PREFACE DE LÀ TROISIEME EDITION XI
En France^ depuis 191^/, l'âme nationale, dans sa permanente et indéfectible unité, s'est affirmée avec une irréductible puissance. Quelques vagues individualités ont voulu s'en détacher : un Romain Roland a prétendu se placer au-dessus de la mêlée, un Barbusse a tenté de fêter le découragement dans l'âme de nos vaillants enfants, tel socialiste de marque est allé à Kienthal ou à Zimmerwald, un Caillaux et ses clients faméliques ont pu tenter de provoquer la conclusion d'une paix d'abdication ou de compromis. Fétus de paille que le souffle puissant de la patrie a d'un coup emportés. Et aujourd'hui tout gouvernement qui ne maintiendrait pas haut et ferme le drapeau de nos revendications nationales ne serait-il pas impitoyablement brisé?
Aussi toute doctrine qui méconnaîtle fait national, qui prétend exercer son action en faisant abstraction de l'idée de patrie nationale, est condamnée à l'impuissance et à la mort. Elle peut un moment entraîner quelques esprits chimériques ou égarés ; mais elle doit disparaître bientôt, sans laisser aucune trace. Si la doctrine syndicaliste persiste à éliminer l'idée de patrie, à nier son action et sa force, elle se condamne elle-même à l'impuissance. Aussi bien y est- elle contrainte par son principe même. En faisant à la suite de Karl Marx du prolétariat un parti de classe, en l'armant en guerre contre la bourgeoisie, elle doit nécessairement dire avec le socialiste allemand : « Le travail industriel