‹ Le dualisme logiqueChapitre 8 sur 90 · DÉBAT RATIONALISTE-INTUITIONNISTE · texte numérisé non relu

DÉBAT RATIONALISTE-INTUITIONNISTE

Ainsi, Wolff admet deux seuls principes de la connaissance, — le principe de contradiction et le principe de la raison suffisante, — et, encore, il dérive le second du premier. Or, il faut montrer : 1" qu'il y a plusieurs principes de la connaissance ; 2°que le principe de raisonne se déduit nullement du principe de contradiction. Il faut, en un mot, entreprendre une véritable réforme de la conception wolffienne sur la vérités Qu'est-ce donc que la vérité? C'est l'accord de la pensée avec les choses*. Or, s'il en est ainsi, le critérium de la vérité réside dans les choses ou, ce qui revient au même, dans l'effort pour comprendre les choses (dans la Denkbarkeit). C'est-à-dire que le critérium de la vérité consiste dans l'impossibilité de penser ce qui n'existe pas, et nullement, ainsi que le croient les wolffiens, dans la possibilité de penser ce qui est conçu comme vrai'.

Maintenant, il est vrai que ce principe (die Denkbarkeit) est régi par les trois principes suivants de la pensée : le principe de co?itradiction: JSihil potest simulesse et non esse secimdiim idem; le principe de VinséparabUité (Prin-

1. Cela fait penser à la discussion des intellectualistes et àespragmatistes de nos jours. Ce qui prouve que cette discussion est loin d'être aussi nouvelle qu'on serait porté à le croire à première vue. En tout cas, cette pensée sert ailmirablement à nous faire comprendre la propre position de Kant qui s'efforce de surmonter les difficultés tant du rationalisme de Wolff que de Tintuitionnisme de Crusius.

2. Crusius, De usu et limitibiis principii rationis determinantis, vulgo sufficientis, 1743, par. 27; Entivurf der nolwendigen Vernunftivahrheiten, 1743, par. 28; Weg zur Gewissheit und zuverldssigkeit der menschlichen Erkenninis, 1747, Vorrede, par. 51, 64, 118.

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