Ibid., p
dès que l'Esprit commence à faire des siennes, c'està-dire à exécuter quelque travail sans utilité apparente, la Bête fait tout ce qu'elle peut pour y mettre le holà, car ce travail intellectuel prolongé va user ses cellules cérébrales; son moyen d'y mettre le holà, c'est de faire jouer les réflexes de défense dont elle tient tous les fils. Le sentiment de ce conflit entre les intérêts de l'esprit et ceux de la bête est précisément le sentiment de l'effort. Que faut-il faire pour que l'esprit soit victorieux? Si mon intérêt (spirituel) est assez puissant pour prendre mon attention au collet et lui mettre le nez sur mon travail, pour mépriser la fatigue et môme le sommeil, alors je parviendrai au but de ma tâche, et je serai récompensé de mon effort'. »
Par conséquent, la véritable science ne saurait surgir que du triomphe de la raison sur la sensibilité. — Mais ce qui, dans l'exemple de l'enfant, n'est peut-être que problématique, devient bien clair dans l'exemple des adultes, exemple qui est dans chacun de nous.
Quand nous nous attaquons à une question nouvelle, nous commençons par lui donner une solution tirée exclusivement de notre culture intellectuelle passée. En effet, supposons-nous devant un objet quelconque. Que faisons-nous pour savoir ce qu'est cet objet? Nous observons l'objet en question pour le voir manifester ses propriétés, mais afin que nous comparions ces propriétés avec nos anciennes connaissances. Soit un petit objet rond et de couleur jaunâtre qui ressemble à un caillou.