Par. 126, p
2, Le mot est de Duruy dans son Histoire romaine. — Cf. La Dissolution, p. 390.
révolte contre la nature serait absolument incompréhensible*. Mais le dualisme devient plus frappant si on considère l'homme non pas seulement en général, mais encore et surtout dans sa manifestation la plus haute, c'est-à-dire dans sa manière de penser. Un être pensant, en tant que tel, c'est-à-dire en tant qu'il ne retombe pas momentanément au rang de machine par l'instinct, l'habitude ou la suggestion, ne peut agir qu'en se représentant d'avance l'acte à faire, et en découvrant une raison d'accomplir cet acte, c'est-à-dire de le préférer soit à l'abstention, soit à tous les autres actes qu'il peut imaginer et qu'il pourrait adopter à la place de celui-là, s'il jugeait qu'ilsen valussentla peine. Jenepuismelever, parler, marcher qu'avecl'intentiond'atteindreuncertain but, de réaliser une certaine fin déterminée, qu'elle soit scientifique, esthétique, sensible ou morale. Cette fin que je me propose etqui détermine ma conduite, ilpeutse faire que jel'atteigne ou bien que je la manque. Dans le premier cas, je me réjouis, d'avoir mis d'accord ce qui est et ce qui doit être, au moins à mon sens; dans le second, j'ai des regrets ou des remords, suivant la nature et la qualité de ce qui m'occupait. S'agit-il des autres, je prononce sur eux le même jugement, par la supposition naturelle qu'ils ont intérieurement des fins comme les miennes; s'ils ont réussi, je les félicite ou je les loue ; s'ils ont échoué, je les plains ou je les blâme. De toutes façons je distingue ce qui est de ce qui doit être'. » Par conséquent le dualisme