PREFACE DE LA TROISIEME EDITION IX
anéantir la bourgeoisie du monde entier. « Le travail industriel moderne, écrit Karl Marx, qui implique l'asservissement de l'ouvrier par le capital, aussi bien en France qu'en Angleterre, qu'en Amérique, qu'en Allemagne, a dépouillé le prolétaire de tout caractère national. » Et encore : « Les ouvriers n'ont pas de patrie. On ne peut leur ravir ce qu'ils n'ont pas. Comme le prolétariat de chaque pays doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s'ériger en classe maîtresse de la nation, il est par là encore national lui-même quoique nullement dans le sens bourgeois. Déjà les démarcations et les antagonismes nationaux des peuples disparaissent de plus en plus avec le développement de la bourgeoisie.... ; V avènement du prolétariat les fera disparaître plus vite encore. Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme et vous abolissez V exploitation d'une nation par une autre nation. Lorsque l'antagonisme des classes, à l'intérieur des nations, aura disparu, l'hostilité de nation à nation disparaîtra » (Manifeste, édition Giard et Brière, p. 23 et 35).
La guerre des nations a montré que si un jour la notion de patrie doit disparaître et l'antagonisme des nations n'être plus qu'un souvenir, ce jour n'est point encore arrivé, et même paraît être