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nelle ; le salaire doit assurer une vie décente aux travailleurs. Il faut done que le taux varie sélon le coût de la vie dans une ville et une époque données. Si le Syndicat n'agissait que pour faire augmenter les salaires, son action serait ineflicace, L'augmentation des salaires, voilà une bonne excuse pour majorer tous les prix. Aussi, le Syndicat, pour défendre les intérêts professionnels, sera obligé de s'occuper de mesures susceptibles de faire baisser le coût de la vie. Si les moyens pratiques ne lui paraissent être que des palliatifs insuffisants, ne sera-t-il pas amené à envisager les réformes dans l'organisation des rapports entre le Capital et le Travail ? Mais ces réformes sont faites par le Parlement. T1 faut done, pour que la défense des intérêts économiques n& soit pas une
formule creuse, étendre considérablement la notion d'intérêt profes-
sionnel.
Le Syndicat peut avoir ses candidats pour les élections de
Conseils de prud'hommes et des Tribunaux de Commerce. Pour les élections législatives ou municipales, il faut reconnaître au Syndicat le droit de soutenir certaines candidatures, à condition toutefois que le Syndicat ne soit pas constitué dans le seul but d'être un N
Comité électoral.
De même, il existe une certaine relation entre les questions professionnelles et les questions religieuses : la fixation du repos hebdomadaire au dimanche, par exemple. Va-t-on interdire aux Syndicats
de s'occuper de toute question religieuse, sous prétexte qu'il n'y a
pas là intérêt professionnel ?
Si l'on veut entendre dans un sens libéral la formule employée
par la loi, il faut admettre que Le Syndicat, légalement constilué, doit être laissé libre dans la discussion de ses intérêts à condition qu'il se garde de toute ingérence étrangère et qu'il ne soit pas une association politique ou religieuse qui n'aurait de Syndicat que le nom.
: Le Syndicat est obligé pour la défense des intérêts professionnels d'être parfois un organe de combat, ce n'est pas le seul rôle qu'on peut lui assigner. Il doit faire l'éducation morale et sociale des travailleurs. fl est inutile de s'étendre sur les bienfaits et I fécondité de l'association. Le Syndicat développera cet esprit d’associationisme et de mutuellisme. Gertains syndicalistes, considérant que le Syndicat est un organe de lutte de classes, repoussent la propagande mutuelliste, comme un compromis avec le Capital. Cette intransigeance doctrinale réduit volontairement l’action du Syndicat, et écarte A nonibreux travailleurs qui veulent des améliorations immédiates. Affirmer que l’Association n'additionne pas les efforts, mais les multiplie, n’est pas suffisant.
Pour être compris et suivi, le Syndicat doit prêcher d'exemple, ce qui aura en outre pour avantage de totaliser à son profit la part d'influence qu’auraient les coopératives, les œuvres d'assistance et de prévoyance qui existeraient en dehors de lui.
La loi énumère, mais ne limite pas, les principales œuvres dont le
Syndical peut s'occuper, Par l’apposition du label syndical sur les
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produits, le Syndicat intéressera le publie à la question des conditions de travail faites aux ouvriers.
La fonction modératrice du Syndicat est celle qui a provoqué la sollicitude du législateur. Les Syndicats sont particulièrement favorisés, ils jouissent d’une personnalité civile étendue encore par la loi de 1920 et qui maintient le régime de faveur malgré l'existence de la loi de 1904 fixant le droit commun des associations. Si l'on permet aujourd'hui aux Syndicats de posséder des immeubles en quantité iliimitée, c’est pour qu'ils acquièrent avee le patrimoine, le sentiment de la responsabilité, est pour qu'ils remplissent plus exactement le rôle que voudraient leur voir jouer beaucoup de partisans de l’action syndicale. S'ils s'occupent des questions de grèves, ce doit être pour les empêcher ou tout au moins, pour en réduire la fréquence. Le Syndicat doit être l'intermédiaire sage et modérateur. Il devrait être toujours en tiers, entre le patron et le salarié, soit pour la fixation des conditions de travail, la conclusion de contraits, soit pour en régler les difficultés d'application afin de prévenir les conflits trop nombreux et toujours préjudiciables. Les Syndicats sont encore des facteurs de progrès social, en s’efforçant d'activer le dévelopement technique de l’industrie ; de leur attitude dépend souvent la prospérité d'une industrie. Ils réclament le perfectionnement de l'outillage et essayent de remédier aux répercussions fâcheuses que l’exitension du machinisme peut avoir sur le sort de l’ouvrier. La loi du 12 mars 1920 donne aux Syndicats la faculté
d'acquérir un patrimoine important, c'est-à-dire que la peur de