‹ Le droit socialChapitre 15 sur 95 · XVIII PRÉFACE DE LA. TUOISIEME EDITION · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE DE LA. TUOISIEME EDITION

des masses à la dictature des chefs, c'est d'une sottise et d'une imbécillité risibles *. »

Cette dictature du prolétariat, instituée par la violence suivant la doctrine de Sorel et d'Edouard Berth, a anéanti la classe bourgeoise et détruit le capital privé. On connaît aujourd'hui le résultat de l'expérience. La vérité ne peut plus être cachée. On ne peut plus nier que sous couleur d'assurer le triomphe du prolétariat et l'établissement de la doctrine communiste, une bande d'audacieux fait peser depuis plus de trois ans sur la Russie une sanglante tyrannie, auprès de laquelle la dictature tzariste était un régime libéral. On ne peut plus nier que la misère, la souffrance, la famine et la mort régnent en maîtresses dans cet immense pays, dont cependant les ressources naturelles sont inépuisables, et qu'à l'heure oii j'écris plusieurs millions d'affamés errent à l'aventure à la recherche d'un morceau de pain, si bien que le gouvernement bolcheviste lui-même est obligé de faire appel aux puissances capitalistes. Beau triomphe pour la doctrine de la violence prolétarienne ; M. Sorel doit être fier de son œuvre et satisfait de contempler l'aboutissement logique de ses belles théories '.

1. La maladie infantile du communisme, Traduction française, 1920, p. 12, 89, 4» ^t 45.

2. Voyez la critique très pénétrante qu'a faite de la théorie de la violence M. Guy Grand dans Philosophie du Syndicalisme. 191 1.

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