‹ Le dualisme logiqueChapitre 25 sur 90 · Der kritische Idealismwt, p · texte numérisé non relu

Der kritische Idealismwt, p

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de règles nécessaires ; en logique, il ne s'agit pas de savoir comment nous pensons mais comment nous devons penser. De sorte que les règles de logique ne doivent pas être tirées de l'usage contingent mais de l'usage nécessaire de la raison, usage qui se trouve en soi, sans aucune psychologie. En logique nous ne cherchons pas à savoir comment l'entendement est et pense, ou comment il s'est réellement conduit jusqu'ici, mais comment il devrait penser ou se conduire. La logique doit nous apprendre l'usage légitime de l'entendement, c'est-à-dire l'accord de celui-ci avec lui-même ». — Et Ilerbart a dit presque la même choses Mais de pareils arguments n'embarrassent nullement les psychologistes. Car voici ce qu'ils répondent. L'usage de l'entendement, si nécessaire qu'il soit, n'en reste pas moins un usage de l'entendement qui, comme tel, appartient à la psychologie. La pensée, telle qu'elle doit être, n'est qu'un cas particulier de la pensée telle qu'elle est. Certes, la psychologie s'occupe des lois naturelles de la pensée, c'est-à-dire des lois de tous les jugements en général, qu'ils soient vrais ou faux. Mais il serait absurde d'en conclure que par là elle ne s'occupe pas de ces jugements spéciaux qui constituent la vérité. Car que signifie bien juger, sinon juger conformément à la nature de notre esprit? Si la logique n'est pas la physique de la pensée, elle n'est rien du tout"\ — Telle

1. Par. 19, p. 53-54. — (Cf. Kant., Logik, Ed. Jâsche, Einleitung, Begriff der Logik. — Kants Werke, éd. Hartenstein, 1867, VIII, p. 15.)

2. << Derartige Argumentationen setzea die psychologistischen Logiker in keinerlei Verlegenheit. Sie antworten : der notwendige Verstandesgebrauch ist ebeii auch ein Verstandesgebrauch und

est rargumcntation des psychologistes, et elle paraît bien forte.

Cependant, sur quoi reposent au juste les arguments des psychologistes? Ils reposent sur certains préjugés qu'il s'agit précisément d'analyser afin d'en montrer la fausseté'.

a) Le préjugé qui consiste à confondre le réel ou le technique en général avec l'idéal ou le normatif en général. « Les prescriptions de la logique étant destinées à régler la vie psychique, disent les psychologistes, ne peuvent être fondées que psychologiquement* .»

gehôrt mit dem Verstande selbst in die Psychologie. Das Denken, wie es sein soll, ist ein blosser Specialfall des Denkens, wie es ist. Ge^iss hat die Psychologie die ISaturgteze des Denkens zu erforschen, also die Gesetze fiir aile Urteile iiberhaupt, ob richtige oder faische; aber unirereimt wàre es, diesen Satz so zu interpretiren, als gehôrten nur solche Gesetze in die Psychologie, welche sich in umfassendster Allgemeinheit auf aile Urteile iiberhaupt beziehen, wâlirend Specialgesetze des Urteilens, wie die Gesetze des richtigen Urteilens, ans ihrem Bereich ausgeschlossen werden miissten... Dann sind aber die Regeln, nach denen man verfahren rauss, um richtig zu denken, nichts anderes als Regeln, nach denen man verfahren muss, um so zu denken, wie es die Eigenart des Denkens, seine besondere Gesetzmàssigkeit, verlaugt, kiirzer ausgedrùckt, sie sind identisch mit den Naturgeselzen des Denkens selbst. Die Logik ist Physik des Denkens oder sie ist Iiberhaupt nichts « (p. 54-55; Vgl. Mill, An Examination 5 S. 459 f. ; Lipps, Die Aufgabe der Erkenntnistheorie, Philos. Monatshefte XVI, d880, S. 530 f.).

1. « Bisher haben wir den Psychologismus vorzugsweise aus seinen Oonsequenzen bekàmpft. Wir wenden uns nun gegen seine Argumente selbst, indem wir die vermeintlichen Selbstverstàndlichkeiten, auf die er sich stûtzt, als tauschende Vorurteile nachzuweisen suchen. » (p. 154).

2. « Ein erstes Yorurteil lautet : Vorschriften zur Rcgelung von Psychischem sind selbstverstàndlich psychologisch fundiert. Demgemâss ist es auch einleuchtend, dass die normativen Gesetze der

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En raisonnant de la sorte, les psychologistes ne font autre chose que confondre le normatif pur avec le simple technique, c'est-à-dire la théorie avec la pratique ou Tidéal avec le réel*.

b) Le préjugé qui consiste à confondre le réel ou le technique, en tant que vie de la vérité, avec l'idéal ou le normatif, en tant que sens de la vie de la vérité, — « L'objet de la logique, disent les psychologistes, consiste dans des concepts, des jugements, des raisonnements, etc. Mais un pareil objet n'est-il pas justement de nature psychologique'? »

Erlcenntnis in der Psychologie der Erkenntnis grunden miissen >> (p. 154).

1. <' Indem die psychologischen Logiker, darunter Forscher vom Range eines Mil) und Sigwart, die Wissenschaft mehr von ihrer subjectiveu Seite (als methodologische Eiaheit der specifischmenschlichen Erkenntnisgewinnung) als von ihrer objectiven Seite (als Idée der theoretischen Einheit der Wahrheit) betrachten und demnach die methodologischen Aufgaben der Logik einseitig belonen, iJbersehen sie den fundamentalen Unterschied zwischen den rein logischen Normen und den technischen Regeln einer specifischhumanm Denkkunst. Beide aber sind nach Inhalt, Ursprung und Function von total verschiedenem Gharakter. Beziehen sich die rein logischen Sàtze, wenn wir auf ihren origiiiiiren Inhalt sehen, nur auf Idéales, so jene methodologischen Sàtze auf Reaies. Haben die Ersteren ihren Ursprung in unmittellbar einsichtigen Axiomen, so die Letzteren in erapirischen und hauptsàchlich psychologischen Tatsachen. Dient die Aufstellung jener rein theoretischen und nur nebenbei praklischen Interessen, so verhàlt es sich bei diesen umgekehrt : ihr unmittelbares Interesse ist ein praktisches und nur mittelbar, sofern nàmlich ihr Ziel die methodische Forderung wissenschaftlicher Erkenntnis uberhaupt ist, werden auch theoretische Interessen durch sie gefôrdert » (p. 158-159).

2. « Zur Beslàtigung seines ersten Vorurteils... beruft sich der vchologist auf den tatsâchlichen Inhalt aller Logik. Wovon ist ihr die Rede? Aller wege doch von Vorstellungen und Urteilen,

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Certes, réplique Husserl, la logique désigne son objet sous le nom de jugement, etc., — tout comme la psychologie. Mais la dénomination psychologique contient-elle le même sens que la dénomination logique ? Voilà la question. Or, la réponse à cette question est qu'en psychologie il ne s'agit que de la vie de la vérité, tandis qu'en logique il s'agit de la signification de cette vie de la vérité; d'où la nature empirique de la psychologie, science qui porte sur le réel, et d'où la nature a priori de la logique, science qui porte sur l'idéal*. (Husserl veut dire : aussi bien en psychologie qu'en logique on étudie le même objet, — la vérité, — mais à deux points de vue profondément différents.)

c) Le préjugé qui consiste à confondre le réel ou le technique, en tant que sentiment ou évidence de la vérité, avec l'idéal ou le normatif, en tant qu'idée de la vérité

von Schlûssen und Beweisen... Aber ist unter diesen Titeln an Anderes zu denken als an psychische Phânomene und Gebilde? » (p. 167).

1. « Des Weiteren geht klar hervor, dass die genannten Termini und aile uberhaupt, die in rein-logischen Zusammenliàngen auftreten, insgesaramt âquivok sein mùssen, derart, dass sie auf der einen Seite eben Klassenbegriffe fur seelische Gebilde bedeuten, wie solche in die Psychologie gehôren, und auf der andereu Seite générale Begriffe fur idéale Einzelheiten, welche zu einer Sphâre reiner Gesetzlichkeit gehôren... In aller Logik ist gar viel die Rede 7on Urteilen; aber auch hier besteht Aequivocation. In den psychologischen Partien der logischen Kunstlehre spricht man von Urteilen als Fûrwahrhaltungen, man spricht also von bestimmt gearteten Bewusstseinserlebnissen. In den rein-logischen Partien ist davon weiter keine Rede. Urteil heisst hier soviel wie Satz, und zwar verstanden nicht als eine grammatische, sondern als eine idéale Bedeutungseinheit... Es isl ein wesentlicher, schlechthin unuberbriickbarer Unterschied zwischen Idealwissenschaften und

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OU vérité proprement dite. « L'objet principal de la logique, disent les psychologistes, consiste à nous apprendre le moyen de distinguer un jugement vrai d'un jugement faux. Or, la logique nous apprend en dernière analyse que nous reconnaissons si un jugement est vrai ou faux selon qu'il est évident ou non. Mais qu'est-ce que l'évidence? Elle consiste justement dans un sentiment, c'est-à-iiire dans un fait psychique. Par conséquent, les lois logiques sont des propositions de la Psychologie*. » Certes, répond Husserl, l'évidence consiste dans un sentiment. Mais quel est au juste le rapport entre ce sentiment et la vérité? Ce sentiment détermine-t-il la vérité? Non; l'évidence n'est que le sentiment de la réalisation (l'actualisation) de la vérité*.

Realwisseoschaften. Die ersteren sind apriorisch, die letzteren erapirisch « (p. 173, 175, 178).

1. « Wir formulieren ein drittes Vorurteil ia folgenden Sâtzen. Aile \Yahrheit liegt im Urteil. Aber als wahr erkennen wir eia Urteil nur im Faite se'wi^v Evidenz. Mit disem NVorte bezeichnen wir einen eigenliimlichen und Jedem aus seiner innerea Erfahrung wohlbekannten psyctiischen Charaliter(er wird gewôhnlich aïs Gefiihl bezeichuet), welcher die Wahrlieit des Urteils, dem er angekniipft ist, verbûrgt. Ist nun die Logik die Kunstlehre, welche uns ia der Erkenntnis der Wahrheit fôrdernwill, so sind die logischea Gesetze selbslversUiadlich Siitze der Psychologie. Es sind ndmlich Stitze, die uns iiber die psychiscluîn Beiiingungen aufklaren, von denen das Dasein oder Fehleuj^nes Evidenzgefûhts abhangig ist. An dieso Satze schliessen sichdann naturgemâss praktische Vorschriften an, welche uns bei der Realisierung von Urteilen, die dièses auszeichnenden Gharnltters teilhaftig sind, fôrdern sollen » (p. 180).

2. « Endlich und schliesslich hàngt die letzte Klàrung auch in diesem Streite zunàchst von d-T richtigen Erkenntnis des fundanientalstenerkenntnistheoretischenUnterschiedes,namlichzwi?chen Realem und Idealem ab... Andererseits setzt das Verslaninis unserer ■Scheidung zwischen der realen und idealen « Théorie der Evidenz »

Le psychologisme ne consiste donc que dans la méconnaissance du vrai rapport entr»; le réel el l'idéal ou, ce qui revient au même, entre le fait et Tidée, entre l'évidence et la vérité proprement dite. Bien plus : loin que la psychologie explique la logique, elle est elle-même inintelligible sans la logique ; s'il y a un sentiment comme celui de l'évidence, c'est parce qu'il y a une vérité'.

Une fois le psychologisme écarté de notre chemin, dit Husserl, passons à la considération même de la logique pure comme fondement de la logique appliquée. D'après ce que nous venons de dire, il est évident que la logique pure ne saurait être que l'étude de la connaissance scientifique par excellence. En quoi consiste une telle connaissance? Elle n'est autre chose que la connaissance idéale qui garantit, et vers laquelle se dirige toute autre connaissance; c'est-à-dire qu'elle n'est autre chose que la connaissance dans laquelle l'objet donné se confond avec la vérité*.

richtige Begriffe von Evidenz und Wahrheit voiaus... Evidenz is nichts anderes als das « Erlebnis » der Wahrheit. Erlebt ist die Wahrheit natûrlich in keinem anderen Siine, als in welchem ùberhaupt eiu Idéales im realea Act erlebt sein kann. Mit anderen Worten : Wahrheit ist eine Idée, deren Einzelfall im evidenten Urteil actuelles Erlebnis ist... Das Erlebnis der Zusammenstimmung zwischen der Meinung und dem erlebten Sinn der Aussage, dem erlebten Sachveralt, ist die Evidenz, und die Idée dieser Zusammenstimmung die Wahrlieit » (p. 188-190).

i. « Die Ideali'at der Wahrheit macht ihre Objectivitàt aus... wo keine Wahrheit ist, auch kein als wahr Einsehen geben kann, m. a. W, keine Evidenz. » (p. 191).

2. « Indem wir nun einen Erkenntnisact vollziehen oder, wie ich es mit Vorliebe eusdrûcke, inihm leben, sind wir « mit dem Gegenstàndlichen beschâltigt >•>, das er eben in erkennender Weise meint und setzt; und ist es Erkenntnis im strengsten Sinne, d. h. urteilen wir mit Evidenz, so ist das Gegenstândliche gegeben. Der Sachver-

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Mais, s'il en est ainsi, la logique pure ne saurait être que l'étude des conditions idéales de la possibilité de la science en général'. Ce qui veut dire que partout où il s'agit de science, il s'agit aussi de logique pure : les conditions idéales de la science doivent être cherchées même dans le domaine de la connaissance la plus empirique ou la plus hypothétique*.

Husserl, ainsi qu'on le voit, subordonne le sensible à l'intelligible jusqu'au point de toucher à la réduction d'avant Kant. Il va donc plus loin que Cohen; il représente la limite même de toute thèse qui pousserait le dualisme de Kant vers l'intelligible. C'est seulement de

hait steht uns jetzt nicht bloss vermeintlich, sondera wirklich vor Augen uiid in ihm der Gegenstand selbst, aïs das, was er ist, d. h, genau so und nicht anders, als wie er in dieser Erkenntnis gemeint ist : als Tiàger dieser Eigenschaften, als Glied dieser Relationen u. dgl. Er ist nicht bloss vermeintlich, sondern wirklich so beschaffen, und als wirklich so beschaiïener ist er unserer Erknnntnis gegeben ; das heisst aber nichts aiuleres : als solcher ist er nicht bloss iiberhaupt gemeint (geurteilt), sondern erkannt; oder : dass er so ist, ist actuell gewordene Wahrheit, ist Erlebnis im evidenten Urteil. Reflectieren wir auf diesen Act, so wird statt jenes Gegenstândlichen die Wahrheit selbst zum Gegenstande, und nun istsiein gegenstandlicher Weise gegeben. Wir erfassen hiebei — in ideirender Abstraction, — die Wahrheit aïs das idéale Correlal des fliichtigen subjectiven Erkenntuisactes, als die Eine, gegeniiber der unbeschrànkten Mannigfaltigkeit môglicher Erkenntnisacle und erkennender Individuen » (p. 229-230).

1. « ... umspannt die reine Logik in allgemeinster Weise die idealen Bedingungen der Môglichkeit von Wissenschaft ûberhaupt » (p. 254--255).

2. « Daraus i>t zu entnehmen, dass es auch im Gebiete des empi rischen Denkens, in der Sphâre der Wahrscheinlichkeiten idéale Elemente und Gesetze geben muss, in denen die Môglichkeit der empirischen Wissenschaft, der Wahrscheinlichkeitserkenntnis von Realem, iiberhaupt a priori grundet » (p. 256-257).

cette manière, rigoureusement logique, croit-il, qu'on peut arriver à une philosophie strictement scientifique et par suite vraiment morale et religieuse.

7. Ainsi, Cohen et surtout Husserl veulent perfectionner la méthode de conciliation de Kant par la subordination du sensible à l'intelligible. Nous allons maintenant voir comment Riehl et surtout Jérusalem veulent perfectionner la méthode de conciliation de Kant par la subordination de l'inlelligible au sensible.

Le but de Riehl paraît être de montrer que la science ne conduit pas directement, mais par la Morale, c'est-àdire symboliquement, à l'idée de l'Etre suprême. Car il nous dit : « Le grand problème de la philosophie depuis Kant est celui de la réalité da monde extérieur: Gomment peut-on, ou dans quel sens faut-il penser le réel ? Or, il faut donner à cette question une réponse telle qu'elle soit le chemin ou lïnvitation même d'abord à la moralité et puis à l'idée de Dieu' ». Mais comment la philosophie

1. « Seit Kant den Dogmatismus zerbrach, ist die Fragenach der Realitàt der Aussenwelt das wichtigste, ja das eigentliche Grund-

problem der Philosophie Die Beantwortung der Frage : « Wie

das Reale zu denken sei? » ist nicht blos von hôchster, theoretischer Bedeutung, als Befriedigung des Wissenstriebes, sondern iiberdies von den wichtigsten praktischen Folgen... » (Riehl, Realistische Grundzûge, Graz, 1870, Vorwort).

« Es istein wahres Wort : die Wissenschaft fùhrt zu Gott... Von Gottkônnen wir blos nach Analogie sagen er sei persônlich, also er sei gleichsam persônlich... Die Moral kann nicht das Kind des Dogma sein, denn sie ^elber bat es erzeugt. Das Dogma ist mithin der Erkenntnisgrund der Moral, nicht ibr Realgrund... Die Wissenschaft ist iiberall Vorlàuferin der Praxis » {Moral und Dogma, Wien, 1871, p. 32, 40, 4b).

doit-elle concevoir la science pour que celle-ci conduise vraiment à la Morale? Qu'est-ce que la connaissance? Sous quelles conditions (hypothèses) la connaissance a-t-elle une signification vraiment scientifique, c'est-àdire réelle ou objective? Voilà le problème. Or, pour avoir une réponse satisfaisante à cette question, dit Riehl, il importe au plus haut degré de la bien préciser. Kant s'était demandé : Gomment des jugements synthétiques a priori sont-ils possibles? Si la réponse qu'il en donne est insuffisante, cela tient à la manière même dont il se pose le problème. Il part d'un dualisme dans lequel le rapport des termes est mal précisé*. Notre philosophie est un monis)7ie philosophique ^ Et si notre étude se divise en deux parties: l'une qui s'occupe des fondemenis sensibles et l'autre des fondements logiques de l'expérience, — nous avons en vue toujours la même expérience bien qu'elle ait deux aspects (expérience externe et expérience interne). C'est-à-dire que notre philosophie a une base éminemment réaliste ^ Ainsi, la première condition de la

1. Der philosophische Kriticismus , t. II, I. Theil, Leipzig, 1879, p. 4, 17, 18.

2. Zur Einfûhrung in die Philosophie der Gegenwart, Leipzig, 1904, II. Anfl., p. 175.

3. Es gibt nicht zwei Erfahrungen, sondern nur Eiiie Erfahrung

mit zwei von einander unabhàiigigen Richtungen oder Seiten

rauss sich bemerkeii,dass die berûhmte Frage : wiesind synthetische Urteile a priori môglich, etwas veraltet erscheine... Kants Denkrichtung wurde von zwei entgegenwirkenden Impulsen beh- rrscht, dem Ralionalisraus... und den empirischen Neigungen... Und wenn ihn diess Doppelrichtung ein^rseits vorzûglicb befâhii^te, den rationellen Eleraenten der Erfabrung und den idealen Zielen des Bewusstseins gerecht zu werden, so hinderte sie ihn vielleicht andererseits die realen Bestandteile der Erkenntnis in gleicher

possibilité de la connaissance pour nous, dit Riehl, est la sensation^ car ce qu'on appelle objet, c'est-à-dire ce qui, selon nous, doit constituer le point de départ dans l'étude de la science, n'est autre chose que le groupe constant de certaines sensations. Mais qu'est-ce que la sensation? Tout dépend de la précision donnée à ce terme. C'est son imprécision même qui est la source de l'insuffisance de la solution de Kant. La sensation pour Kant est quelque chose de simple, une donnée. Elle est l'atTection de notre sensibilité, qui est absolument réceptive, par quelque chose qui se trouve comme réel en dehors de nous. C'est-à-dire que la sensation pour Kant est en dernière analyse de nature subjective. Nous croyons que la sensation n'est pas quelque chose de donné, quelle n'est pas simple, qu'elle n'est pas purement subjective, mais qu'elle est complexe, qu'elle implique à la fois le jugement de la conscience et l'impression venue du dehors. Quand on regarde la sensation comme quelque chose de simple, on se réfère seulement à l'un de ses côtés. Or, la sensation a deux côtés : l'un subjectif qu'on pourrait appeler le sentiment de la sensation, et l'autre objectif qu'on pourrait appeler la qualité de la sensation.

De sorte que la meilleure définition à donner de la sensation, c'est de dire qu'elle est l'union même du sub-

Weise zu wiirdigen... Ich gehe in den folgenden Untersuchungen von der realistischen Hypottiese aus. Icli nehme an, dass Etwas vom Bewusstseia Verschiedenes und Unabhàngiges existiere, unter welcher Annahme, wie gezeigt worden ist, da* ganze Problem der Erkenninistlieorie erst seine eigentliche Bedeutung und TragweitH erhâlt. [Der philosophische Kriticismus, vol. II, l""* partie, 1879, p. 4, 17, 18.)

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jectif et de l'objectif, c'est-à-dire qu'elle est l'unité de la qualité et du sentiment. Ainsi, la sensation est ce qui est relatif à la fois au subjectif et à l'objectif*.

Le point de départ de la connaissance est donc la sensation conçue comme interaction du subjectif et de l'objectif ou de la pensée et de la réalité. Mais s'il en est ainsi, ce qu'on appelle objet et lois naturelles d'une part, et ce qu'on appelle science et lois de la pensée d'autre part, ne sont que les deux faces d'une seule et même chose; il n'y ,a pas de contradiction entre la science et l'expérience ; la science est l'expérience en tant qu'expliquée conformément à ce que nous venons de dire sur le rapport du subjectif et de l'objectif*.

Par conséquent, la véritable science pour Riehl est le processus dans lequel la pensée et l'être ou le subjectif et l'objectif forment un tout. Quant à ce processus, il n'est autre chose que l'histoire même de la sensation.

C'est donc en concevant la science définie par la subordination de l'intelligible au sensible, qu'on peut, croit

1. « Ein Ding ist eine constante Gruppe von Erapfindungen » (p. 202). « Die Empfindung besteht demnach in der Wechselwirkung objectiver und subjectiver Elemente, sie ist die Einheit von Qualitiit und Gefûhl... Der Keim des Selbst-und Objectbewusstseins ist die Einheit von Gefiihl und qualitativera Inhalt in der Empfinduiig. Durch die Apperception der Gefiihle entsteht das Subjecf, durch die der Empfiiidangen nach ihrer qualitativen Seite das Object der Vorstellung » (p. 38, 66).

2. Es besteht iwischen Wissenschaft und gewôhnlicher Erfahrung kein Gegensatz. Die Wissenschaft ist die Erfalirung seibst, insofenie ihre Elemente systematisch verbunden und wo raojilich nach Maas und Zabi bestimmt sind. Demnach ist die Wissenschaft die exacte Erfahrung » (p. 219).

Riehl, arriver à la Moraie et, par suite, à lidée symbolique de Dieu.

8. La manière dont Jérusalem pose le problème de la connaissance rappelle celle de Riehl, mais elle fait surtout penser, par contraste, à Husserl, caria conception de Jérusalem est juste l'inverse de la conception de ce dernier, bien qu'historiquement elle ait été formulée antérieurement. C'est-à-dire que Jérusalem cherche à compléter Kant par une accentuation, jusqu'au psychologisme, du réalisme de Riehl. Il cite lui-même Riehl comme son précurseur*.

A rencontre de ce qu'on fait d'habitude en philosophie, Jérusalem ne dissimule point la nature métaphysique de ses préoccupations. Il est grand temps, dit-il, d'entreprendre une réaction à la fois contre I' « indifférentisme » et contre le mysticisme". Aussi se propose-t-il : \° de montrer que l'objet de la Métaphysique ne doit pas être celui d'une science proprement dite, mais celui d'une croyance, à savoir d'une croyance qu'on doit et qu'on peut fonder tout comme on fonde l'hypothèse dans la Physique ' ;

i. Jérusalem, Der kritische Idealismus und die reine Logik, Vfien und Leipzig, Braumûller, 1903, p. 214 et suiv.

2. «Es ist hôchste Zeit dass dern Indifferentismus einerseits, dem Mysticismus andererseits entgegengewirkt werde ». (Jérusalem, Die Vrteilsfunktion, Wien und Leipzig, 1893, p. 230.)

3. « Die Metaphysik... muss eine, ich môchte sagen, ehrliche Metaphysik sein, die nicht fur Wissen ausgibt, was immer nur Gegenstand des Glaubens sein kann. Dieser Glaube kann aber ebenso wissenschaftlich begrûndet werden, wieetwa eine Hypothèse in der Physik. » {Der kritische Idealismus und die reine Logik, p. 223.)

2° d'arriver à une conception du monde qui consiste à faire de celui-ci la manifestation de la volonté de Dieu soumise pour l'éternité à ses propres commandements (lois du monde)*. — Certes, il commence par se poser en logicien le problème du jugement, mais il ne cesse pas de répéter que la solution de ce problème est si fondamentale que toute notre conception du monde en dépend ^ Ainsi, le but dernier de Jérusalem est manifestement un but métaphysique. De quelle manière modifîe-t-il le dualisme de Kant dans la poursuite de la réalisation de ce but? La plupart des successeurs de Kant, dit Jérusalem, partent du devoir [Sollen] et arrivent à la conclusion que le devoir ne peut s'expliquer qu'en admettant un Au-Delà. Cependant, si on l'examine de près, le devoir s'explique par la Sociologie. Or, il en est tout autrement de Vêtre [SeAiV). — Mais pour pouvoir remplacer le devoir par

1. « Wir miissen die Welt auffassen als Kraftâusserung eiues machligen Willens... Dieser màchtige gottliclie Wille darf jedoch nicht anders gedacht werden, als im Siune des Psalmisten, der von ihm sagt : « Das Gesetz hat er gegeben; er selbst uberschreitet es nicht ». Was dieser gôttliche Wille einmal gewollt hat, das fàhrt er in Ewiglceit fort zu wollen. » [Die Vrteihfunktion, p. 263.)

2. « Wir werden zu untersuclien haben, was wir tun, wenn wir ein Urteil fur wahr oder fur falsch halten... Am Schlusse des ersten Abschnittes haben wir die Behauptung aufgestellt, dass von der richtigen Beantwortung der Frage, was wir tun, wenn wir urteilen,

unsere ganze theoretische Weltanschauung abhànge Fasst man

endlich die Gesaramtheitdesphysischen sowohl als des psychischen Geschehens als Ausfluss eines gôttlichen Willens, der die von ihm selbst gegebenen Gesetze nicht uberschreitet, daun ist eine harmouisch abgeschlossene Weltanschauung gefunden... Die grundlegenden Gedanken dieser Weltanschauung siiid in unserer Urteilslheorie enthalten. » {Die Urteilsfunktion, p. 3, 248, 266-267.)

3. « Es ist ein Postulat, nicht wie Kant meinte, der praktischen,

l'être, dans le domaine de la Métaphysique, il faut apporter une modification psychologique au dualisme gnoséologique de Kant. Bailleurs, dit Jérusalem, c'est là une modification à laquelle Kant lui-même nous invite. Certes, Kant dit que Vunité synthétique d' apeixeption ^ dont il faisait le centre de sa Critique, est plus qu'un élément psychologique. Cependant, je soutiens que sa théorie de la connaissance repose en réalité sur une nouvelle conception psychologique. Cette conception se trouve dans la Déduction des concepts purs de l'entendement et consiste dans le fait que la forme et l'objectivité de notre connaissance ne sauraient être compréhensibles qu'en considérant notre moi (Ichbewusstsein). Par là je ne veux nullement dire que Kant a été psychologiste. Je veux seulement dire que c'est d'un fait psychologique qu'il est parti, et que c'est de là qu'il faut partir pour continuer véritablement son œuvre, c'est-à-dire pour résoudre le plus légitimement possible le problème de la connaissance. C'est pourquoi je remplace Vaperception transcendantale de Kant par ce que j'appelle Vaperception fondamentale. Cette dernière n'est pas une possession originaire, mais la manière même dont nous nous expliquons ce qui nous entoure,

sondern der theoretischen Vernunft... {Urteilsfiinktian, p. 263.) Sittlichkeit und Religion finden in einer ausgebildeten Individualund Sozialpsycliologie ilire ausreichende Erklàrung... Ein transcendent'-s Sollen... in unserer Natur nicht begrundet ist und... unser Bedtirfnis nacli Einlieit und Absctiluss nicht befriedigt. Dagegen veriangt die theoretische Vernunft ein transcendentes Sein und ein transcendentes Geschehen, in dem wir den zureicheuden Grund fiir das in der ErfaUrung Gegebene finden Icônnen.» [Der krilische Idealismus, p. 221-222.)

manière qui se développe avec l'expérience ; c'est donc la nature ou la propriété même de notre conscience de centraliser ou d'assimiler ce qui l'entoure*. Ainsi, que faisons-nous lorsque nous déclarons un jugement vrai? Yoilà le problème qu'il s'agit de résoudre pour avoir des réponses satisfaisantes à des questions métaphysiques*.

1. « In der Inauguralschrift vom Jahre 1770, betont Kant zunâclist, dass die Sinne das Rezeptive, das Empfangende, — derVerstand das tàtige, das formende Elément der Erkenntnis bilde. Aber erst elf Jahre spilter, ist seine kritische Erkenntnistheorie zur Reife gelangt : Synthèse zwischen Sensualismus und Rationalismus. » (Jérusalem, Kanfs Bedeutung fur die Gegenwart, Wien und Leipzig, 1904, p. 14-15.)

« Kant's Théorie der Erkenntnis will nicht Psychologie sein, sie tritt vieliuehr auf als transcendentale Logik. — Trotzdem, behauple ich... Der Kern seiner Erkenntnistheorie liège in eiuer neuen psychologischen Einsicht... An dièse psychologische Einsicht Kant's, glaube ich, muss angekniipft werden, wenn man die Erkenntnistheorie weiter bringen und sich nicht, wie dies jetzt leider wieder beliebt ist, immerwàhrend im Kreise drehen will. Die psychische Grundfunktion, die in allen Erkenntnisakten, d. h. in alleu Urteilen wirksam ist, nenne ich die fundamentale Apperzeption und setze sie an die Stelle der transcendentalen Apperzeption Kant's. Meine fundamentale Apperzpption ist nicht ein Urbesitz, nicht eine Urtal des Verstandes, sondern eine bei allen M'^nschen in gleicher Weise empirisch entwickelte Art, die Vorgànge der Umgebung zu deuten. Dièse beruht auf der zentralisierten Organisation unseres Bewusstseins. » {Der kritische Idealismus, p. 8, 10, 18-19.)

2. « Wenn es uns aiso gelingen solUe, den Nachweiszuerbringen, dass die Urteilsfunktion die Form ist, die sich notwendig nach psychologischen Gesetzen in jedem menschlichen Individuum entwickelt, und dass dièse Forra an ailes demBewusstseinGegebene, an jeden uns zugefiihrten Sloff herangebracht werden muss, damit dieser Stofi" zum wirklichen Bewusstseinsinhalt, zu unserem verfugbaren geistigen Eigentum werde, dann werden wir auch der Lôsung der letzten metaphysischen Fragen nàher geriickt sein. Die Begriffe GoLt und Seele diirften neues Licht erhalten. « {Urteilsfunktion, p. 34-33.)

Quand il s'agit du problème de la connaissance, dit Jérusalem, il faut bien distinguer entre la Critique et la simple Théorie de la connaissance. C'est celte distinction même qui constitue le chemin condui-^ant à la solution cherchée. La théorie suppose comme possible l'acquisition de la connaissance et s'occupe seulement des éléments et du processus de la connaissance, — tandis que la Critique va plus loin et se demande même si la connaissance est possible et jusqu'oiî elle est possible. En ne faisant pas cette distinction et en ne partant pas de la Théorie pour passer à 1a Critique, on donne bien des solutions extravagantes en ce qui concerne le problème de la connaissance.

C'est ainsi que des idéalistes comme Cornélius et surtout comme Heim sont allés jusqu'à soutenir le solipsisme *. Ils ne s'aperçoivent pas qu'avant de nous demander jusqu'oii nous pouvons juger, nous devons nous demander comment nous jugeons; qu'il faut faire d'abord la Théorie et puis la Critique de la connaissance ^ C'est encore à cause de la méconnaissance de ce fait capital que certains penseurs, comme les logicistes par exemple, vont jusqu'à soutenir que la logique n'a plus à faire aucun progrès, qu'elle est déjà depuis Aristote constituée une fois pour toutes, qu'il est inutile de parler encore d'une Théorie de la connaissance précédant la Critique de la connaissance '. Or, l'histoire de la philosophie est là pour nous montrer l'évolution de la logique. Par conséquent, le jugement doit être

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