XXX PREFACE DE LA TROISIEME EDITION
reste prisonnière de son principe même^ de l'idée foncièrement fausse sur laquelle repose sa constitution, parce quelle est enchaînée par ses déclarations révolutionnaires, parce quelle prêche la guerre des classes, parce qu'elle méconnaît la puissance du capital et la nécessité inéluctable de son appropriation individuelle. Sans doute maintenant elle a fait un pas ; dans son Conseil économique du travail, qui doit réorganiser et diriger la production, elle donne une place aux techniciens et aux consommateurs. Elle sait cependant que les consommateurs ne forment pas une classe, parce que tout le monde est consommateur ; elle sait bien aussi que le consommateur comme tel n'a aucune qualité et aucune compétence pour diriger une production industrielle quelle qu'elle soit. En associant ainsi les représentants des consommateurs à la direction de la production, la C. G. T. ne veut-elle pas tout simplement donner le change et faire croire à des intentions pacifiquement progressistes ?
D'autre part, il n'y a pas que les techniciens, qui, outre les ouvriers, participent à la production. On oublie ou on méconnaît volontairement qu'il y a une infinité de petits capitalistes, à la fois travailleurs et propriétaires, qui constituent la grosse masse de la nation, au moins en France, et qui ne se laisseront point dépouiller de la part de capital qu'ils détiennent. Combien de fois a-t-on démontré à quel point le capital est divisé en France, quelle erreur