‹ Le Droit public romainChapitre 5 sur 53 · ORIGINE DU PRINCIPAT · texte numérisé non relu

ORIGINE DU PRINCIPAT

et le 16 du même mois il reçut en retour du sénat le surnom d'Auguste (1). Ce sont là les jours de naissance du principal romain et de la dénomination donnée au nouveau maître, et c'est aussi du premier jour de la même année que part l'ère romaine impériale (anni Augustorum) (2). Cependant les années du règne du premier monarque ont été datées autrement tant de son vivant que par la suite : on les a comptées, tantôt en partant du moment où il avait revêtu Vimpemim, soit sous la forme du proconsulat le 7 janvier 711 (3), soit

5i£A£/6t,). Ces téuioignages unanimes d'Auguste et de ses contemporains sont décisifs pour la conception théorique de l'acte; quanta son appréciation matérielle, elle n'est fournie parmi les contemporains que par le grec Strabon (17, 3, 25, p. 840). Chez les écrivains postérieurs, la justification théorique du principal est mise au second plan. Cf. mon commentaire sur le Monument d'Ancyre, 2o éd., p. 145.

(1) Fastes de Préneste sur ce jour et autres textes C. I. L. I, p. 384 = éd. 2, p. 307.

(2) Censorinus, 21, 8, qui ajoute que ces anni Augustorum ne partent pas de leur premier jour propre, mais de celui de Tannée civile, du i<^^ janvier. Par corrélation il appelle, 22, 16, l'an 746, annus Awjusti vicesimus. Eusèbe, sur la seizième année (d'après le texte arménien ; sur la douzième ou la treizième, d'après Jérôme) d'Auguste : 'EvxsOOév tivcî àpt6;xoijïcv to -iîowtov ïtoz A'JYO'jatou [Aovxp/taî. On ne rencontre pas d'application pratique de cette ère. — Les années d'Auguste sont comptées, à Antioche et dans quelques autres villes de Syrie, de l'année (calculée à la syrienne) de la bataille d'Actium (p. 68, note 2) tout comme, en Egypte, de l'année (calculée à l'égyptienne) de la prise d'Alexandrie (p. 69j. Cependant ce ne sont point là des ères véritables, mais des modes de calcul essentiellement propres au règne d'Auguste après lequel ils sont remplacés par les années des empereurs suivants. On rencontre, en Macédoine, une ère véritable et longtemps restée en usage, mais provinciale SejîauToû Kat(aatpoî) aij(ToxpaxopO(;) (ainsi C. I. Gi\ 2007 g), qui, nous ne savons pourquoi, commence dans l'automne de 724 {Handb. 4, 318 =:r tr. fr. 9, 206). — La remarque de Dion (51, 1 rapprochée de 56, 30) rr^v i-n:apœ[XT,(jiv tûv rf,(; [xovapy iaç aÙToû èxwv àr' èxîïvt,; tÎ^c, 'filJ-Épac; (la bataille d'Actium) àxpipoûffOat ne peut être entendue qu'au sens politique ; on ne compte à partir de là ni les années d'Auguste ni celles du principat. — Le calcul du règne d'Auguste à partir de la mort de César, qui se rencontre d'abord chez Josèphe, Bell. 2, 9, 1. Ant. 18, 2, 2, est aussi contraire aux faits qu'aux conceptions romaines.

(3) Inscription de Narbo de l'an 11 après J.-C. (C. /. L. XII, 4333) : VU idus Januar., qua die priminn imperium orbis terrarum auspicatiis est. Pline, H. n. 11, 17, 190 : Primo j)otestaiis .mœ die. Cf. C. I. L. I, p. 383 = éd. 2, p. 306. Plus tard l'usage a été, évidemment en considération de cela, de remettre ce jour-là leur congé aux soldats de la garde (C. /. L. 111, p. 913 = éd. 2, p. 2029). C'est en partant de cette date qu'Eusèbe évalue le règne d'Auguste à cinquante-six ans six mois (exactement sept mois et douze jours). — Le chronographe de 354, qui lui attribue cinquante-six ans quatre mois et un jour,

SOUS celle du consulat le 19 août de la même année (1), tantôt en partant de l'acquisition faite par lui de la puissance tribunicienne annale le 1" juillet 731, et c'est de ce dernier mode de calcul qu'Auguste lui-même s'est exclusivement servi. La numération des années tirée des personnes, qui a été conservée après le fondateur du principal par ses successeurs, a sans doute été la cause pour laquelle on ne rencontre aucune application pratique de ce calcul par Tannée de la fondation du principal. Le principat lui-même n'est, d'ailleurs, pas arrivé à l'existence par opposition au système constitutionnel de la République et comme en étant la fin; il y est, au contraire, arrivé comme en étant le rétablissement par opposition aux pouvoirs extraordinaires qui s'étaient succédés depuis vingt-deux ans, sinon en écartant, au moins en suspendant la constitution, comme en étant le rétablissement par opposition à la dictature de César et au triumvirat rei publicœ constituendœ (III, p. 427; p. 431). La conception formelle et officielle du principat comme le gouvernement du • sénat et du peuple est, à la vérité, à peu près aussi vide que le titre officiel de libre gouvernement du peuple par lui-même donné au gouvernement du sénat de la période précédente : l'idée de compétence fixe, qui est l'essence de la magistrature républicaine, reçoit dans le principat une telle extension qu'il n'y a pas, en fait, une grande distance entre une pareille limitation et l'absence de limites (2). Il n'en reste pas moins que le pouvoir du nouveau prince a été organisé de telle sorte qu'on ne peut, en droit public, qualifier le nouveau

compte peut-('tre en partant de l'attribution du titre d'imperalor le 16 avril 711 (Ovide, Fast. 4, 613 ; Dion 6, 38; C. I. L. X, 8315, ligne 15, où il faut restituer XVI k. Mai.), ce qui donne pour durée du règne cinquante-six ans, quatre mois et trois jours.

(1) C'est de ce jour que part l'année fixe du culte rendu à Auguste de son vivant à Curnse (C. /. L. X, 8315); Tacite, Dial. de orat. c. 17, compte aussi son règne comme partant de là et indique, Ann. 1, 7, ce jour comme le dies accepli impei'ii. Ce jour ayant été aussi celui de sa mort, son règne dure, selon ce calcul, exactement cinquante-six ans.

(2) Tacite [Aim. 1, 2 et presque pareillement 11, 5) définit parfaitement le rôle du prince par les mots: Munera senatus magistratuum legum in se trahit.

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