TIII PREFACE DE LA TROISIÈME EDITION
pression, de nouvelles' formes de lutte. Cependant le caractère distinctif de notre époque, de l'ère de la bourgeoisie, est d'avoir simplifié les antagonismes de classes. La société se divise de plus en plus en deux vastes camps opposés, en deux classes ennemies, la bourgeoisie et le prolétariat. »
Voilà l'affirmation simpliste et tranchante de Marx ; et M. Maxime Leroy dans son livre récent, Les techniques nouvelles du syndicalisme, a pu écrire très justement : « Le prolétariat est révotutionnaire dans la mesure où il se pose en face de la bourgeoisie en une classe autonome. »
Ces deux classes opposées et rivales, la classe bourgeoise qui possède toute la richesse et ne travaille pas, la classe prolétarienne qui ne possède rien et qui seule travaille, ne peuvent continuer de vivre ainsi face à face en ennemies. Il faut les dresser l'une contre l'autre, il faut proclamer la guerre des classes. « Prolétaires de tous les paySy unissez-vous. » Il n'y a pas de patrie ; il ne doit plus y avoir de guerre internationale, mais dans le monde entier la guerre du prolétariat puissamment armé et montant à l'assaut de la classe bourgeoise.
Il n'y a pas de patrie pour les prolétaires, et voilà la seconde affirmation du Manifeste, aussi antinomique à la réalité que la première. Les prolétaires, dit-on, n'ont pas d'autre patrie que leur classe. Ils doivent s'unir étroitement, sans distinction de nationalité, en parti de classe pour