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V. La répartition des troupes

Sous la Rovauté, il n'y avait pas de répartition des troupes; intinencedu

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et, dans les premiers temps de la République eux-mêmes, le répaniiion des sénat n'a pu exercer d'influence sur cette répartition, puisqu'il y avait de droit deux généraux et qu'ils se partageaient aussi de droit les troupes en portions égales (2), que ce fussent celles de l'année précédente ou des troupes nouvellement appelées sous

(1) L'envoi d'un des préteurs judiciaires en Gampanie en 552 pour y étouffer un soulèvement (Diodore, 36, 2) est évidemment extraordinaire.

(2) On rencontre sans doute de faibles différences entre les armées consulaires; ainsi le consul destiné à l'Espagne reçut, pour l'an 530, une llotte plus faible que celui qui était chargé de passer en Sicile et en Afrique (Tite- Live, 21, 17, 1) ; de même, en 583, les deux consuls affectés à la Macédoine et à l'Italie reçurent bien chacun deux légions, mais celles du premier étaient do COOO hommes, celles du second de 5200, et lepreniier reçut également iCOOO fantassins et 800 cavaliers allié.-; tandis que le second n'un reçut que 12000 et 600.

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les armes. La répartitiuii des troupes ne devint une question politique que par la multiplication de ceux qui avaient Vimperium en mi^me temps et p;ir la possibilité ou plutôt la nocessité de la fixation de portions inégales. La force des troupes n'était pas réglée légalement pour les commandements spéciaux permanents, quoi |ae certaines règles de fait se fussent vite établies puai chaque province (1), el il n'y avait même aucune espèce de règle générale pour les commandements auxiliaires si nombreux au vi« siècle. Il fallait donc un centre quelconque où fussent pesées, dans leur ensemble, les diverses considérations en cause; or ce centre ne pouvait être que le sénat. On ne peut pas prouver directement, mais il ressort avec nécessité des circonstances que l'influence directrice, exercée dès l'époque ancienne par le sénat sur l'activité militaire des consuls, se transforma, depuis l'époque des guerres d'outre-mer, en ce haut gouvernement sénatorial des armées qui a subsisté jusqu'à la fin de la République. La distribution annuelle des troupes et des vaisseaux entre les différents commandements entraînait naturellement le pouvoir de statuer sur le maintien au service ou la libération (2) des corps de troupes sous les armes et sur la levée de corps nouveaux, opérations dont la détermination du total des légions et des autres forces au service pendant l'année apparait comme le résultat final (3). La composition de l'armée est complétée par le partage des compétences entre les

(1) Les provinces pnUoriennes du vi» siècle ont toutes une garnison permanente et reçoivent régulièrement des troupes d'année en année ; si la Sicile n'en reçut pas, en 580, dans une période de tianquillité (Tite-Live, 41, :21-, 3), ce fut par une exception. Les provincise inermes ne se sont constituées que plus tard. Les commandements extraordinaires sont naturellement tous pourvus de troupes ou de navires.

(2) Le sénat ne pouvait pas inviter le général à licencier ses troupes pendant la durée de ses pouvoirs (p. 288, note 1) ; mais il pouvait l'inviter à les licencier au moment de sa retraite ou inviter son successeur à en recevoir la remise pour les licencier, sans que d'ailleurs cette invitation fût toujours exécutée (p. :288, note 1).

(3) Les annales donnent assez souvent, évidemment comme conclusion du plan d'opérations arrêté par le sénat, le chiffre des légions en activité dans l'année (le plus souvent en faisant abstraction de l'Espagne). Tite-Live, 31, 8, 11 : Sex legionibus Romanis eo anno itsura res puUica erat. 34, 43, 9.- Utdimissis quos senatus censuerat exercilibus octo omnino Rorname legiones essent, et bien d'autres textes.

questeurs, auquelle sénat procède chaque année, et par les décisions relatives aux légats que le sénat place, à l'époque récente, auprès des gouverneurs (1). Les consuls passaient, dans ces règlements avant les préteurs (2), et ils avaient fréquemment le choix parmi les armées en campagne (3). Le consul pouvant dans sa relation exposer la situation et faire connaître son avis, mais les propositions soumises au vote émanant de l'assemblée, le pouvoir exécutif en matière militaire a, dans la mesure oij il se ramène à la fixation du chiffre des forces à employer dans une campagne et à la répartition topographique de ces forces, appartenu au sénat depuis le commencement des guerres avec Garlhage jusqu'à l'établissement du Principat. Mais, sous ce dernier, ce n'est qu'exceptionnellement que le sénat a reçu des communications sur la position des troupes (4).

VL Le vote des deniers et des autres fournitures nécessaires

A l'armée.

La levée des armées implique l'adoption des sacrifices finan- vote d(

••^ •* '- pour la

ciers correspondants, Vornatio provinciarum (5). Les sommes nécessaires à la solde, en moyenne, semble-t-il, 600,000 de-

(1) V. tome IV, la théorie de la Questure, sur la détermination des provinces questoriennes, et celle des Légats du sénat, sur les envoyés auxiliaires permanents.

(2) Tite-Live, 40, 36, 5 : Disceptationem... considum relatio interrupit, qici suas ornari provincias, priusquam de prsetoris exercitu ageretur, aequura censebant.

(3) Tite-Live, 27, 22, 2. c. 33, 11-13. c. 38, 8, etc. Willems, 2, 627.

(4) Les délibérations de Tibère avec le sénat de legionum et auxilioimm discriptione (v. tome V, la section des Affaires étrangères, sur l'administration militaire), se rapportent probablement, comme celles citées p. 318, note 5, à l'Afrique, qui était alors la seule province sénatoriale munie d'une garnison permanente.

(5) V. tome 1, la théorie des Émoluments des magistrats. Gicéron, In Pis. 2, 0 : Ego provlnciam Galliam senatus auctointate exercitu et pecunia instructam et ornatam... in contione deposui. 16, 37. 38. Ad Att. 4, 17 [18], 2: De ornandis provinciis consularibus. Le même. Ad Q. fr. 2, 3, 1 : De oimandis praetoribus. Suétone, Oses. 18 : Ante quam provinciœ ornarentur, profectus est, etc.

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de fonds pour la solde.

Fournilare».

niers, pour la solde annuelle d'une légion (1), ne pouvaient en règle être tirées que de l'yErarium (2), et par conséquent il fallait régulièrement que le si'nat statuai sur elles chaque année (3). Le soin de se procurer les autres choses nécessaires à l'équipement et à l'entretien de l'armée revenait, en première ligne, au général qui devait la commander ou qui la commandait. Mais, lorsque l'équipement et les munitions devaient être rassemblés à Rome ou réglés de Rome, le sénat participait aux mesures à prendre, en particulier dans le cas où elles étaient prises, après le départ des consuls pour les armées, par le préteur qui les représentait à Rome et qui était évidemment moins indépendant sous ce rapport. C'est le sénat qui, dans les grandes guerres oii s'est décidée la domination universelle de Rome, a exercé l'autorité supérieure en matière d'intendance au siège du gouvernement, qui s'est procuré et

(1) Willems, 2, 418, remarque très justement que la somme de 400 talents emportée par Scipion en Espagne (Polybe, 10, 19, 2) = 2400 000 deniers représente la solde de ses 4 légions (Ti'e-Live, 27, 36, 12), à laquelle cette somme correspond exactement, la solde annuelle du simple légionnaire étant de 120 deniers. Lorsque, d'après Tite-Live, 27, 10, 12, les 5 armées consulaires reçoivent, sur les 4000 livres d'or tirées du fonds de réserve en 545, chacune 530 livres d'or (car quingena doit avoir nécessairement disparu avant le chifTre rjuinqiiagena qui nous a été transmis), chaque armée reçoit à peu près le quart de sa solde annuelle, puisque^OÛO 000 deniers valent 2400 livres d'or.

(2) Il est souvent question de l'envoi annuel do la solde aux troupes (Tite-Live, 40, 35, 4: Hi cum... confectam provinciam nimliassent nec slipendio, fjuoci mitti soleret, nec frumento portât o ad exercitum in eum annum opus esse) ; mais naturellement les annales ne font pas allusion aux sénatusconsultes sur la solde purement sécutoires. Nous avons des témoignages sur des délibérations ouvertes au sénat en 698 relativement à la solde des légions de César dont les adversaires combattaient le vote en objectant que le butin suffisait pour la payer (Cicéron, De prov. cons. 11, 28. Pro Balbo, 27, 01. Adfam. 1, 7, 10. Plutarque, Caes.lï. Drumann, 3, 273), et en 703, relativement à la question de savoir à qui, de Pompée ou de César, devait être comptée une légion prêtée par le premier au second (Cselius, Ad fam. 8, 4, 4 : Cum... refereliir de stipendio Cn. Pompeii, mentio facta est de legione ea, quam expensam tidit C. Cœsari Cn. Pompeius, qi/o numéro esset, quoad peteretiir).

(3) En face de la situation occupée par le consul relativement au trésor, sur laquelle nous nous expliquerons plus loin, il est même fort possible que, lorsque le sénat avait approuvé la levée de l'armée, le consul présent à Rome n'ait eu besoin de rien de plus pour ordonner le paiement de la solde.

qui a transmis aux armées ce dont elles avaient besoin en denrées, en vêtements, en armes et en chevaux (1), en employant les moyens convenables (2) et plus d'une fois en envoyant des commissaires aux Etats alliés ou amis (3). On ne trouve mentionnés nulle part d'envois d'argent faits aux généraux pour autre chose que pour le paiement de la solde; s'il est souvent arrivé que les généraux se soient procuré ce dont ils avaient besoin par d\^utres voies, ce qui leur était fourni par le gouvernement semble leur avoir été en général expédié directement. Le sénat a de même acquis avec les deniers publics pour les généraux et leur suite les choses auxquelles le droit de réquisition ne pouvait ou ne devait pas être étendu. C'est seulement à l'époque récente que les magistrats employés à l'extérieur ont

(1) Polybe, 6, 15; '0...-JivaTO?, ÈTictoàv... ùp(i.r|(7ri [istà tÎ); cyvâ[X£wç,...7tpo(7B£î- Tat... TY)ç o-yYxXTiTO'j • SîiXov yàp wç Ssï [ikv ÈTt'.Ttéfiireaôat toÏ? (TTpaTOTtéSotç àel tàç yp^-r\-'(ia.z, avsy 8k Tf|Ç (ruyxXiqTo'J ^0'Ar^\}.a-oz O'jts (tïtoî o-jte \\L:/.-'.G\ihc, o-jte ôiî/wvta Siivatai -/wpYiyEïaôat toîç arpatoitéSot;. Les annales donnent partout des exemples à ce sujet, soit pour l'équipement du général avant son entrée eu campagne (Salluste, Jy/y. i~: Exercitus qui in Africam portaretur scribilur, stipendium aliaque quae bello usai forent deceimuntur), soit en particulier pour les envois complémentaires, par exemple de grains (Tite-Live, 23, 48, 5, où le général qui est en Espagne déclare pouvoir se tirer d'affaire pour l'argent, mais réclame comme indispensable l'envoi des grains et de vêtements ; 25, 20, 3. 26, 2, 4. 27, 3, 9. 30, 2, 12. 13. c. 3, 1. 37, 2, 12. c. 50, 9. 10. 42, 27, 8. Salluste, Hisl. 2, 41, 6, éd. Dietsch) ; de vêtements (Tite-Live, 23, 48, 5. 26, 2. 4. 32, 27, 2. 44, 16, 5) ; d'armes (Tite-Live, 43, 6, 10 ; Salluste, loc. cit.] ; de chevaux (Tite-Live, 44, 16, 3). Dans des circonstances favorables, les généraux renoncent à l'avantage de ces envois (Tite-Live, 40,35, 4); lorsque l'État se trouve gêné, ils sont refusés (Tite-Live, 23, 21).

(2) En général, ces fournitures sont mises en adjudication (Tite-Live, 23, 48. 44, 16). Des présents d'États étrangers ont souvent été faits et employés à cette fin (Tite-Live, 22, 37, 13. 31, 19. 32, 27. 43, 6).

(3) Là comme partout, ce n'est pas le sénat qui agit, mais un magistrat d'accord avec le sénat ; par conséquent, ces commissaires reçoivent théoriquement leur mandat du préteur (v. tome IV, la théorie des Légats du sénat, sur leur nomination et leur sortition), ainsi que le dit Tite-Live, 25, 15, 4 : C. Set'vilius legatus ex auctorilate patrum a P. Cornelio prœtore [urbanol in Etruriam ad frumentum coemendum missus. Il est assez indififérent de considérer le legatus au sens propre, comme le pri?iceps des envoyés du sénat désignés par le préteur, ou au sens abusif, comme un commandant en sous-ordre dépendant du préteur urbain (v. la même théorie, sur la capacité et sur les legati titulaires de commandements médiats) ; mais cependant je crois, contrairement à Willems, 2, 411, note 9, la première conception préférable. Autres députations de ce genre dans Tite-Live, 27, 3, 9. 36, 3, 1. 42, 27, 8. Polybe, 9, 44.

en général reçu du sénat au lieu de leur équipementde voyage, une somme fixe, à l'aide de laquelle ils devaient eux-mêmes se munir de ce qu'il leur fallait, ainsi que nous l'avons vu dans la théorie des Emoluments des magistrats (1). Les relations partent couramment de la conception primitive;Selon laquelle le général n'a pas besoin d'autre chose que des vivres et de l'équipement de lui et de ses troupes et de la solde de ces dernières; il n'est jamais question du vote d'autres dépenses militaires. A la vérité, les fonds destinés à la solde sont remis au général au commencement de l'année et ne sont réglés aux soldats qu'à la fin (2). En outre, celui qui reçoit des deniers publics n'est, ainsi que nous verrons plus bas, lié par leur destination que de la manière la plus large. Enfin le général n'était, même en omettant ce qu'il prenait sur l'ennemi, que peu limité par les lois dans ses réquisitions, au moins en face des non-citoyens, et il pouvait, en cas de nécessité, s'emparer des deniers publics existant dans sa circonscription (3) comme contracter des emprunts près des États amis (4).

VII. L'ordre chronologique des sénatus-consultes relatifs aux

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