XII PREFACE DE LA TROISIEME EDITION
en asservissant l'ouvrier a dépouillé le prolétariat de tout caractère national... Les ouvriers n'ont pas de patrie... Prolétaires de tous les pays unissezvous. » Ce n'est pas vrai, les ouvriers ont une patrie comme les bourgeois; et ils ont su le montrer au mois d'août 191U et au mois de mai 1920. Non, les prolétaires de tous les pays ne peuvent pas s' unir, pas plus dans V Internationale de Moscou que dans celle d' Ajuster dam, et cela parce qu'il y a une force plus puissante qu'eux, qui les enserre et les domine, celle de la nation dont ils ne peuvent point se détacher, quoi que prétendent quelques esprits ignorants ou utopistes. Ou du moins, les ouvriers des différents pays ne peuvent s'unir que dans la mesure où sont elles-mêmes unies les nations auxquelles ils appartiennent. Le syndicalisme ne peut se développer que dan.s le cadre national, et la doctrine syndicaliste ne peut coopérer vraiment d la transformation sociale qui, on ne peut le nier, est en train de s'accomplir, que si elle cesse de prêcher la lutte des deux prétendues classes rivales, de lancer l'une d'elles à l'assaut de l'autre, d'annoncer la disparition des guerres nationales et d'attiser la guerre civile, que si elle travaille au contraire au sein de la nation à rapprocher et à coordonner les différentes classes qui la composent.
Il semble qu'aujourd'hui quelques syndicalistes français aperçoivent cette vérité. Au congrès de la Confédération générale du travail tenu d Lille au