVII!, 19.

(2) iMuudans lavacro aqnai, in verbo vitœ. Ephes. V, 23.

(3) Eco Evancielio non ere lerem, niji me catholiciB Ecclesiaj teneret auclorita?. Aiuj., Contra Epistolaai Fundameuti.

la folie de ces hommes politiques qui prétendent que les enseignements de l'Eglise ne doivent parvenir aux fidèles, que sous leur approbation? Nous avons assisté, de notre temps, au spectacle bouffon de gouvernements civilisés interdisant aux évêques la promulgation du Syllabus ! Tristes histrions I Est-ce à eux que le Christ a dit : Docete omnes génies ?

L'Église a le droit d'étiiblir des ordres religieux.

180. — Les ordres religieux sont ainsi appelés, parce qu'ils représentent une façon plus spéciale de se lier à Jesus-Christ. L'homme, par son baptême, se he à Jésus- Christ, ens'obligeantà professer sa foi, àrenoncer à Satan et à ses pompes. Par la profession religieuse, l'homme se lie de nouveau à Jésus-Christ par un lien plus étroit. Il s'oblige à le suivre plus parfaitement, en renonçant au monde et à ses attraits, par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d^ob^issance (1). Il s'ensuit que, par la profession religieuse, Fhomme fait à Dieu, non pas le sacrifice, mais l'holocauste de soi-même, puisqu'il lui offre tout ce qu'il est et tout ce qu'il possède (2).

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