De usu rationis, par. 27 ; Weg zur Gewissheit, par
16 LA MÉTHODE KAXTIENXE OU DE COXCILIATION
ci\)mui i7iseparabiliu77i, der Salz des ?iicht zu Trennenden) : Qiise non separari possunt cogitatione, non separari possimt re ipsa; le priacipe de la noîi-con jonction (Piincipium inconjungibilium, der Satz des nicht zu Verbindenden) : Qu3B non conjungi possuiit cogitatione, non conjiingi possuiit re ipsaK — Cependant, ces principes ne peuvent pas à eux seuls expliquer entièrement la vérité et son critérium, car la vérité est l'accord de la pensée avec les choses^ De sorte qu'il nous faut encore nous demander : Que sont les choses, quel est leur principe? Or, en nous posant cette question, nous n'avons pas de peine à nous apercevoir que le principe des choses est le principe de raison ou de cause. Ainsi, le principe de raison, loin de dériver du principe de contradiction, est le fondement même de ce principe. D'ailleurs, admettre la thèse de AVolfî, c'est donner du principe de raison une explication bien insuffisante. En effet, qu'est-ce que le principe de raison selon l'école leibnizo-wolffienne? Leibniz a défini ce principe de la manière suivante : aucun fait ne saurait se trouver vrai ou existant, aucune énonciation véritable sans qu'il y ait une raison suffisante pour qu'il en soit ainsi et non pas autrement'. WolfT lui donne un sens un peu plus large, il est vrai, mais par là même plus imprécis. Selon lui, nulle chose n'est sans une raison suffisante pour laquelle
1. Crusius, De usu rationis, par. 1. Leibniz, Théodicée, par. 44; Monadologie, par. 31.
2. Crusius, De usu rationis, par. 1. Wolff, Philosophla vrima sive Ontologia, par. 70.
3. Crusius, De usu rationis, par. 1. Leibniz, Théodicée, par. 44; Monadolo'jie, par. 31.
DÉBAT RATIONALISTE-IXTUITIOXXISTE 17
elle est plutôt que de ne pas être : Nihil est sine ratione sufficiente, ciir potius sit, quam non sit, hoc est, si aliquid esse poiiitiir, ponendam etiam est aliquid unde intelligitur CUV idem potius sit quam non sit '. Or, le principe de la raison suffisante ainsi conçu est inacceptable. Car : 1° Il est improprement nommé principe de raison suffisante. îl faut plutôt l'appeler principe de raison déterminante, ca!- le mot « suffisant » est imprécis, il ne nous dit pas au juste jusqu'à quel point la raison est suffisante, mais tout court qu'elle est « suffisante » ; tandis que le mot « déterminer » a un sens précis, il signifie affirmer de telle sorte que tout opposé soit exclu-. — 2° Il introduit la nécessité absolue dans le monde, c'esl-à-dire qu'il fait revivre le fatalisme et qu'il supprime la liberté [\q. responsabilité, la moralité] \ — 3° Enfin, il n'est pas démontrable *. Mais, s'il en est ainsi, par quoi le principe de raison nous est-il garanti ? Il nous est garanti par son évidence même ou par la véracité divine. En d'autres termes, Crusius dit que pour arriver à la vérité il faut, en dehors des principes formels de la logique wolffienne, admettre encore: 1° certains principes matériels ; 2** une sorte d'assentiment de notre part quant à la légitimité de ces derniers principes, assentiment qui est infaillible par le simple motif qu'il nous est garanti par la véracité divine. C'est-à-dire que Crusius remplace le formalisme logique de WolfT par une sorte
1. Crusius, De usu rationis, par. 1. Wolff, Philosophia prima siie Ontologia, par. 70.