PREFACE DE LA TROISIEME EDITION VII
gères à tout parti politique, qu'elles veuillent au {Contraire conquérir la puissance politique et, comme le Bolchevisme russe, imposer la dictature du prolétariat, peu importe au fond, toute la doctrine syndicaliste prend son principe dans le Manifeste du parti communiste rédigé en 18^8 par Karl Marx et Engels. Or, toute la doctrine du Manifeste est en contradiction violente avec la réalité sociale.
L'affirmation fondamentale du Manifeste est, on le sait, l'existence dans les sociétés modernes de deux classes et seulement de deux classes, l'une qui possède, l'autre qui ne possède pas, l'une qui ne travaille pas, l'autre qui travaille, l'une qui consomme, l'autre qui produit, l'une qui exploite, l'autre qui est exploitée, la classe bourgeoise et la classe prolétarienne. La bourgoisie concentre en elle tous les instruments de production ; la classe prolétarienne n'a rien que sa force de travail. Il faut la dresser armée et puissante contre la classe bourgeoise pour qu'elle V anéantisse.
Tout le monde connaît les premières lignes du Manifeste aussi célèbres, aussi sophistiques et aussi fausses que les premières lignes du Contrat social : « L'histoire de toutes les sociétés jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire des luttes de classes... La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n'a pas aboli les antagonismes de classes. Elle n'a fait que substituer aux anciennes de nouvelles classes, de nouvelles conditions d'op'