LES CONSULATS 1MPÉRL\UX
l'acquisition du pouvoir ou de l'association au pouvoir. Cependant, comme il y a, dès le début de l'Empire, une différence établie entre le consulat ordinaire commençant au début de l'année et les consulats acquis dans le cours de l'année (III, p. 103), le nouveau prince ou le nouveau co-gouvernant revêt d'ordinaire le consulat seulement le l""" janvier qui suit le commencement de son pouvoir (i). Quelques princes impatients ont seuls devancé la date de leur consulat (2) et il a été encore plus rare qu'un empereur administrât autrement un consulat non-ordinaire (3).
Probablement parce qu'il déplaisait aux empereurs de jonymie confonder l'éponymie sur leur puissance tribunicienne (p. 60), on voit se manifester parfois une tendance à lier l'éponymie
(i) Ainsi Pline dit, Paneg. 57 : Initia principatus (c'est-à-dire après la mort de Nerva, pour le ier janvier 99)... consulatum recuaasti, quem novi imperatores destinatum aliis in se transferebant. Cela se rapporte sans doute directement à Domitien, qui, très peu de temps après son élévation au trône (13 septembre 81), s'intitulait sur ses monnaies cos. Vil des. VIII et qui a probablement supplanté un ovdinariiis désigné. Biographie de L. ^lius, 3 : Mox consul crealus et quia erat deputatus imperio, iterum consul designalus est. Les monuments confirment cette règle et montrent qu'à la bonne époque on ne s'en écarte pas sans motif. Trajan et Alexandre Sévère ont refusé le consulat comme Augustes parce qu'ils l'avaient occupé immédiatement auparavant comme Césars, Marc-Aurèle et Lucius Verus, parce qu'ils arrivèrent au pouvoir en qualité de consuls. Commode, Geta, Diadumenianus et d'autres encore ne sont pas arrivés de suite au consulat comme Césars, Caracalla, ni comme César, ni comme Auguste, évidemment à raison de leur jeunesse. Des exceptions véritables et historiquement très importantes sont Tibère, son fils Drusus et Geta comme Auguste.
(2) Le consulat a été immédiatement offert à Caligula ; il attendit tout au moins qu'il devint vacant le l" juillet (Dion, 36, 6. 7 ; Pline, Paneg. 57). Othon, après la mort de Galba le 15 janvier 65, revêtit le consulat le 26/29 janvier (acte des Arvales). Élagabal (Dion, 79, 8) revêtit également le consulat de suite en écartant le possesseur actuel, qui n'était pas son prédécesseur Macrin, qui s'en était déjà démis auparavant. Le consulat impérial est le plus souvent traité dans ces cas pour les dates comme consulat ordinaire, quoiqu'il ne le soit pas.
(3) Néron l'a fait en l'an 68. Suétone, Ner. 43 : Consules anle tempus privavit honore atque in utriusque locum solus iniit consulatum, qua.ii fatale esset non posse Gallias debellari nisi a consule (et non a se consule). On reproche à Claude d'être entré en charge à la place du consul éponymc, désigné pour l'an 43, celui-ci étant mort avant d'entrer en fonctions (Suétone, Claud. 24). 11 est aussi remarquable que Domitien, en qualité de César, s'accommoda presque toujours du consulat de second rang (Suétone, Dom. i).
consulaire au principat d'une manière stable (1). La collation du consulat au prince régnant pour la durée de sa vie a été décidée pour Gaius (2) et pour Yitellius (3) ; celle pour une série d'années pour Tibère et pour Séjan (4), pour Néron (5) et pour Domitien ; cependant il n'y a que la dernière de ces résolutions qui soit arrivée à exécution au moins dans ses termes essentiels (6). On rencontre, en outre, des essais d'appropriation exclusive de l'éponymie consulaire sous Gaius (7), sous Vespasien (8) et sous Elagabal (9), sans pourtant que
(1) Cela s'appelle, sous l'Empire, continuare consulatus, ainsi que le montre de la manière la plus claire Suétone, Aug. 26, en désignant les consulats d'Auguste de l'an 3 à l'an 11 comme continuati et seulement ceux de l'an 6 à l'an 10 comme annui. Lorsqu'il parle du continuus consulatus d'Auguste, Cxs. 76, il ne parle pas non plus de la continuité du consulat lui-même, mais seulement de celle de l'éponymie (p. 145, note 1). Une continuité véritable, telle que l'entendait la langue rigoureuse du temps de la République, eut été incompatible avec les institutions d'Auguste, qui avaient besoin de consulaires.
(2) Elle fut prononcée en sa faveur, mais il la repoussa (Dion, 59, 6).
(3) Suétone, Vit. 11 : Comitia in decem annos ordinavit seque perpetuum co7isulem. L'inscription du même avec imperator cos. perp. (C. I. L. VI, 929) peut facilement être moderne, d'autant plus qu'elle est rédigée au nominatif. Sa mort empêcha la mise à exécution.
(4) En l'an 29, Tibère et Séjan furent désignés comme consuls pour cinq ans (Dion, 58, 4).
(5) Des continui consulatus furent votés à Néron par le sénat en l'an 58 (Tacite, Ann. 13, 41) ; ce qui ne signifie pas sans doute à vie. Il n'en a pas fait usage.
(6) Dion, Ep. 67, 4 (aussi chez Zonaras, 11, 19) : 'E-l t.Ie'.ow £-ap9£tî Gi:' ivoiaç uTtaTOç [lèv ï-^y\ Sexa Ècpe'çTiç, TtixT,TT,i; ôè Stà ^iov... èyzipoxowifir^. L'acquisition de la puissance censorienne eut lieu en l'an 84 et les monnaies confirment que l'acquisition du consulat décennal eut lieu en même temps, c'està-dire qu'il fut désigné en l'an 84 comme cos. X pour les années 85-94 : en effet, elles indiquent aux trois premières années de son règne la désignation consulaire pour l'année suivante (81, cos. VII des. VIII, 82, cos. VIII des. VIIII, 83, cos. VIIII des. X) et ne font plus ensuite allusion à la désignation, évidemment parce que la désignation spéciale pour l'année suivante disparut à la suite de la décision de l'an 84. La désignation décennale n'arriva pas à une exécution complète. Domitien revêtit le consulat seulement dans les années 85-87,90,92 et, après l'expiration des dix ans, de nouveau en 95. Suétone, Dom. 13. Ausone, Grat. uct. 6, 27 : Scis... septem ac decem Domiliani consulatus, quos illeinvidia alios provehendi continuando conseruit... in ejus aoiditate derisos.
(7) Gaius régna de 37 à 41 et fut consul en 37 et 39-41 .
(8) Sous Vespasien on ne rencontre en dix ans de 70 à 79 que trois particuliers comme éponymes. Titus, au contraire, ne revendiqua que le premier consulat qui suivit son entrée en fonctions.
(9) Elagabal régna de 218 à 222 et fut consul en 218-220 et 222.