‹ Le dualisme logiqueChapitre 28 sur 90 · Briefwechsel, III (XII), p. 234-2oo (21 septembre · texte numérisé non relu

Briefwechsel, III (XII), p. 234-2oo (21 septembre

THÈSE DE l'entendement SENSIBILI-INTELLIGIBLE 103

essentiel de la logique, et non pas la véritable forme de ce problème. De sorte qu'il serait arrivé, même sans l'inlluence de Hume, à la Critique de la raison pure. — Ainsi, quoi qu'il en soit de l'influence de Hume sur Kant, toujours est-il que la véritable solution exigée parle problème de la Dissertation « Veiller soigneusement à ce que les principes de la connaissance sensible ne franchissent pas leurs limites et n'aillent pas toucher aux choses intellectuelles » n'a pas été donnée par Kant parce que le problème a été altéré par lui dans les efforts qu'il a faits pour le résoudre, ou parce qu'il n'en a jamais vu clairement la véritable forme, et tout cela à cause de son oscillation entre le dualisme antidogmatique et le dogmatisme antidualiste. — Par conséquent, étant amené, par ses propres méditations ou par ses réflexions sur la doctrine de Hume, à croire qu'il y a une sorte d'accord naturel entre les Sens et la Raison dans l'acquisition de la science, Kant se propose, dans la Critique de la raison pure^ de montrer que le rôle de la logique en tant que science du rapport entre les Sens et la Raison est de nous apprendre comment les Sens se concilient avec la Raison dans l'acquisition de la connaissance. C'est-à-dire qu'à l'ancienne réduction sans opposition des termes du dualisme gnoséologique, Kant substitue une opposition conciliable. Qu'est-ce qui fait donc l'accord entre la sensibilité et la raison? Cet accord, répond Kanl, est dû à l'existence d'une troisième faculté, intermédiaire entre la sensibilité et la raison, faculté qui s'appelle entendement, unité synthétique d'aperception, aperception transcendantale , identité du moi primitiveiJient donnée. Or, comment l'enten-

dément réalise-t-il son but? Il le réalise par sa double fonction à la fois sensible et intelligible, fonction que nous dévoile la révolution copernicienne opérée dans le problème de la connaissance. En effet, de ce que l'espace et le temps, dans lesquels nous sont donnés les objets à connaître, sont des intuitions a priori, c'est-à-dire de simples formes de notre sensibilité, il résulte qae les objets, en tant que matière de notre connaissance par la sensibilité, ne sont autre chose qu'une pure diversité ou que de simples phénomènes. Ce qui veut dire que la sensibilité ne saurait nous fournir à elle seule les principes de la véritable science, et que, par conséquent, nous devons chercher encore ces principes dans cette autre de nos facultés de connaître qui est la raison. Mais la raison en tant que fournissant les principes exigés par la sensibilité n'est plus la rai'^on pure ; c'est l'entendement. Or, l'entendement ne saurait expliquer le rapport entre la sensibilité et la raison qu'en tant qu'il est conçu comme tenant, dans sa fonction, à la fois de la sensibilité et de la raison, bien que son origine soit avant tout rationnelle '.

Dans quelle mesure la conception de Kant sur cette troisième faculté est-elle légitime ? Que la conception de Kant sur l'entendement est insuffisante, c'est ce que prouvent en premier lieu les doctrines néo-kantiennes mêmes que nous venons d'analyser, car elles sont issues précisément de la nécessité de compléter Kant, surtout dans cette direction. Mais toute la question est de savoir en quoi consiste cette insuffisance.

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