‹ Le dualisme logiqueChapitre 23 sur 90 · P. 343 et suiv · texte numérisé non relu

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2. <f Wir haben kein aaderes Mittel, auch den Bestand unseres Denkens festzustellen, als die Aufmerksamkeit auf die Vorgànge, die wir erleben, wenn wir denken... Jedes beliauptende formulierte Urteil ist nach dem Vorstehenden giltig, w^enn es gegenstândlich gewiss ist und dièse Gewisskeit denknotwendig aussagt... » (p. 376, 409).

probabiliste de la science, en modifiant le dualisme de Kant dans le sens d'un parallélisme (de juste équilibre), qu'il appelle phénoménalisme *.

5. Tandis que Benno Erdmann reproche à Kant d'être resté encore assez rationaliste et veut perfectionner sa méthode de conciliation par le phénoménalisme ou par un juste équilibre des termes de son dualisme, — Cohen reproche à Kant de ne pas avoir été assez rationaliste et veut perfectionner sa méthode de conciliation par un idéalisme systématique ou par la subordination du sensible à l'intelligible. — L'idée centrale de Cohen parait être la suivante : Point d'autre salut pour l'homme, point d'autre intermédiaire entre le monde et Dieu que l'effort de l'homme pour arriver à la Morale par la Science. Dieu est la moralité dans toute sa pureté, c'est-à-dire la moralité sans aucun mélange avec ce qui constitue la

1. Mais, dira-t-on : « Dans quelle mesure le parallélisme et le phénoménalisme de Benno Erdmann, parallélisme et phénoménalisme issus d'une modification apportée au dualisme de Kant, atteignent-ils leur but, c'est-à-dire expliquent-ils la nature probabiliste de la science? ». — A quoi nous répondons : « D'abord, c'est au philosophe examiné lui-même et non pas à nous qu'il faut poser cette question. Puis il faut savoir qu'ici nous n'indiquons le but du philosophe examiné que pour mieux voir les modifications qu'il apporte au dualisme de Kant. — C'est donc dans le second et dans le troisième chapitres que nous aurons à nous interroger sur la valeur des doctrines examinées ici. Or, nous verrons justement que cette valeur est plus ou moins insuffisante. » — Cette remarque s'applique, évidemment, — mutatis mutandis, — non pas seulement à la doctrine de Benno Erdmann, mais aussi à la propre doctrine de Kant que nous avons examinée plus haut et aux autres doctrines kantiennes que nous aurons à examiner dans la suite.

56 LA MÉTHODE KAXTIEXXE OU DE COXCILIATiOX

science humaine; tandis que l'essence de l'homme est d'arriver à la moralité par la science. D'où le théisme transcendant ou anti panthéiste comme caractéristique essentielle de la véritable religion (la religion juive). Or, cette conception éminemment juive se retrouve presque telle quelle chez Kant, et toute la question est de l'en déiïasfer *.

1. « Das Wesen Gottesist die Siltlichkeit und nurdie Siltlichkeit... Die Natur ist die Schopfung Gotles. Gott ist nicht Natur... Die intime Gleichartigkeit des religiosen Gedankens mit dem Judentum zeigt sich bei Kant vor allem darin, dass |er von der Dreieiuigkeifc die er in seiner Rehgioiisschri't... nur den Sohn Gottes ar.nimt, diesen ahermil der Idée der Menschheit gleicliselzt.,. Die Schôpfu!ig selbst hat nur Sinn fur die Sittlichkeit ; sie darf aber der Mathematik nicht widersprechen... Es ist geradezu verwunderlich, dass Iiierbei eine noch intimere Verwandtschaft zwischen Kant und dem Judentum zu Tage trilt. Kant unterscheidet in seinem System die Ethik von der Logik. Beide ressortieren aus der Vernunft, aber er unterscheidet die praktische, die sittliche Vernunft von der theoretischen » (Cohen, Innere Beziehung der kantischen Philosophie zum Judentum, Berlin, Mayer, 1910, p. 51-52). « Der Gott des Judentums ist der jenseitige ,Gott » (antipanthéisme). (Ibid., p. 53.) '( Der philosophierende Jude fûhlt sich wie heitnatlich angehaucht auf dem Kants... (p. 59-60).

« Fur Kant stand die Frage nicht so : welche geschichtliche Bedeutung hat die Religion, als Monotheisrau?, fur die Anwendung und Verwirklichung des Sittensgesetzes im Leben der Vôlker? Sein ausgesprochener Zweck war die elhische Idealisierung des Chrisfentwm, und zwar ausschliesslich nach seiner Uikunde im xXeuen Testament, raitnachdrùcklicherAberkennung ailes ethischen Grundgehalts im Alten... Gehen wir nun zunâchsL auf den Begriff vom Sohyie Gottes ein, so stosst uns zuvorder.-t sein Verhiiltnis zum Begriffe des homo noumenon... dièse Antinomie zwischen dem homo noumeiion und Christus... » (Cohen, Knnfs Begrûndnng der Ethik. II.Auflage,Berlin,1910,p.462,471,4'72).Cf.aussi:R<n/'^er\V^e/fAm^/ms fur religiosen Fortschritt, Berlin, Scbôneberg, 1910 ; Compte rendu par Benrubi dans la Revue de Métaphysique et de Morale (nov. 1911). " C'est entre le 5 et le 10 août 1910 qu'a eu lieu le V« Congrès inter-

En d'autres termes, et plus précisément encore, il semble que l'idée centrale de Cohen est d'épurer le kantisme de tout élément chrétien qu'il pourrait encore contenir. Car il ne se contente pas seulement de dire, ainsi que nous venons de le voir, que la philosophie de Kant est surtout une conception éminemment juive, mais il part encore d'une modification du dualisme gnoséologique de Kant qui le conduit à une conception du rapport entre la Science et la Morale, qui est synonyme de contradiction du christianisme. En tout cas, dans sa logique et dans sa morale, Cohen nous dit en propres termes qu'il veut compléter la conception de Kant, sur le rapport entre la pensée et les données des sens, par les conceptions de Parménide, Platon et Nicolas de Cuse, et que le complément qu'il apporte au kantisme pose un idéalisme qui détruit tout panthéisme et toute prétention d'une morale réalisée par un seul individu, fût-ce même Jésus-Christ'.

national de progrès religieux... L'attitude de M. Colien a été très intransigeante. Dans sa conférence sur « t'importance du judaïsme pour îe progrès religieux », il a essayé de montrer, non seulement que le judaïsme est la seule relif^-ion véritable, mais encore que le ctiristianisme ne peut pas être considéré comme un progrès par rapport au judaïsme... Par conséquent point d'intermédiaire entre Dieu et l'tiomme, point d'Homme-Dieu, point de rédempteur... » {Revue de Métaphysique et de Morale, nov. 1911, p. 920 et suiv.).

1. « Die Logik, welche in diesem Bûche vorliegt, ist die Grundlegung eines Systems der Philosoptiie » {Logik der reinenErkenntnis, Berlin, 1902, p. IV). « Auf welclies Denlcen bezielit sicli die Logik? » (p. 16). « Katit liât das Denlcenals Synthesis bestimmt... Das Denken ist Synthesis. Die Syntliesis ist Synthesis der Einlieit. Aber die Einheit setzt die Mehrheit voraus. Und dièse Mehrheit hat das Denken nicht zu schaffen, also auch nicht zu verantworten. Sie ist ihm «gegeben»; das ist der vertiângnisvolle Ausdruck. Er

Ainsi, Cohen part bien du dualisme de Kant, mais avec l'intention de subordonner, jusqu'à la réduction, le sen-

bezeichnet die Schwache, durch welche Kant mit seinem englischen Jahrliundert zusammenhàngt... Dieser Fehler ist mit den Mitteln der kantischen Terminologie nicht zu corrigieren (p. 23-25). « Es muss. . bei der Relation verbleiben, die Parmenides als Identitàt von Denken und Sein geschmiedel bat. Das Sein ist Sein des Dankens. Daher ist das Denken, als Denken des Seins, Denken der Erkenntnis. .. Die wissenschaftliche Philosophie beginnt, so kann man wohl sagen, mit Parmenides. Er bat nicht nur das Denken eingefûhrt, sondern es auf das Sein, und zwar durch Identitdt fixiert... Nur das Denken selbst kann erzeugen, was als Sein gelten darf » (p. 14, 27, 67). « Nicolaus von Knes umfasst in seinem modernen Geiste aile Interessen der systematischen Philosophie, nicht zum mindesten auch die der Religion und der Ethik... Das Endliche wird am Unendlichen gemessen. « Die Unendlichkeit selbst nenne ich das Maas von Allern ». Cusa spricht Kernsâtzen. Das Maas bedeutet ihm nicht nur, dass das Endliche durch das Unendliche gemessen wird ; sondern er erkennt es als das Mittel und das Instrument seiner Entdeckung » (p. 29).

« Hat Plato daher auch diesem Gedanken vorgearbeitet. Es ist einer der tiefsten und kiihnsten Gedanken seiner Méthodologie, dass er in der Empfindung s^elbst ein Motiv des Denkens unterscheidet » (p. 407). « VVir durchschauen jetzt den tiefen Grund, der die Logik zur Grundlage des Systems macht... Der Idealismus... Dieser wissenschaftliche Idealismus macht allen Pantheismus nicht nur nichtig, sondern auch ûberflûssig,.. Die Logik ist nur in dem Sinne die Grundlage des Systems und also der Ethik, dass sie allein es lehren kann, in welcher methodischen Weise die Ethik Gesetze zu suchen und zu errichten habe. Dièse Gesetze aber nach ihrem Inhalle bat die Ethik selbst zu finden » (p. 513, 517, 518). « Freilich soll das Problein der Ethik auch ein Wissen bedeuten, ein strenges, genaues Erkennen... Jetzt soll der Glaube von hôherer und ganz anderer Art sein als die dem Wissen môglich ist » [Ethik des reinen Willens, Berlin, 1904, p. 45-46). « So unerschôpflich der Inhalt der Sittlichkeit ist, so wenig kann ein Individuum zulanglich sein, iha zu erfùUen. . Das Idéal des Weiseu soll doch nicht nur in Einera Individuum wirklich werden ; Ghristus aber ist, als der Gottmensch, der Einzige. Darin aber besteht der schwere Anstoss, den Ghristus als Individuum bildet » {IbicL, p. 30-31).

sible à l'intelligible, et d'arriver à la conception d'une morale humaine fondée surtout sur une science profondément idéaliste. Qu'est-ce que la logique qui doit expliquer la science?

La logique, dit Cohen, est l'étude de la pensée. Mais qu'est-ce que la pensée? Est-elle ce que dit Kant? Pas tout à fait. Dans la définition qu'il donne de la pensée, Kant attribue un trop grand rôle au sensible. Kant définit la pensée en disant que c'est la synthèse opérée par l'esprit sur les données sensibles. Or, qu'est-ce au juste que le sensible? Est-il vraiment une donnée? Non, et c'est là le point faible de la thèse de Kant. La pensée, devons-nous dire, est avant tout une pensée créatrice. Car le sensible n'est en dernière analyse qu'une sorte de création de la pensée : c'est la pensée qui le découvre. Mais en vertu de quel principe la pensée pose-t-elle ou découvre-t-elle le sensible ? C'est d'abord en vertu de la nécessité de créer la science, c'est-à-dire en vertu de la nécessité même de la pensée de réaliser l'unité dans la multiplicité. Mais ce n'est là qu'une cause finale. Or, il nous faut encore en connaître la cause efficiente, c'est-àdire l'origine. Celte cause ne peut être évidemment que le fondement même du sensible ou que le principe même de l'origine de l'êîre. En quoi consiste ce principe? Quelle est Y origine de l'être'^. Il est évident que l'origine de l'être ne pouvant être cherchée dans le sensible, puisque c'est à propos du sensible qu'elle se pose, doit être cherchée au delà de celui-ci, dans une sorte de non-être ou de suprasensible. Or, qu'y a-t-il de plus supra-sensible que la pensée elle-même? C'est donc dans la pensée elle-même

(iO LA MÉTHODE KANTIENNE OU DE CONCILIATION

qu'il faut chercher l'origine de l'être. Ainsi, l'origine de l'être est un principe de la pensée tout comme les principes d'identité et de contradiction. Et, à vrai dire, c'est ce principe même qui rend possibles les fonctions du principe d'identité, du principe de contradiction, des catégories, car c'est lui qui procure à ceux-ci l'élément sur lequel ils doivent travailler. Son rôle n'est pas de déterminer mais de j)oser l'élément à déterminer par les autres principes et par les catégories. Sans lui, aucun élément à déterminer ne saurait être posé, de même que sans les autres principes (d'identité, de contradiction) et sans les catégories aucune déterminalion ne serait faite. Par conséquent, l'être est posé par la pensée et encore par ce qu'il y a de plus pensée dans la pensée. En disant que la logique est l'étude de la pensée, nous disons que la logique est l'étude de l'orig-ine de l'être *. Le sensible a donc son fondement dans la pensée elle-même. Mais s'il en est ainsi, en quoi consiste-t-il au juste? Puisqu'il n'est, au fond, que quelque chose qui sert d'occasion à la pensée afin qu'elle crée la science, il ne saurait être quelque chose d'extensif, mais quelque chose d'intensif : on ne peut le formuler qu'au moyen de Y infiniment petit ^.

1. « Das Denken kann, das Deuken soll das Sein entdecken... Nur das Denken selbst kann erzeugen, 'sas als Sein gelten darf (p. 28, 67). Denken ist D'-nken des Ursprungs. Die Logik muss demnach Logik des Ursprungs werden. Aile reinen Erkenntnisse mûssen Abwaudlungen des Prinzips des Ursprungs sein (p. 33). Auch der Ursprung ist nicht eigentlich eine Kategorie, sondern vielmelir ein Denkgesefz; und wie wir gesehen haben, das Denkgesetz der Denkgesetze » {Logik, p. 100).

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