‹ Le Duc d'Orléans et le chancelier DaguesseauChapitre 14 sur 54 · K T I. E C 11 A N C K M K R D A C II E SS E A U · texte numérisé non relu

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Alloint (riine maladie de langueur incurahle el ayant sa jeune feunnie enceinte, il voulut laisser tout son bien à son frère, pour le cas où son fils ne vivrait pas. Il fit venir à cet -effet M* Auzanet, un avocat d'un grand mérite, et dressa avec lui son testament. Il mourut presque aussilôl, sa femme en couches le suivit le même jour, et l'enfant ne vécut que pour recevoir le baptême. Ce père, cette mère et ce fils unique portés tous trois en terre dans le même convoi, rappellent au chancelier « les larmes de toute la France sur les pertes redoublées de la maison royale. »

Son père, devenu riche par celle catastrophe, trouva dans la succession qui l'enrichissait une charge de maître des requêtes; maisil auraitmieux aimé être conseiller au parlement de Paris. C'était ce qu'il appelait la pure et véritable magistrature. Rien ne lui paraissait plus heureux que de vivre dans l'indépendance de la cour, au milieu d'une compagnie qui faisait gloire de ne connaître que les règles de la justice, trouvait sa route toujours tracée par des lois immuables ou par des maximes qui ne sont pas sujettes aux variations du gouvernement ou du ministère. L'homme de bien n'y craignait point ces reproches secrets de la conscience dont il est souvent menacé dans les emplois, où il faut trouver ce tempérament si difficile, ce milieu

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si rare entre la soumission qui est due au prince et la fidélité qu'exige le devoir. Si le conseiller au parlement s'élevait moins haut qu'un petit nombre de ceux qui réussissaient au conseil, il n'était point en danger de tomber aussi bas que le plus grand nombre.

Mais la destinée de M. Henri Daguesseau devait ^entraîner bien loin de cette douce et libre magistrature dans des fonctions administratives importantes et diverses. Maître des requêtes, il ressemblait, a dit son fils, cette fois avec .une recherche que je n'entends ni déguiser ni absoudre, aux désirs du cœur humain qui aspirent à n'être plus ; il devint président du grand conseil et fut bientôt en rapport avec Colbert. J'ai déjà indiqué comment les relations de ces deux hommes avaient commencé^ et cette indication suffirait pour les faire honorer l'un et l'autre.

Mais le chancelier y a joint des traits et des réflexions qui font partie de l'histoire générale. Les intendants étaient tellement décriés au moment où Colbert jeta les yeux sur M. Henri Daguesseau, que celui-ci ne se souciait pas de le devenir. Mais, quand il eut vu Colbert et causé avec lui, il sortit de cette entrevue a content et plein de confiance, moins par les témoignages d'estime qu'il reçut du ministre que par les bonnes in tentions qu'il recon-

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nul en lui pour le soulagement des peuples, pour le rétablissement du eommerce et pour tout ce qui pouvait contribuer au bien public *. »

Les intendances de iM. Henri Daguesseau, résumées par son fils, sont des modèles d'administra-

* Il me semlilo iiilt'ress:iiit de coniijli'lor le portrait quo Diii^iicsseau a donné de (lolbcrl. il dit, purlant de lu conliaiite du niinisti-odans le jeune intendant du Limousin : « Cette âme si ferme et si inflexible dans ses senlimenls se rendait sans ix^iiie à ceux d'un jeune lionniic sans expérience, mais (jui ne lui présentait jamais que la r.iison et le bien publie. In tel intendant était lait pour un tel ministre. M. Colbert (c'est d'après mon père que je le dis) joignait à un esprit droit, capable de saisir et d'aimer le vrai, un cœur noble et i^énéreiix qui se portail naturellement au bien de IKlal; aussi laborieux (|ue pénétrant, il savait soutenir par une application inl'atigable les jurandes vues qu'il avait pour la gloire du prince et pour la félieilé des peuples. Tant (pi'il en fut le maître, il ne sépara jamais ces deux objets, qui sont en effet inséparables; il sentait, ce (jui est bien rare dans le mini-tèic de la linance, qu'un roi do France n'est jamais plus riche que lorsque ses sujets le sont... Rien n'était égal à la satisfaction (pie M. Colbert témoignait des services de mon père. Il le propo>ail pour modèle à tous ses inleiulants; il en pariait à ses enfants mêmes. Tons ceux qui travaillaient sous lui étaient témoins du plaisir qu'il avait à lire les lettres de mon père et les mémoires qui les accompagnaient souvent x C'est ainsi, disait-il, qu'il faut écrire; il n'y a que M. Daguesseau qui sache donner ce tour et cet arrangement aux affaires. » Il portait ses lettres au conseil sans en faire d'extrait; il les lisait au roi... Si les suites de ce ministère (celui de Colbert) n'ont pas été*an.-si heureuses pour les peuples que les commencements, si M Colbert s'est souvent vu forcé de s'écarter de ses premiers principes, s'il sest même repenti, comme on le prétend, à la fin de ses jours, d avoir trop montré au roi jusqu'où il pouvait porler sa grandeiu', il en a subi la peine par les jugements peut-être trop rigoureux du public. Mon père, qui était nu juge plus c({uitable, l'excusait par la conjoncture des t('mps, plus lorle cpie ses bonnes intentions, surtout i)ar la concurrence d'un ministre ambitieux (Louvois) et peu sensible à la ruine de I Etat, pourvu qu'il vint à bout de détruire son rival.

« En ré>uiné, M. Henri Daguesseau disait qu'il était délicieux de servir sous un tel contrôleur général, qui entrait si pleinement dans tout ce ((ui tendait au bien public, qu'on était sûr de lui faire sa cour en ne laifant que^on devoir. »

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tion qu'on peut recommander à tous ceux qui, loin du pouvoir central , représentent et gouvernent des intérêts collectifs et des agrégations d'iiommes.

L'administration n'est qu'une partie du gouvernement, mais c'est une partie importante. La question des systèmes politiques ne touche que les hommes Irès-éclairés, et, si parfois elle atteint les multitudes, c'est par le côté des passions et non par celui de la méditation et des lumières. Il faut s'être élevé singulièrement dans la région des idées pour donner avec quelque discernement son esprit et son cœur à tel principe ou à telle forme de gouvernement. Avoir en politique des sentiments, des aspirations, des intérêts, des affections, c'est la chose du monde la plus simple et la plus commune ; mais s'assurer par les efforts de l'esprit que le bonheur •des peuples est plus solide sous un régime que sous un autre, c'est une œuvre rare et difilcile. Loin des grands dissentiments qui, dans la théorie, se sont produits* à ce sujet, la masse des hommes voit le gouvernement dans l'administration qui le touche ; elle se préoccupe moins de la source du pouvoir que de ses bienfaits. Ce qui l'intéresse et ce qui la frappe, c'est la sagesse ou la violence de ceux qui, à côté d'elle, la dirigent et lui commandent. Je crois que dans une nation bien administrée on ne

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(rouverait pas beaucoup d'élomcnls de révolution ; l'absence He la liberté, si elle élait absente, ne se ferait sentir qu'aux Ames élevées et inipationles, aux esprits que le bien-è(re nesulfit pas à remplir et à satisfaire. On convient que ce qui a rendu la féodalité odieuse, c'est surtout la proximité de ce pouvoir plein d'abus et sans règles. Si, louchant les peuples comme il les touchait, il eût élé doux, prévoyant, lulélaire, la royauté ne l'eût pas détruit aisément : il se serait longtemps défendu contre elle et contre la liberté. Une bonne administration est partout nécessaire, mais elle est en particulier le tempérament des gouvernements qui ne sont pas limiti's; elle rend insensible le poids de l'autorité que les hommes, arrivés à un certain degré de civilisation, ont trop de facilité à trouver accablant; elle fait pénétrer jusque dans les esprits les plus obscurs ou les plus rebelles le goût de celte protection publique qui est peut-être la base la plus prosaïque, mais aussi la plus solide des gouvernements. Sous l'ancienne monarchie, dans les ])rovinces où il y avait un bon intendant, on aimait en lui le pouvoir pour lequel il agissait; et dans celles qui en avaient de mauvais, la haine remontait comme ailleurs l'affection. H en sera toujours un peu ainsi. Un méchanladminislraleur peut, dans une contrée, gâter la meilleure des causes *et créer des ennemis

au plus sage des princes ou à la meilleure des républiques.

M. Henri Daguesseau comprenait toutes ces vérités, un peu banales, mais si utiles. 11 tâclia d'être et il fut l'un des meilleurs auxiliaires de la monarchie qu'il servait. Au premier rang de ses devoirs d'intendant était le département des Tailles. Sous un régime d'inégalité, il était bien important que l'équité d'un homme modérât les volontés arbitraires et les injuatices flagrantes de la loi. C'était un poids énorme que celui de la Taille. Placé sans mesure et à merci, comme on disait, sur le travail, il le rendait stérile; sur la fortune roturière, il l'épuisait. Ce serait une lamentable histoire que celle de ses effets même légaux : ce serait l'histoire d'une des grandes et fondamentales injusiices de l'ancien régime, elle rappellerait bien des souffrances et bien des larmes, et nous ferait mieux sentir la douceur de l'égalité qui détermine depuis longtemps toutes nos obligations envers l'Etat et qui nous fait lui payer un tribut, chacun suivant nos forces.

Du moins, M. Henri Daguesseau fit tout ce qu'il put pour adoucir ce mal. C'était, dit son fils, qui invoque à cet égard des témoins oculaires, une chose admirable de lui voir faire le déparlement des Tailles. Ce n'était point en traversant toute sa

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généralité d'une marche rapide et plus convenable à un voyageur ou même à un courrier qu'à un inlendant. Il s'arrêtait longtemps dans le même lieu, attentif à écouler toutes les plaintes, encore plus à connaître et à réformer tous les abus. Aucun besoin, aucune aflliction des peuples n'échappait à s» vigilance. 11 entrait dans les moindres détails, nonseulement sur ce qui regardait les impositions et la levée des droits du roi, mais sur tout ce qui pouvait contribuer à rétablir l'agriculture, à faire fleurir l'industrie, à faciliter et à perfectionner le commerce. La justice, sa première inclination, qui dominait toujours dans son cœur, se mêlait aux fonctions de la finance sans les retarder. Il veillait, autant qu'il est permis à un intendant de le faire, sur la conduite des juges; il s'informait de leur

caractère et de leur réputation

Dans le Limousin, qu'il administra d'abord, M. Henri Daguesseau rencontra sous une autre forme l'inégalité qui, dans la société d'alors, rendait la justice si dilïicile; j)lusieurs gentilshommes de cette contrée commettaient impunément les plus graves attentats; « ils avaient des faussaires à leurs gages » et des agents de leurs violences; ils exerçaient autour d'eux cette tyrannie directe, personnelle, de tous les jours et de tous les moments^ qui rend précieuse et qui fait aimer la tyrannie su-

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périeure et éloignée d'un Auguste ou d un Uiclielieu. Comme on les laissait faire, ils croyaient avoir le droit d'être des scélérats en restant gentilshommes. Le nouvel intendant les poursuivit avec une vigueur qu'il fit approuver parle roi, et le peuple vit couler devant lui, sous la main du bourreau, ce sang privilégié. Son souverain instinct de justice en fut satisfait, et la fermeté de l'intendant gagna des bénédictions au roi.

A ces signes, on reconnaît bien un membre considérable de ce tiers état qui se formait sans cesse et attirait à lui jusqu'à des hommes de noble origine comme M. Daguesseau. Laissant à la noblesse les armes, les faveurs, les élégances, tous les genres d'oublis et l'insouciance la plus impolitique, ils cherchaient à faire pénétrer dans ces couches épaisses d'inégalité et d'injustice qui recouvraient la société, quelques-uns des préceptes du christianisme; ils y employaient leur bon sens, leur savoir, leurdroiture et l'autorité du roi. Colbert, qui était un admirable bourgeois, les encourageait et les soutenait de son génie et de sa puissance. C'est Daguesseau qui le dit à propos de son père : « La politique de M. Colbert soutenait le pouvoir des intendants pour balancer celui que les gouverneurs de provinces et les grands seigneurs s'étaient attribué pendant la minorité du , roi. » Le

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minislrc trouva pou d'auxiliaires de sa politique plus sages et f)Ius dévoués que M. Henri Da<^uesseau. Aussi il J'envoya successivement en Limousin, à Bordeaux et en Languedoc; à Bordeaux, « chez ces Gascons, déliés et rernuanls, qui conservaient une espèce de liberté par l'exemption de certains impôts, » et qui n'étaient pas faciles à mener par la persuasion ; en Languedoc, au milieu \ d'hommes « qui ne pouvaient supporter ni une en- j tière liberté ni une entière servitude. »

En Languedoc, M. Henri Daguesseau trouvacomme un gouvernement représentatif. Les Etats y conservaient une apparence do liberté par le pouvoir (ju'ils avaient de délibérer sur les secours que le roi leur demandait et sur la manière de lesdonner. Le duc de Verneuil, « vraiment lils de Henri iV, au moins par la douceur, la facilité, la simplicité de ses mœurs, » y gouvernait pour le roi. H aimait mieux la chasse que la polili(|ue, et il laissait la réalité de son pouvoir à l'intendant. Mais il y avait là un élément nouveau pour le nouvel intendant; c'était plus et c'était moins que la puissance parlementaire qu'il avait éprouvée à Bordeaux; c'élaient les Etats, une assemblée fière et diflicile à contenir quand le roi était faible, plus soumise quand il était fort ; c'était une tribune où la parole avait son importance, où on disculai( lanlnt bien,

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tantôt mal, où se lisaient des discours préparés, où s'improvisaient des apostrophes et des répliques; pour y représenter le roi et pour y obtenir ce qu'on demandait en son nom, il n'était pas nécessaire d'être un ministre très-éloquent, mais il fallait ce tact, la plus fine qualité de l'esprit, qui lient de la justice, puisqu'il donne à chacun ce qui lui appartient, met tout le monde à sa place et lire des défauts comme des qualités des hommes tout c^^ qu'on en peut tirer.

Il était plus nécessaire dans les Etats du Languedoc qu'ailleurs. On n'avait pas affaire à des républicains ni à des âmes tumultueuses, mais à des privilégiés jaloux de leurs privilèges, qui n'avaient pas pour enflammer leurs délibérations les souvenirs de Rome, maia^qu'animaitr encore l'esprit affaibli de la féodalité politique et religieuse. Un léger souffle de liberté communale se mêlait h cet orgueil, et le représentant du roi avait devant lui et quelquefois contre lui toutes les passions d'un petit parlement, a Aussi le roi y demandait ce qu'il commandait ailleurs, et en Languedoc il recevait comme un don ce qu'il exigeait des autres provinces comme une dette. » Cette province avait le droit qui est devenu le droit fondamental des pays libres, a C'est elle qui imposait et qui faisait les recouvrements, non avec l'avidité d'un financier

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qui ne crainl point de ruiner les [)euples, pourvu (|u'il s'enrichisse pronriplenienl ; mais avec la modération d'un bon père de famille qui ménage ses débiteurs de peur de les rendre insolvables. » C'est ainsi, ajoute Daguesseau, que, prenant toujours les moyens les plus doux pour s'exécuter ellemême, elle faisait sentir auxpcuplescombien l'ombre même d'une liberté sage et mesurée leur est avantageuse. ,

Ce qui augmentait pour l'intendant les diflicultés de son rôle, c'était la personne du président des Etats, qui avait un grand crédit, une grande autorité et un caractère difficile. C'était le cardinal de Bonzy, archevêque de Narbonne, « né avec tout l'esprit d'un Italien et toutes les grâces d'un Français; » il s'était acquis un tel ascendant dans les Etals, que, bien loin d(; lui résister ou de le contrarier en rien, ils ne paraissaient occupés que du soin de lui faire leur cour, aussi bien qu'au mar- (|uis deCastries, son beau-frère, un des lieutenants généraux de la province, dont la femme était plus habile encore et plus profonde en politique que le cardinal son frère. Ce n'était pas une si mauvaise école de politique : car le caiilinal fut U) premier protecteur de l'abbé Fleury, qui reçut des services essentiels de tous les Castries, et s'éleva parmi eux du rang d(^ protégé et de disciple h celui d'ami.

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Ajoutez à cela fjiie le roi avait beaucoup d'égards pour le cardinal, qui était grand aumônier de la reine. M. Henri Daguesseau avait donc à faire prévaloir les intérêtsde TElat contre des adversaires assez sérieux, sans compter la marquise de Castries, qui avait lu Machiavel dans l'original. Son prédécesseur, M. de Bezons, y avait échoué, bien que ce fût un homme de beaucoup d'esprit et de talent. A toute cette importance, à cette science politique, à cette éclatante autorité qui réunissait les armes aux plus hauts attributs de l'Eglise, à cette assemblée natuiellement et artificiellement agitée comme toutes les assemblées, M. Henri Daguesseau opposa cetîe dignité un peu l'épublicaine qui était alors l'un des ornements du tiers état, une volonté ferme, mais qui se faisait toujours aider par la raison* H devint orateur ^ pour ne pas devoir à sa fonction toute son influence sur les Etats. Son fils raconte même à ce sujet une

* « Sa voix, sansêlic forte, iivaitjc ne sais quoi de toudian! et d'harmonieux qui frappait les oreilles les jjIus délicates. Je ne crois pas qu'il se fut jamais exerce dans lart de la prononciation, mais il avait l'ofeille si juste, qu'il savait lui-même conduire, ménager, diversifier sa voix et faire sentir, sans aucune affectilion, à ses auditeurs toute la force cl toutes les grâces qui éclataient dans ses (iiscours. Ou y admirait surtout l'usage qu'il savait faire des belles-lettres, quelquefois par des applications aussi justes ((u'iugénicuscs, et lonjoiM\s par vin goût général (pii semblait faire revivre les grâces alliqucs et l'urbanilé romaine. Voulezvous, mes cliers enfant-, ajoute le chancelier, en concevoir une plus haute idée, lisez et relisez les harangues précieuses qu'il a prononcée > aux Etals du Ijanaucdoc ... »

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chose charmante dans hi(juellc le temps, qui d'habitude ne fait rien à l'affaire, a un très-joli rôle. Pendant qu'il était dans le Vivarais, au milieu des protestants soulevés, il fut averti (ju'il devait presque subitement assister aux Ktats; il entra h sept heures du matin dans une cellule des Carmes de Tournon, il en sortit à midi; il avait préparé le discours le plus éloquent que les Etals entendirent, et, si on en croit son fils, qui doit exagérer un peu, « un des ouvrages les plus accomplis que l'esprit humain ait peut-être jamais produits en ce genre. » Dans une de ces harangues, il traite un sujet dont il serait bien curieux d'avoir les développements; il applique à la liberté des Ktats l'idée et les règles de la liberté humaine. — C'est peut-être un discours de I 789. —

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