XXII PREFACE DE LA TROISIEME EDITION
bourgeoise et capitaliste. Moyen révolutionnaire puissant, disaient ses promoteurs, parce que la grève générale doit forcément créer la misère et la douleur et que la révolution est fille de la misère et de la douleur.
Telle était bieï]r.iusqu' en 1920, la pensée intime de la C. G. T. et de ses dirigeants. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter à la déclaration votée par le Congrès fédéral d'Amiens en 1906 et que les militants du syndicalisme qualifient du nom pompeux de Charte d'Amiens. On y lit : « Le Congrès considère que cette déclaration est une reconnaissance de la lutte de classes, qui oppose sur le terrain économique le travailleur en révolte contre toutes les forces d'exploitation et d'oppression tant matérielles que morales mises en œuvre par la classe capitaliste contre la classe ouvrière. Le Congrès précise par les points suivants cette affirmation théorique. Dans l'œuvre revendicatrice quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des efforts ouvriers, l' accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation d'améliorations immédiates, telles que la diminution des heures de travail, V augmentation des salaires, etc.. Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'œuvre du syndicalisme. Il prépare l'émancipation intégrale avec comme moyen d'action la grève générale, et il considère que le syndicat, aujourd'hui groupement de résistance sera dans l'avenir le groupe de production,