‹ Le Duc d'Orléans et le chancelier DaguesseauChapitre 18 sur 54 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

l,ft temps n'avait pas justifié la disgrâce. — Il avait montré l'excellence (Ioj; coiisclls (lu chiiiuelier sur Ks liii;uice.s et sur les rapports de la royaulé avec le PaHeuienl. — Comment il faut vivre avec un parlement.

— L'arileur et la haine antiparlementaire de d'Argenson. — Appré- ]\ 'w^'umfi constiliitioNn elles durrircntà l'approche du lit dtî jn-lice. — Aoul 1718. — Lit (le jusliio auv Tuileiirs. — Ueprochcs du prince auv nia;;istrats. — L'opinion de Duclos sur ce poinl. — Celle du public.

— A (jiii profite le coup d'autorité? — Accusation calomnieuse de l'avocat liai hier conUc Daguesseau. — Le chancelier apprend à Fresnes la conspiration"" de Cellamare, l'exil de son ami le cardinal de Polignac, l'arrestation de mademoiselle Delaunay, que sa disgrâce a empèchi'e de se marier — Trigol de Law et de Dubois lU; détruire la magistrjjture. — Idée d'une noblesse politique. — Ses avantages. — Le rôle tju'elle pouvait jouer.

Le temps, qui semble quelquefois donner raison aux actes politiques les moins équitables, n'avait pas justifié la disgrâce. On avait éloigné Daguesseau parce que sa prévoyance, son bon sens, sa morale obstinée, faisaient obstacle à ces miracles de linances qui devaient enricbir tout le monde, sans appauvrir ni désbonorcr personne; on l'avait jugé un

esprit arriéré, timide, embarrassé par son savoir comme un autre par son ignorance, tenant aux vieilles règles de conduite, sans aucune initiative et d'une étroite stérilité en affaires ; on trouvait qu'il mettait de la morale partout, et qu'imitant avec une servilité filiale l'exemple de son père, il voulait être juste, même en matière de finances. Cependant il avait tenu au prince un langage plein de sagesse, et sur ce point il lui avait conseillé la meilleure politique; il l'avait engagé à se défier plutôt des procédés que des idées de Law, à éviter les mauvais moyens qui mènent si rarement à de bons résultats, à empêcher l'agiotage, à ne pas compromettre la digniié du gouvernement et à ne pas perdre les mœurs du pays dans cette nouvelle espèce d'immoralité; il lui avait montré les inévitables déceptions qui l'attendaient, et, sans le détourner absolument d'entreprises qui, bien méditées, conduites avec honneur, contenues par la prudence, pouvaient et devaient augmenter la richesse de la France, il lui avait dit : Avancez prudemment sur cette mer nouvelle; n'y suivez pas aveuglément un homme qu'agite l'esprit d'aventure, qu'aucune moralité ne recommande ni ne dirige, qui veut faire sur la France, qu'il n'aime pas, et qui ne lui est rien, les expériences les plus hasardeuses ; ou du moins tenez compte

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