PREFACE DE LÀ TROISIEME EDITION XXI
prendre au prestige. M. Maxime Leroy, dans le livre récent déjà plusieurs fois cité, chante un hymne à la gloire de la grève générale. « A la guerre civile du parti communiste, dit-il, les syndicalistes opposent la grève générale. La grève générale se présente avec le caractère de classe que n'a pas la tactique communiste ; elle n appartient qu'aux seuls producteurs. La guerre civile est une arme pour tous les mécontents de tous les partis. Elle n'est pas nécessairement prolétarienne, à la différence de la grève générale qui consiste essentiellement en un arrêt du travail prolétarien. La grève générale a cette autre supériorité d'ordre prolétarien d'exprimer plus qu'une simple violence de mécontents ; elle exprime d'une façon unique la puissance du travail au nom duquel tous les partis ouvriers sont égaux.... L'idée de violence et de meurtre l'emporte dans la théorie de la guerre civile ; Vidée de travail et celle d'organisation l'emporte dans la théorie de la grève générale » (Loco citato, p. 6U).
J'avoue franchement que je ne comprends pas du tout comment dans la grève générale il y a une idée de travail et d'organisation. Je croyais qu'au contraire la grève générale consistait par définition dans l'arrêt total du travail. Je croyais que l'idée essentielle qui inspirait toute tentative de grève générale était la désorganisation de la production pour obtenir par là la capitulation de la classe