‹ Le dualisme logiqueChapitre 31 sur 90 · Ibid., par. 124, p · texte numérisé non relu

Ibid., par. 124, p

extérieur à la matière brute, et même à l'animal, devient intérieur à l'homme*. Il y a dans l'homme deux tendances. Par la première, il cherche à se distinguer des autres, à se faire une figure originale, à prendre un genre qui le mette hors de pair, à s'imposer physiquement ou intellectuellement aux autres hommes. Son orgueil est satisfait quand il joue le rôle de potentat dans son cercle habituel, devant le public petit, ou grand, qu'il appelle son monde. Est-il né sur le trône, ce qui élargit un peu l'horizon, et rend ce besoin plus exigeant, il sent le désir de se faire adorer comme un Dieu, d'étonner l'univers par son indépendance absolue, même à l'égard de la raison, comme Caligula privant Rome pendant toute une saison de tous ses bateaux de commerce pour se promener à cheval sur le golfe de Naples. L'historien dit alors : « 11 est tout à fait fou^ ». Mais le philosophe reconnait la parenté de cette soi-disant folie avec le désir que porte tout homme en lui-même, et qui ne se satisfait à meilleur compte que parce qu'il s'est plus souvent heurté aux dispositions adverses des hommes et des choses. Par la seconde tendance, l'homme pense et tend à devenir impersonnel. Il met sa joie dans la science, dans l'art, dans le bien; tout ce qui nie l'individu et l'efface. Il s'y jette quelquefois avec fureur, comme l'ascète, quand il a senti trop vivement l'aiguillon du désir contraire et l'impossibilité d'y trouver une satisfaction fixe. Chez un être qui serait le produit de la nature et d'elle seule, une pareille

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