‹ Le droit syndical: Après la loi du 12 mars 1920Chapitre 24 sur 33 · UE LEE · texte numérisé non relu

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secours muluels françaises ne sont pas comparables aux sociétés anglaises, par exemple. L'esprit particulariste, l’individualisme poussé à outrance empêchent la constitution de sociétés puissantes. Elles sont assez nombreuses, mais composées d’un nombre infime de membres et poursuivent des buts différents, ce qui rend leur action peu efficace. La Fraternelle des Employés et Ouvriers des Chemins de fer français avec ses 80.000 membres est une heureuse exception. Il n’y a au total que 3.700.000 mutualistes, et leurs sociétés ont pour but, soit l'assurance contre la maladie, soit la retraite, soit l'épargne, ete...

Le Syndicat peut et doit capter toutes ces forces éparses, créer de puissantes sociétés mutualistes qui grouperont tous les syndiqués et leur famille. Ces sociétés pourraient, tout comme les Syndicats di deies et sous leur tutelle se fédérer en Unions et en une Confédération générale de la Mutualité qui grouperait vraiment toutes

les mutuelles.

PARAGRAPHE II Confort.

« Ils peuvent, en outre, affecter une partie de leurs ressources à la création d'habitations à bon marché et à l’acquisition de terrains pour jardins ouvriers, éducation physique et hygiène ». Le Syndicat

doit viser les réalisations pratiques. « On pensait que pour le peuple

tout était assez bon, dit M. Gide, et que lui-même n’attachait guère d'importance aux raffinements de la civilisation ». Puisqu'aujourd’hui on reconnaît l'influence du milieu sur l’homme et d'autre part la loi de solidarité qui lie notre santé, notre confort à ceux de nos semblables, les Syndicats devront s’ingénier à développer toutes les institutions susceptibles de rendre la vie des travailleurs plus confortable et plus agréable et à donner à tous le goût du confort

et de l'hygiène.

« Ils peuvent librement créer et administrer des offices de renseignements pour les offres et les demandes de travail ».

Les Syndicats ont lutté contre les bureaux de placement payants qui étaient des offices d'exploitation des travailleurs et qui réalisaient sur eux des bénéfices scandaleux. La loi du 14 mars 1904 les a condamnés en principe, mais ils subsistent, et on s’adressé à eux plus volontiers qu'aux offices municipaux de placement gratuit, qui ne sont que des « boîtes aux lettres » et qui ne cherchent pas de places pour leurs clients. Les Syndicats ont déjà beaucoup fait, et, s'ils arrivaient à monopoliser en fait le placement, ils auraient un nombre d’adhérents bien plus considérable, Comme ils ont presque tous une caisse de chômage, leur zèle sera d'autant plus stimulé qu'ils économiseront les secours en réduisant le nontbre de chômeurs. Le placement est d'ailleurs du ressort strictement professionnel et les Syndicats groupés en Fédérations, Unions et Confédération peuvent, comme disait M. de Molinari qui le premier a eu

l'idée des bourses de travail, « faire connaître aux ouvriers de tout

CRD EAST En JADE CR METRE 4 3 un pays, de tout un continent, jour par jour, les endroits où le travail s'obtient aux conditions les plus favorables, ceux où ils doivent se porter de préférence pour en demander » .

* Comme souvent le lieu où lon trouve du travail est éloigné de la résidence de l’ouvrier, la Bourse du Travail complète l'œuvre de placement en donnant une indemnité de route, le viaticum.

« Ils peuvent créer, administrer, subventionner des œuvres professionnelles telles que : institutions professionnelles de prévoyance, laboratoires, champs d'expérience, œuvres d'éducation scientifique, agricole ou sociate cours et publications intéressant la profession ».

Cet alinéa s'occupe de tout ce qui intéresse la technique du métier. Sans doute le développement du machinisme en accentuant

la division du travail et la spécialisation à outrance, rend moins , nécessaire la connaissance de, toute l’industrie et du rôle joué par l'ouvrier dans la confection d’une machine dont il ne construit qu’un rouage. Cependant, il est bon qu’il s'intéresse à son métier, qu'il sache le pourquoi et le résultat de son geste machinal, l'intérêt général ne peut que gagner à l'instruction technique de ceux qui ont une grande pratique et qui sont susceptibles de suggérer des perfec-

tionnements.

PARAGRAPHE III

Indépendance.

Les ressources syndicales, employées à garantir la sécurité du travailleur, à lui donner une vie plus confortable, pourront encore être utilisées pour le rendre plus indépendant. « Ils peuvent subventionner des Sociétés coopératives de production ou de consommation », c’est-à-dire que les Syndicats par les Coopératives de production peuvent éliminer le patron et par les Coopératives de consommation se rendre indépendants de l'intermédiaire coûteux du

commerçant.

Les Sociétés coopératives de consommation fournissent des objets de bonne qualité, au juste prix et au juste poids ; les coopératives de produetion, sociétés d'ouvriers travaillant pour leur eompte n’ont pas résolu la question sociale. M. Léon Say déclare leurs, efforts. stériles : « Les Sociétés coopératives de production n’ont pu suppri- . mer, ni le patronat, ni le salariat. En somme, elles n’ont pas réussi. Le gouvernement direct est une utopie dans la grande industrie comme dans la politique des grands Etats ».

Elles se sont pourtant développées au cours des vingt dernières années et assurent tout au moins à l’ouvrier l'indépendance et la sécurité du lendemain. Mais elles ne prendront une importance véri-

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table et ne pourront se développer que si elles ont des capitaux el des débouchés. Les Sociétés de consommation peuvent les. leur. fournir. « Et ce n’est pas seulement l'intérêt des associations de production dit M. le professeur Gide, c'est l'intérêt social qui le veut ainsi. Car cèt intérêt général serait gravement menacé si le gouvernement économique devait passer sans contrôle entre les mains d'associations ouvrières de production qui, naturellement, se préoccuperaient d'abord de leurs intérêts professionnels, c'est-à-dire de faire le plus de profits possibles, maïs le contrôle des Sociétés de consommation, contrôle d'autant plus efficace qu'elles seraient à la fois les plus gros actionnaires et les plus gros clients, conjureraient suffisamment ce danger. »

Le trait d'union entre les deux coopératives est tout indiqué c’est le Syndicat, qui subventionnant. l’une et l’autre pour établir entre elles des relations avantageuses pour tous.

C Is peuvent, s'ils y sont autorisés par leurs statuts et à condition de ne pas distribuer de bénéfices, même sous forme de ristournes, à leurs membres :

« 1° Acheter pour les louer, prêter ou répartir entre leurs membres, tous les objets nécessaires à l’exercice de la profession, matières premières, outils, instruments, machines, engrais, semences, plants, animaux et matières alimentaires pour le bétail.

« 2° Prêter leur entremise gratuite pour la vente des produits provenant exclusivement du travail personnel ou des exploitations

des syndiqués, faciliter cette vente par expositions, annonces, publi-

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cations, groupement de commandes et d’expéditions, sans pouvoir

l’opérer sous leur nom et leur responsabilité ».

Les ouvriers ne se sont presque jamais occupés en France de se grouper pour acheter en commun, c'est-à-dire à meilleur oo les objets nécessaires à l'exercice de la profession. En Allemagne, les horlogers de Berlin, les tailleurs de Crefeld! les menuisiers d'Osnabrück ont constitué de puissantes associations. Peutêtre cet exemple et Ja faculté expressément reconnues par la loi, donneront-ils l’idée aux Syndicats ouvriers français de s'occuper activement-de celte question importante surtout pour les travailleurs à domicile. ,

Quant aux associations qui permettent de vendre directement au

publie, en évitant l'intermédiaire du commerçant, on n’a rien tenté

encore en France.

À vrai dire, le législateur eu en vue de donner satisfaction aux revendications maintes fois exprimées par les Syndicats agricoles. La situation défavorable de l’agriculture franaise due à la coneurrence des pays neufs et à la routine du paysan, avait, avant la loi de 1884, suscité des efforts individuels. En 1883, le Professeur d'agriculture du département du Loir-et-Cher, créait l'Association des eultivateurs du Loir-et-Cher « ayant pour but, disaient les statuts, d'acheter les engrais en commun, afin de les obtenir à meil-

leur marché et de réprimer la fraude dans les livraisons » et subsi-

diairement « d'éclairer les cultivateurs sur le choix des matières

Hi SHC

fertilisantes convenables suivant la nature du sol et les exigences

diverses des cultures ».

Trois besoins sollieitaient l’action des Syndicats agricoles :

1° La défense des intérêts agricoles qui est assurée par les mêmes procédés que la défense des intérêts industriels et com-

merciaux ; 2° L'amélioration de l’exploitation rurale et 3° L'amélioration des eonditions d'écoulement des produits.

. La loi de 1920 laissé aux Syndicats toute latitude pour l'achat des matières premières et pour l'intervention du Syndicat dans la vente des produits. Mais certains Syndicats agricoles s'étaient pour ces opérations, attribué une véritable capacité commerciale. Ces facultés sont subordonnées à deux conditions : les statuts devront prévoir expressément cette forme de l’activité syndicale et surtout, ces opérations ne doivent pas se transformer en actes commerciaux, c'est-à-dire, procurer des bénéfices aux syndiqués, même sous forme de ristournes. Les Syndicats agricoles par leurs œuvres d'instruction professionnelle, par leur propagande, ont développé l'usage des engrais et en ont facilité l'achat. En effet, les Syndicats offrent toutes garanties en vue du payement, ils peuvent acheter de grandes quantités, et enfin ils peuvent acheter ferme, ce que ne font pas les cultivateurs, et ce qui, par voie de conséquence, fait monter les prix, le commerçant demandant un plus gros bénéfice dans une

vente aléatoire. C’est pour que les grands Syndicats, se basant sur

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