XIV PREFACE DE LA TROISIEME EDITION
lèges de classe et ne voulait voir désormais que des individus égaux et libres sous la protection de l'Etat national et la garantie de ses lois. De fait, elle n'a pas supprimé et ne pouvait pas supprimer les inégalités économiques. Elle ne pouvait pas davantage empêcher la reconstitution des classes professionnelles. Mais elle a réalisé l'égalité civile et la liberté politique et ainsi préparé l'avènement du suffrage universel, manifestation par excellence de Vidée nationale. Et quoiqu'on en puisse dire, c'est quelque chose de mieux et de plus fécond que la dictature du prolétariat. La Révolution française a réalisé cette œuvre parce qu'elle a été vraiment nationale et que la nation entière y a participé.
Le syndicalisme ne vivra et ne pourra lui aussi aboutir à des réalisations que s'il est national, je pourrais même dire nationaliste, que s'il poursuit une œuvre d'union et d'organisation nationale. Tant que sous une forme ou sous une autre il prêchera la guerre d'une classe quelconque de la nation contre une autre classe, il fera du mal, beaucoup de mal et ne créera rien si ce n'est de la misère et de la souffrance, et cela quel que soit le procédé qu'il prétende employer, qu'il préconise la violence matérielle et l'action directe, la grève générale, la dictature du prolétariat, ou que, suivant la formule nouvelle, il prétende faire organiser la production par les producteurs eux-mêmes.