‹ Le droit public de l'égliseChapitre 31 sur 39 · I.ETTRK ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON Mil · texte numérisé non relu

I.ETTRK ENCYCLIQUE DE S. S. LÉON Mil

ment établie dans le degré de dignité qui lui est dû, était partout florissante, grcàce à la faveur des princes et à la protection légitime des magistrats. Alors le sacerdoce et l'empire étaient liés entre eux par une heureuse concorde et l'amical échange de bons offices. Organisée de la sorte, la société civile donna des fruits supérieurs à toute attente, dont la mémoire subsiste et subsistera, consignée qu'elle est dans d'innombrables documents que nul artifice des adversaires ne pourra corrompre ou obscurcir. — Si l'Europe chrétienne a dompté les nations barbares, et les a fait passer de la férocité à la mansuétude, de la superstition à la vérité ; si elle a repoussé victorieusement les invasions musulmanes ; si elle a gardé la suprématie de la civilisation, et si, en tout ce qui fait honneur à l'humanité, elle s'est constamment et partout montrée guide et maitresse ; si elle a gratifié les peuples de la vraie liberté sous ses diverses formes ; si elle a sagement fondé une foule d'œuvres pour le soulagement des misères, il est hors de doute qu'elle en est grandement redevable à la religion, sous l'inspiration et avec l'aide de laquelle elle a entrepris et accompli de si grandes choses. — Tous ces biens dureraient encore, si l'accord des deux puissances avait persévéré, et il y aurait lieu d'en espérer de plus grands encore, si l'autorité, si l'enseignement, si les avis de l'Église avaient rencontré une docilité plus fidèle et plus constante. Car il faudrait tenir comme loi imprescriptible ce qu'Yves de Chartres écrivait au Pape Pascal II : « Quand l'empire et le sacer- « doce vivent en bonne harmonie, le monde est bien gou- « verné, l'Église est florissante et féconde. Mais quand la « discorde se met entre eux, non seulement les petites choses « ne grandissent pas, mais les grandes elles-mêmes dépéris- « sent misérablement (1). »

Mais ce pernicieux et déplorable goût de nouveautés que vit naître le seizième siècle, après avoir d'abord bouleversé la religion chrétienne, passa bientôt par une pente naturelle à la philosophie, et de la philosophie à tous les degrés de la société civile. C'est à cette source qu'il faut faire remonter

(1) Lettre 2m.

ceiitiora etlVeiiatae liberlalis capita, niniiruni in ma.vimisperlui*l)ationibus superiore saeculo excogitata in medioque propesila, perinde ac principia et fundamenta nori iuris, qnod et. fuit an Ica ignotuin, el a iure non soluni cliristiano, sed eliani naturali plus una ex parte discrepai. — Eoruni principiorum illud est maximum, omnes homines, quemadmoduin genere naturaque similes inlelliguntur, ita reapse esse in actione vitae inter se pares : unumqueaique ita esse sui iuris, ut nullo modo sit alterius auctoritati obnoxius : cogitare de re qualibet quae velit, agere quod lubeat, libere posse : imperandi aliis ius esse in neniine. His informata disciplinis societate, principatus non est nisi populi voluntas, ((ui, ut in sui ipsius unice est polestate, ita sibimetipsi solus imperai : deligit autem quibus se comniittiat, ita tamen ut imperii non tam ius, quam munus in eos transférât, idque suo nomine exercendum. In silentio iacel doniinatio divina, non se;;us ac vel Deus aut nullusesset, aut Immani generis societatem nihil cnraret ; vel homines sive singuli sive sociali nihil Deo deberent, vel principatus cogitari possel ullus, cuius non in "Deo ipso caussa et vis et auctoritas tota resideat. Quo modo, ut perspicitur, est respublica nihil aliud nisi magistra et gubernatrix sui multitudo : cumque populus omnium iurium omnisque potestatis fontem in se ipse continere dicatur consequens erit, ut nulla ratione olficii obligatam Deo se civitas putet: ut religionem publiée profìteatur nullam; nec debeat ex pluribus quae vera sola sit quaerere, nec unam quamdam céleris auleponere, nec uni maxime fa-vere, sed singulis generil)us aequabilitatem iuris tribuere ad eum lìnem, dum disciplina reipublicae ne quid ab illis detrimenti capiat.Gonsenlaneum erit, iudicio singulorum permittere omnem de religione quaeslioneni ; licere cuique aut sequi quam ipse malit, aut omninonullam, si nullam probet. Hincprofeclo illa nascunlur; exlex uniuscuiusque conscientiae iudicium; liberrimae de Deo colendo, de non colendo, sentenliae ; infinita lum cogitandi, tum cogitata publicandi licenlia.

His autem positis, (juae maxime probantur hoc tempore, fundamenlis reipublicae, facile apparel, quem in locum quamque iniquum compellalur Ecclesia. — Nani ubi cum eiusmodi doctrinis actio rerum consentiat, nomini catholico par

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