‹ Le duc d'Angoulême, 1775-1844Chapitre 10 sur 35 · SS LE DUC I» ANGOULEME · texte numérisé non relu

SS LE DUC I» ANGOULEME

retour à l'armée sera très prompt, nous ne devons rester que cinq <>u six jours ici ei nous ue perdrons pas de temps en chemin pour revenir. Je fais bien des vœux pour qu'on ne tire pas de coups de fusil pendanl uotre absence, mais que cette campagne qu'on peul bien regarder comme l,i dernière soit active; je le désire vivement pour un >ii instructioD ei pour mon frère, car je suis bien persuadé qu'il faul que les Bourbons se montrent el beaucoup, ei que hors de France ils ne doivent se regarder que comme des aventuriers distingués ei commencer par gagner l'estime des Français avanl de chercher à gagner leur amour par

des politesses1 »

Le même jour, le duc d'Angoulême traduisait ainsi ses sentiments au prince de Comté :

« Blaakcnbourg, 27 avril 1797.

• Monsieur mon Cousin,

J'attendais depuis longtemps avec une bien vive impatience le moment où il me serait permis de me réunir à nu m frère sous vos ordres. Cet

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heureux moment est donc enfin arrivé, nous ne perdrons pas un instant pour nous rendre auprès de vous. J'espère que vous voudrez bien m'accorder vos bontés et votre amitié. Je vous les demande avec confiance et ne négligerai rien pour m'en rendre digne.

« J'envie à mon frère le bonheur qu'il a eu d'être à l'armée depuis trois ans, pendant que j'étais dans une inactivité cruelle. Les circonstances qui en ont ainsi ordonné me peinaient vivement.

« Agréez l'hommage du zèle d'un volontaire et l'assurance de la haute considération, de l'entière confiance et de tous les sentiments avec lesquels je serai pour la vie,

« Monsieur mon Cousin,

« Votre très affectionné cousin,

« Louis-Antoine.

« Soyez assez bon pour être l'interprète de mes sentiments auprès du duc d'Enghien1. »

Mais les événements vinrent modifier ces plans. La situation de l'Autriche devint de plus en plus

1 Archives nationales. AB XIX, 123t.

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précaire, au cours du mois d'avril. Le génie de Bonaparte se révélail déjà dans toute son ampleur, et portant partout ses armes victorieuses, il avait soumis L'Italie, était passé en Autriche et enlevait les places de Villach, klagenfurt, Trieste, Laybach. Il inflige à Neumark, le Ie'' avril, une dé- Faite sanglante aux Autrichiens et, quelques jours après, il occupe les hauteurs du Semering il menace Vienne. Là, rémotion était à son comble, et le gouvernement autrichien, terrorisé, -!• rendant compte de l'inutilité de toute résistance, signe avec Bonaparte, le 18 avril, les préliminaires de Leoben. *

En Allemagne, le succès de nos drapeaux n ; t \ -ut pas été moindre. Hoche et Desaix, se signalant par de brillants combats, se dirigeaient sur la Forêt-Noire; mais ils cessèrent les hostilités en apprenant l'armistice.

Dan- de telles conditions, il ne pouvait plus être questiou du départ du duc d'Angoulème pour l'armée <!«' Condé. Louis XYII1 s'y opposait d'ailleurs, préféranl garder le Prince.

I m' nouvelle déception l'attendait donc. 11 la ressentit cruellement. A l'heure même où, après une si longue attente, il se voyait sur le point de sortir enfin de son inaction, il y était de nouveau condamné! Cette pensée le désespérait et il Lex-

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prime, le 9 mai 1797, dans une lettre datée de Blankenbourg au prince de Condé1 :

« Monsieur mon Cousin,

« C'est avec le plus vif regret que je vois partir le duc de Berry sans pouvoir aller avec lui, mais la paix étant signée, le Roi veut que je reste auprès de lui. Je regrette plus que jamais que des circonstances impérieuses m'aient retenu aussi longtemps en Angleterre et que je ne puisse pas apprendre mon métier sous vos ordres. Il me serait difficile de vous révéler à quel point j'en suis peiné, et combien je serais heureux si les événements me procuraient l'avantage de me rendre auprès de vous, ce qui peut encore arriver, comme mon frère vous le dira.

« Servez-moi, je vous prie, d'interprète auprès de mon cousin le duc d'Enghien et agréez l'assurance de la haute considération, de la confiance entière et de tous les sentiments avec lesquels je demeurerai pour la vie, « Monsieur mon Cousin,

« Votre affectionné cousin,

« Louis- Antoine.

« P. -S. — Mon frère vous remettra la lettre

1 Archives nationales, AB XIX, 123.

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que mon père m'avait chargé de vous remettre quand je l'ai quitté el qu'il croyail à la continuation «le la guerre. »

Des circonstances inattendues et d'une extrOmc gravité vinrent changer encore l'existence déjà si mouvementée du duc d'Angoulême, dont lajeunesse semblait vouée à une suite de voyages d'exil.

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