VI PREFACE DE LA TROISEME EDITION
néant apparaît aujourd'hui au monde ouvrier éclairé par V expérience russe et la réaction formidable provoquée en France par la tentative de grève générale révolutionnaire au mois de mai 1920. Mais si la doctrine syndicaliste est morte, le mouvement syndicaliste ne l'est point. L'évolution, certainement arrêtée actuellement par l'action de ces fausses et décevantes théories, va, j'en ai la conviction profonde, reprendre son cours avec plus de force encore que précédemment. D'ailleurs n'est-ce pas l'inévitable sort de l'homme de se mouvoir continuellement au milieu des troubles et des violences, et cependant, après de longs arrêts ou de fortes régressions, d'avancer toujours sur le chemin abrupt et raboteux de sa destinée ?
Au fond, toutes les doctrines syndicalistes, quelles que soient les modalités diverses qu elles affectent, quels que soient les moyens d'action qu elles préconisent, qu'elles prêchent l'emploi de la violence matérielle et directe, qu'elles veuillent instituer la dictature du prolétariat, qu'elles veuille?it régénérer le monde par la grève générale, qu'elles prétendent, par la création d'un conseil économique du travail, donner à la production économique une organisation nouvelle, générale et féconde, qu'elles déclarent^ avec le congrès d'Amiens de 1906, rester étran-