‹ Le duc d'Enghien, 1772-1804Chapitre 25 sur 69 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

La chaise de poste vient d'atteindre la barrière de la Villette. Elle suit les boulevards extérieurs, gagne la rue de Sèvres et va droit rue du Bac, à l'hôtel du ministre des relations extérieures. Il n'y a pas lieu de s'en étonner, car la translation du prince chez Talleyrand était la suite naturelle de l'envoi des rapports d'Ordener et de Caulaincourt ' . Au moment où le duc d'Enghien s'apprête à descendre de la chaise, on le prie d'attendre un instant. Une voiture sort de l'hôtel et s'éloigne aussitôt. Elle contient M. de Talleyrand, qui ne veut à aucun prix avoir une entrevue avec le prince. Le ministre se rend en toute hâte chez le conseiller d'État Real, puis chez le gouverneur de Paris, le général Murât. Une demi-heure après, le postillon qui conduisait la chaise de poste reçoit l'ordre de se diriger sur Vincennes^. On part et l'on arrive le jour même au château, à cinq heures et demie.

Dès le 17 mars, Real avait, sur l'ordre du premier Consul, demandé à Harel, commandant de Vincennes, quelles personnes habitaient le château et quels étaient les logements vacants. Ainsi le lieu de détention était choisi trois jours avant l'arrivée du prince.

Dans la journée du 20 mars, le général Murât reçut de Real,

' Le courrier, porteur de ce rapport, était parti de Strasbourg dans l'aprèsmidi du 18, et avait dû arriver au ministère des relations extérieures le 20, dans la matinée.

^ Voir Nougarède de Fayet, t. l^'y p. 300.

chargé de la 5* division (police secrète), un ordre que nous reproduisons d'après la minute même. Il importe de bien remarquer l'heure et la date qui coïncident avec le de'part de la chaise de poste pour Vincennes.

« 29 ventôse, à quatre heures du soir. « Au général en chef Murât, gouverneur de Paris.

« Général,

« D'après les ordres du premier Consul, le duc d'Enghien doit être conduit au château de Vincennes, où les dispositions sont faites pour le recevoir. Il arrivera probablement cette nuit à destination. Je vous prie de faire les dispositions qu'exige la sûreté de ce détenu, tant à Vincennes que sur la route de Meaux par laquelle il vient. Le premier Consul a ordonné que le nom de ce détenu et tout ce qui lui serait relatif fût tenu très-secret. En conséquence, l'officier chargé de sa garde ne doit le faire connaître à qui que ce soit. Il voyage sous le nom de Plessis. Je vous invite à donner de votre côté les instructions nécessaires pour que les intentions du premier Consul soient remplies ^ » Sur la minute le rédacteur avait rayé une phrase placée après les mots « il vient » . Cette phrase était la suivante : « Mais il importe que personne ne puisse connaître le nom de ce détenu ; c'est l'intention du premier Consul. » Tout en rayant cette phrase qui est de premier jet, le rédacteur précisa davantage, à la fin de l'ordre, la surveillance secrète à étabhr autour de la personne du duc d'Enghien. Cette rédaction est de la main de Real. Or, il convient d'observer que l'ordre indique la venue du prisonnier par la route de Meaux. Est-il possible d'admettre que Real ignorait à ce moment même, — le 29 ventôse, à quatre heures, — l'arrivée du duc d'Enghien à Paris? Comment, lui si bien informé, lui maître d'une police adroite et active, il prétendrait faire croire à une telle ignorance de sa part?... Nous verrons tout à l'heure que cette ignorance a été voulue. Mais

' Archives nationales, F'' 6418.

ajoutons foi un instant à la sincérité de Real. La lettre adressée à Murât a été écrite, dit-on, à quatre heures à la Malmaison. Acceptons ce fait aussi. Même portée par un bon cavalier, il aurait fallu au moins trois quarts d'heure pour faire parvenir la lettre de la Malmaison à Paris. Et c'est à peine une demi-heure après l'entrevue avec Real, que la chaise de poste, entrée dans l'hôtel de Talleyrand, reçoit l'ordre de repartir pour Vincennes. La présence de Real à la Malmaison à quatre heures est donc une pure invention. Il ressort des faits précis que Talleyrand s'est fait rapidement conduire de la rue du Bac au quaiMalaquais,où se trouvait Real. Là, d'accord avec le chef de la police et conformément aux instructions du premier Consul, ils ont décidé le transfert immédiat à Vincennes. Talleyrand a pu d'autant mieux engager Real à rédiger cet ordre que, le matin même de cette journée, il avait été à la Malmaison s'entretenir avec le premier Consul et que, la veille, il écrivait à notre ambassadeur à Vienne de repousser « avec moquerie^) les arguments qu'on voudrait tirer du droit des gens violé par l'attentat d'Ettenheim. L'ordre de la 5* division (police secrète) , écrit quai Malaquais, a été aussitôt transmis par Talleyrand à Murât, déjà averti la veille par Bonaparte que le duc d'Enghien arriverait le lendemain à Vincennes. Vers six heures du soir, Savary, qui apportait à Murât de nouvelles instructions confidentielles, se croisa sous la porte cochère du gouverneur avec Talleyrand. Le ministre qui sortait eut de la peine à cacher son dépit. Il eût certainement mieux valu pour sa mémoire qu'il vît le duc d'Enghien avant de voir Real et Murât. Si l'on se rappelle qu'elle était son influence sur le premier Consul, il y a lieu de s'étonner qu'il n'ait pas saisi l'occasion providentielle qui s'offrait à lui de s'entretenir avec le prince. Un quart d'heure aurait suffi pour apprendre la vérité et peut-être pour sauver la vie d'un homme injustement accusé. Cet entretien, qui ne demandait qu'un peu de courage, eût mieux défendu l'honneur du ministre des relations extérieures que la fable grotesque du courrier envoyé secrètement par lui au prince et qui s'est cassé la jambe à Saverne!

En examinant de près cette affaire si embrouillée, on se con-

300 LE DUC D'Eîs^GHIEN.

vainc absolument que la lettre de Réal n'a pas pu être écrite à la Malmaison, comme paraît l'indiquer la correspondance de Napoléon. En effet, Nougarède de Fayet, qui a eu en main la plupart des pièces du procès, déclare que Réal était ce jour même à son bureau, 19, quai Malaquais, et qu'un gendarme vint à quatre heures précises le prévenir que le prisonnier était arrivé. C'est donc à Paris que Réal a écrit l'ordre, daté du 29 ventôse et de quatre heures du soir. Si ce fait a eu lieu à Paris, c'est d'accord avec Talleyrand que les choses se sont ainsi passées. Tout nous porte à croire qu'en voyant arriver le duc d'Enghien, le ministre a été effrayé de ce qui pouvait se produire entre le prince et lui. Redoutant la colère du premier Consul s'il parlait au duc d'Enghien, et voulant, d'autre part. montrer du zèle, lui qui le déconseillait tant aux autres, il s'est précipité chez le chef de la police et il a, d'accord avec lui, lancé l'ordre fatal. On a voulu soutenir, — par un luxe de précautions incompréhensible, — que Réal, en recevant l'avis du gendarme installé par lui à Pantin, dernier relais de la route de Strasbourg à Paris, avait cru à l'arrivée d'un complice de Pichegru. Dans le désir de diminuer la responsabilité de Réal, on est allé jusqu'à affirmer qu'il avait répondu : « Eh bien, avertissez Desmarets. » Si cela est vrai, comment explique-t-on l'ordre que nous avons lu et copié aux Archives nationales, c'est- à-dire la minute même de Réal, bâtonnée, corrigée, raturée, portant en tête ces mots : « 5° division, police secrète » , et datée du même jour et de la même heure ?

Reconstituons patiemment les pièces de cette lamentable affaire. Talleyrand est allé chez Réal entre trois heures et demie et quatre heures. Ces deux politiques ont rédigé l'ordre en question. La phrase relative aux dispositions à prendre, tant à Vincennes que» sur la route de Meaux, par laquelle le détenu vient» , est une phrase trop habile. Le ministre des relations extérieures a voulu se créer un alibi. Mais il n'est pas d'alibi pour l'histoire, et son regard scrutateur a le devoir de chercher les responsabilités. Ce n'est pas pour le plaisir de satisfaire des passions personnelles qu'elle agit ainsi. Elle ne tient à démontrer la réalité

des faits que dans l'intérêt de tous et avec la volonté formelle de flétrir de pareils attentats.

Mais l'ordre envoyé à Murât ne suffit point. Real et Talleyrand en préparent un second pour le commandant de Vincennes, Harel. Le voici tel que nous l'avons copié aux Archives nationales. Il est de la même écriture que le précédent.

V°" DIVISION. — Police secrète.

« 29 ventôse an XII, 4 heures 1/2.

« Au citoyen Harel, commandant du château de Vincennes .

« Un individu dont le nom ne doit pas être connu, citoyen commandant, doit être conduit dans le château dont le commandement vous est confié. Vous le placerez dans l'endroit qui est vacant', en prenant les précautions convenables pour sa sûreté. L'intention du gouvernement est que tout ce qui lui sera relatif soit tenu très-secret et qu'il ne lui soit fait aucune question sur ce qu'il est, et sur les motifs de sa détention. Vousmême devrez ignorer qui il est. Vous seul devrez communiquer avec lui, et vous ne le laisserez voir à qui que ce soit jusqu'à nouvel ordre de ma part. Il est probable qu'il arrivera cette nuit. Le premier Consul compte, citoyen commandant, sur votre discrétion et votre exactitude à remplir ces différentes dispositions ^. »

Ces instructions minutieuses et sévères une fois données, le prince a été dirigé sur Vincennes, où il est arrivé à cinq heures et demie du soir. C'est ce qu'on appelait : « cette nuit. »

Depuis le 12 mars, c'est-à-dire deux jours après le conseil qui avait décidé l'enlèvement, le premier Consul s'était retiré à la

* Un logement dans le pavillon du Roi.

2 La minute de l'ordre porte ces mots qui ont été raturés : « Sa détention devra être secrète, et son nom devra être secret. Le nom de ce détenu devra être secret, et vous ne devrez point en conséquence vous en informer, et vous prendrez les précautions nécessaires pour que personne ne puisse le faire... » Ces ratures pré-

Malmaison. Il avait fait prévenir Real qu'il comptait v demeurer plusieurs jours. Le soir même de son arrivée, il lui envoyait son aide de camp Gaffarelli et l'invitait à se rendre auprès de lui, mettant une chaise de poste à sa disposition. Il est clair que le premier Consul s'était installé à la campagne pour préparer à son aise les divers éléments du drame qui allait se jouer et se mettre à l'abri de toute sollicitation importune'.

Le soir du 15 mars, il fut avisé du commencement de l'expédition opérée sur Ettenheim et Offenbourg. Il écrivit aussitôt à Real une lettre où il lui transmettait le rapport de l'envové de Méhée à l'agent anglais Drake et la liste des individus arrêtés à Strasbourg. Il ordonnait l'arrestation du curé de Saint- Laurent, et il ajoutait : « Écrivez au général Caulaincourt que j'ai reçu sa lettre ; que si l'on capturait soit le duc d'Enghien, soit Dumouriez, il les expédie dans deux voitures différentes sous bonne et sûre garde, et les dirige sur Paris^. Faites appeler dans la journée de demain le commandant de Vincennes. Demandez-lui des renseignements sur les individus qui demeurent à Vincennes, sur la situation de ce château et sur l'endroit où l'on pourrait mettre des prisonniers'. »

cipitées montrent que l'ordre a été écrit, comme le précédent, en toute hâte, àl'arrivée du prince, et non pas, comme on l'a dit, écrit à l'avance dans la matinée. — Archives nationales, F^ 6418. — Cette pièce ne porte pas plus que l'autre l'indication de la Malmaison, comme la correspondance de Napoléon tient à le faire croire.

1 Le même jour, il informait confidentiellement le général Soult qu'il avait l'espoir de prendre Dumouriez sur la frontière, et il l'engapjeait à surveiller des conspirateurs assassins qu'il croyait être à Boulogne. Le lendemain, il apprenait aux généraux Marmont et Davoust le complot de Dumouriez. Le 13 mars, il recommandait au Pape son frère Lucien Bonaparte, qui allait faire un voyage d'agrément à Rome. Le 14, il donnait des instructions au général Brune, ambassadeur de France à Constantinople, et l'entretenait vaguement d'une conspiration dirigée contre sa personne.

^ Ceci est une nouvelle preuve de la connaissance qu'avait Gaulaincourt des mesures prises contre le duc d'Enghien.

' Les hommes à qui l'on confiait le sort du duc d'Enghien étaient bien choisis. Harel était un ancien jacobin, afHdé à la police et s'étant signalé par la dénonciation du complot d'Aréna. Le président de la commission militaire sera Hulio,. l'ancien vainqueur de la Bastille, connu par ses opinions exaltées. N'oublions pas aussi que Real, le futur comte Real, est un ancien révolutionnaire, membre de la commune de Paris.

Le commissaire de police Popp avait informé Real le 15 mars qu'il avait arrêté à Strasbourg madame de Klinglin d'Essert, le sieur Toulouse-Lautrec, le sieur et les demoiselles d'Agrain et l'ex-représentant Chambé, De leur côté, Ordener et Gaulaincourt envoyèrent le même jour leurs rapports au ministre de la guerre. Ordener y joignit la lettre suivante :

« Strasbourg, le 2V ventôse an XII (15 mars 1804).

u J'ai l'honneur de vous adresser, mon général, le procèsverbal et les papiers qui ont été saisis chez le duc d'Enghien. A mesure que ceux des autres individus seront vérifiés, le général Gaulaincourt vous les fera passer. Quoique ma mission soit remplie, j'attendrai vos ordres pour mon retour à Paris. Je vous salue respectueusement.

« Ordener. »

Nous reproduisons cette lettre d'après Nougarède de Fayet, qui l'a empruntée aux Mémoires de Napoléon, tome V. Nous l'avons également trouvée dans ce tome, aux pièces justificatives. Nous l'admettons comme authentique, quelle que soit son origine, mais son adresse doit être modifiée. C'est au ministre de la guerre, qui a donné directement à Ordener des ordres le 9 mars, qu'elle a été envoyée, et non pas au premier Consul. Les formules officielles indiquent bien en effet que toute lettre au premier Consul devait porter ce titre : « Citoyen premier Consul », et non pas : « Mon général. » C'est donc au général Berthier que la lettre et les papiers ont été transmis. Mais alors comment concilier cet envoi des papiers du duc d'Enghien au ministre de la guerre le 15 mars, avec l'envoi d'autres papiers du duc le 18 mars à M. de Talleyrand, ainsi que le prétend Nougarède de Favet^? Le duc d'Enghien écrit le 17 mars dans son journal : « On vient de me faire signer le procès-verbal d'ouverture de mes papiers... Le soir, on me dit

' Nougarède, t. I*"^, p. 295.

2fôiW.,293.

que mes papiers sont partis par un courrier extraordinaire... » Les papiers ne seraient donc partis ni le 15 mars ni le 18 mars. D'après la déclaration formelle du prince, c'est le 1 7. Ce[)endant le général Ordener, par sa lettre du 15 mars, annonce l'envoi des premiers papiers du duc d'Enghien. Cela ne paraît pas contestable, à moins que la date de cette lettre ne soit fausse. Il se pourrait que, dans la précipitation des mesures prises et l'agitation causée par ces événements, le général ait mis quelque confusion dans sa lettre. Mais il est évident que le courrier extraordinaire expédié h M. de Talleyrand le 18 (suivant Nougarède de Fayet) apportait au ministre la lettre du baron d'Edelsheim, le rapport sur les arrestations de Strasbourg avec le rapport du capitaine Rosey, et non pas les papiers mêmes du duc d'Enghien*. En réalité, un envoi de papiers à l'adresse du premier Consul est parti le 18, car une lettre du commissaire Popp, transmise à Real le 19, contient ce passage, qui le prouve nettement : « Les papiers (du duc d'Engliien) que nous avons joints à notre procès-verbal ont été remis sur-le-champ au général Ordener et par lui adressés au premier Consul par un courrier extraordinaire parti hier à trois heures de l'après-midi^. » Ce courrier aurait dû arriver dans la soirée du 20 mars, si l'on calcule son temps sur celui qu'avait mis le courrier extraordinaire parti de Paris dans l'après-midi du 15 et rendu à Strasbourg dans la nuit du 17 au 18; mais d'après le temps mis par le premier courrier parti de Strasbourg pour Paris, il a dû parvenir à la Malmaison le 20 mars, vers les dix heures du matin, c'est-à-dire cinq à six heures avant le duc d'Enghien luimême. Toutefois, une lettre du premier Consul à Talley-

' D'après M. Boulay de la Meurthe, voici l'ordre réel des courriers :

Le l*' courrier arrive le 15 mars à la Malmaison, portant la nouvelle de l'expédition ;

Le 2^ courrier arrive le 17 avec les rapports;

Le 3° courrier arrive le 19 dans la matinée avec les papiers du duc d'En{»liien ;

Le 48 courrier arrive le 20, vers trois heures, avec une lettre de Caulaincourt, annonçant la venue du prince.

2 Alors la lettre d'Ordener, que cite Nougarède, devrait porter la date du 27 ventôse (18 mars), au lieu du 24 ventôse. Cette date du 24 est donnée par la pièce qui figure aux pièces justificatives du tome V des Mémoires de Napoléon.

rand, en date du 18 mars, parle des lettres du duc d'Enghien. Il faut donc distinguer dans les envois. Il y a eu un premier envoi contenant les papiers intimes du prince et les lettres de Louis XVIII, puis un second contenant les autres papiers. La déclaration même du duc et celle du commissaire de police Popp sont des preuves irrécusables de ce deuxième et important envoi. Si Talleyrand a reçu d'autres pièces par les soins de Cauiaincourt et d'Ordener, ce ne peut être qu'un supplément. Et Talleyrand n'a pu les avoir que le 20, jour de l'arrivée du prince à Paris.

Nou(jarède de Fayet dit que ces papiers, partis de Strasbourg le ] 8 mars, sont arrivés le même jour à Paris *. Cela est matériellement impossible, puisqu'il fallait à un courrier extraordinaire plus de quarante heures pour franchir la distance entre Strasbourg et la capitale. Nougarède s'est donc radicalement trompé sur les dates. S'il s'est trompé sur des dates, — chose considérable dans cette affaire! — il a également commis d'autres erreurs. C'est ainsi qu'il affirme que Talleyrand, en recevant ces papiers le 18, en fit faire le dépouillement et porta au premier Consul, avec une partie de ces papiers, la note du contenu des autres. Que devient alors l'attestation du commissaire de police Popp, relative au départ de ces papiers le 1 8 mars, à l'adresse même du premier Consul? Tout cela est bien enchevêtré... Tâchons d'y voir clair.

Les papiers dont il est question comprenaient les lettres du duc d'Enghien et celles de la princesse, les lettres de M. de Lanans, la note à sir Charles Stuart, la lettre du prince de Condé en date du 16 juin 1803, les rapports des généraux et le rapport du capitaine Rosey ^. D'après Nougarède de Fayet, M. de Talleyrand n'apporta au premier Consul le procès-verbal d'ouverture des papiers du prince que le lendemain de l'exécution, c'est-à-dire le 22 mars. Comme le duc avait écrit sur ce procès-verbal une note, attestée par sa propre déclaration, dont

« Voyez t. I", p. 293, et t. II, p. 9.

- Le rapport du capitaine lîosey concernait les menées du ministre anglais Drake à Munich.

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