‹ Le Duc d'Orléans et le chancelier DaguesseauChapitre 25 sur 54 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

1721. Dubois. — Souffrances morales du chancelier. — Portrait de Fénelon par Daguesscau. — L'archevêché de Ctimbrai. — Les saintes usurpations de la pourpre romaine — Dubois jugé par mademoiselle de Seine, de l'Opéra. — Patience de Daguesscau. — Le cardinal de Rohan menuisier. — Le chancelier quitte le conseil. — Le duc de Noailles. — Février 1722. — Seconde disgrâce. — Le maréchal de Yilleroi l'annonce au roi, qui pâlit. — Le chroniqueur Barhicr. — Mariage du marquis de ChastcUux avec mademoiselle Daguesseau. — Propos du régent. — Une opinion de joueur. — A'oyage des exilés raconté par la chancelière. — Installation à Fresnes. — Les premiers sentiments de la disgrâce. — Lettres inédites. — Le sacre du roi. — M. de Fresnes, conseiller. — Le président Chauvelin. — Les Ardéiions. — Louis Piacine calomnié. — Le financier malgré Un.

On en était là en 1721, et, malgré tout son honneur personnel, Daguesseau reçut des atteintes de cet abaissement gént3ral. Il vit s'élever à côté de lui et bientôt au-dessus de lui cet abbé sans religion, cet homme sans probité et sans mœurs, ce pédagogue devenu ministre, cet aventurier du vice, qui allait s'appeler le cardinal Dubois. Une des plus grandes souffrances morales pour un

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homme de l)ieii, c'est devoir la puissance, celle image de la supériorité, arrachée aux mains des princes par des hommes méprisahles, et de se sentir commandé directement ou indirectement par des gens qu'on ne peut estimer, malgré la (iiveur dont ils jouissent. Daguesseau dut la ressentir pendant ces deux années, et je regrette (|u'il ne l'ail pas exprimée. La discipline monarchique l'en aura empêché. C'est elle aussi qui lui a fait porter jusqu'au commencement de 1722 ce lourd fardeau d'un pouvoir qu'on n'exerce pas, qui, au lieu de vous honorer dans le présent et dans l'histoire, vous compromet et quelquefois vous dégrade. Il avait vu, piMidantson premier ministère, F^aw exploiter la crédulité du régent; il vil, pendant le second, Dubois exploiter ses faiblesses et ses vices, jusqu'il devenir cardinal et premier ministre. Le chancelier avait dans sa jeunesse aimé et admiré beaucoup l'abbé de Fénelon. 11 avait été, comme tout le monde, charmé par cette piété plus attendrie que grave, plus aimable que sévère, partagée entre la discipline et la liberté, se donnant à l'une par goût, à l'autre par devoir et par humilité. Chez son père, où il le voyait souvent, il avait avec lui parlé de religion, d'éloquence, de l'amour des hommes, des devoirs des princes. Le jeune magistrat, avec les grâces de son esprit, la

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solidité de sa raison, sa science précoce, son onction civile, dut plaire à Fénelon et provoquer les séductions de cette ame enchanteresse. Le charme qu'exerçait le prélat devait êtrebien grand, si on en juge par l'émotion religieuse que sa seule mémoire causait à l'un des cœurs les plus tristes elles plus irrités de ce monde, celui de Jean-Jacques Rousseau. Daguesseau n'a laissé échapper aucun des traits de ce brillant et sympathique apôtre, et il a fait de lui une peinture dont les couleurs sont moins vives, mais plus fidèles et peut-être plus correctes que celles de Saint-Simon : « L'abbé de Fénelon, depuis archevêque de Cambrai, était un de ces hommes rares, destinés à faire époque dans leur siècle et qui honorent autant l'humanité par leurs vertus qu'ils font honneur aux lettres par leurs talents excellents : facile , brillant, dont le caractère était une imagination féconde, gracieuse et dominante, sans faire sentir sa domination. Son éloquence avait, en effet, plus d'insinuation que de véhémence, et il régnait autant par les charmes de sa société que par la supériorité de ses talents, se mettant au niveau de tous les esprits et ne disputant jamais, paraissant même céder aux autres, dans le temps qu'il les entraînait. Les grâces coulaient de ses lèvres, et il semblait traiter les plus grands sujets pour ainsi dire en se jouant. Les plus

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petits s'ennoblissaient sous sa plume , et il eût fait naître des fleurs du sein des épines. Une noble singularité répandue sur toute sa personne, et je ne sais quoi de sublime dam le simple, ajoutaient à son caractère un certain air de prophète; le tour nouveau, sans être affecté, qu'il donnait à ses expressions, faisait croire à l)ien des gens qu'il possédait toutes les sciences, comme par inspiration ; on eût dit qu'il les avait inventées plutôt qu'il ne les avait apprises. Toujours original, toujours créateur, n'imitant personne et paraissant lui-même inimitable. Ses talents, longtemps cachés dans l'obscurité des séminaires, et peu connus de la cour, lors même qu'il se fût attaché a faire des missions pour la conversion des religionnaires, éclatèrent enfin parle choix que le roi en fil pour l'éducation de son pelil-fils, le duc de Bourgogne. Un si grand théâtre ne l'était pas trop pour un si grand acteur, et, si le goût, qu'il conçut pour le mystique n'avait trahi le secret de son cœur et le faible de son esprit, il n'y aurait point eu de place que le public ne lui eût destinée et qui n'eût paru encore au-dessous de son mérite, »

C'est à cet archevêché de Cambrai, aussi illustre que l'évéché de Meaux, que Daguesseau vit appeler, par un des plus grands abus qui aient été faits en ce monde de l'autorité souveraine, et comme

par un jeu de la religion, l'abbé Dubois à la place (le l'abbé Fénelon. Mais l'ambition de Dubois ne devait pas s'arrêter là, et, voulant par sa grandeur montrer toute la bassesse de son temps, il arriva, suivant l'expression d'une actrice de l'Opéra, mademoiselle de Seine, aux saintes usurpations de la pourpre romaine. Je suis frappé d'une chose en revoyantde près cette partie de l'histoire. J'admire comment dans le cœur du chancelier le respect de l'Église et du prince ne souffrit pas davantage de ces profanations religieuses et politiques.

J'avoue que, pour mon goût, je l'aimerais mieux en révolte ouverte contre un si grand mal, mais il ne s'y mit pas; toutefois il ne voulût pas subir jusqu'au bout l'immorale et scandaleuse tyrannie du cardinal Dubois.

Ce personnage, qui mérite si bien qu'on lui applique l'assimilation qu'Aristote fait du courtisan et du démagogue, fit descendre la royauté jusqu'à lui, y abaissa l'Eglise, et, non content de la réalité du pouvoir que lui laissait le régent, il voulut en avoir toutes les marques et s'asseoir dans le conseil au-dessus de tout le monde.

Pour y arriver, il se servit d'un homme que, malgré son grand nom, cet emploi couvre dans l'histoire de honte et de ridicule. Il fît avancer avant lui le cardinal de Rohan, qui se plaça au-

dessous du régent, au-dessus du chancelier, et qu'on ai)[)ela dès lors le menuisier^ parce qu'il fit ainsi la planche à Dubois.

Celle prétention de Dubois fit éclater ce qui restait dbonnète au fond des cœurs, et le chancelier fut le principal organe de cette légitime révolle. Il refusa de s'asseoir au-dessous des cardinaux, pour n'être pas assis au-dessous de l'homme le plus puissant et le plus méprisal)le du royaume. Au fond, la mesure était comble, et la domination du vice allait au moins rencontrer une protestation.

Le duc de Noailles, le maréchal de Villars, le chancelier, cédèrent la place h cet homme de rien, si inférieur, au fond et dans la forme, qu'il ne pouvait même pas atteindre à la politesse, et ils se retirèrent du conseil de régence. Le duc de Noailles, ayant rencontré Dubois au Louvre, lui dit avec un mépris qui soulage, même à la distance où nous sommes de i7'22 : «Cette journée sera fameuse dans l'histoire, monsieur; on ne manquera pas d'y marquer que votre entrée dans le conseil en a fait déserter les grands du royaume. »

Daguesseau fut pour la seconde fois exilé à Fresnes. Vaincu par Law deux ans auparavant, il fut, dans cette occasion, sacrifié à un homme qui n'avait même pas les séductions de Law, et dont

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l'importance restera comme une tache ineffaçable sur la monarchie française.

La portée de cette mesure fut sentie même par le roi. Quand le vieux duc de Villeroi lui donna la nouvelle de l'exil du chancelier, l'enfant pâlit et sembla comprendre qu'en éloignant de lui l'homme peut-être le plus honoré de son royaume on en éloignait le respect si nécessaire autour des trônes. Le duc lui dit qu'on exilait un homme bien respectable et le pria de se souvenir du chancelier quand il serait tout à fait roi.

Cette fois, l'opinion publique se manifesta avec vivacité. Le chancelier en reçut de nombreux témoignages, et il dut, comme il l'écrivait quelques jours plus tard, croire qu'il avait une vocation pour la disgrâce. C'est ce moment que l'avocat Barbier choisit pour le représenter comme a livré au régent et ne voulant pas faire un second voyage à Fresnes. » 11 est vrai que ce chroniqueur, que, suivant moi, on a beaucoup trop exalté dans ces derniers temps, ajoute, quelques jours plus lard, quand l'exil est prononcé : « Le bon de tout cela

est le régent, qui se f d'eux tous, du chancelier

et des ducs, et qui n'en va pas moins son train. Ce cardinal Dubois est d'une politique étonnante... » Ceci prouve qu'il y aura toujours des esprits médiocres pour admirer les plus mauvais succès et

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pour se moquer des plus respeclables défailes./ Mais il serait injuste de voir l'opinion publique dans CCS quelques lignes d'un avocat journaliste qui est presque constamment du côté du plus fort. Il est certain, au contraire, que le chancelier fui l'objetd'une très-vive et très-honorable sympathie, qui éclata a la ville et à la cour. Lors de sa première disgrâce, il n'avait voulu, dans les heures qui avaient précédé son départ, recevoir personne, excepté ses proches et quelques amis ; il avait évité d'être la cause et le sujet d'un blâme indirect adressé au prince qui l'éloignait ; cette fois, il crut pouvoir se prêter aux témoignages d'estime et d'approbation qui vinrent à lui, et il en reçut beaucoup, sous les yeux mêmes du régent. Ce prince ne les remarqua, ni pour en profiter ni pour s'en plaindre, tant il était devenu indifférent, dans le gouvernement, aux choses d'honneur, de dignité et de morale. Tout cela lui semblait un jeu et comme une partie dans laquelle l'important était de gagner ou de se mettre du côté des gagnants ; il prit même une occasion d'exprimer îi ce sujet son opinion de joueur. Quelques jours avant la disgrâce (10 février), et quand on la pressentait, M. le marquis deChastellux avait épousé mademoiselle Claire Daguesseau. Cette famille de Chastellux, aussi vieille qu'illustre, représentait encore à ce moment cette

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solide et rare noblesse do province que la cour n'avait ni altérée ni compromise; elle avait depuis des siècles répandu son sang pour le roi, et la monarchie lui devait plus qu'elle ne devait à la monarchie. Elle avait avec cela des mœurs élevées et pures; et comme une simplicité bourgeoise au milieu de ses grandes actions et de ses grands litres. Tous les historiens, tous les auteurs de mémoires, lui reconnaissent ces mérites réunis et paraissent un peu la louer comme une exception. On peut bien compter comme un éloge son alliance avec la famille du chancelier; car tout fait croire que, dans cette alliance, les Chastellux avaient cherché l'honneur bien plus que les honneurs, les vrais biens et non pas les faux. Le régent, supposant le contraire et n'imaginant pas qu'un mariage fût autre chose qu'une bonne ou une mauvaise affaire d'ambition, plaignit à sa façon le marquis de Chastellux, et, comme pour répondre au sentimentpublic, ému de l'exil du chancelier, par une raillerie, il dit à ses amis et à ses maîtresses : « Ce pauvre Chastellux a donné dans le pot au noir et s'est fait poissonnier la veille de Pâques. »

Mais le marquis de Chastellux et les siens (c'est le premier trait touchant de cette disgrâce) montrèrent pour le chancelier exilé une sorte de passion. Ils ne lui étaient unis que depuis quinze jours : ils

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renlourèrcnl comme ses propres enfants, et remplirent le carrosse qui conduisit les exilés à Fresnes. iNous avons sur ce voyage une lettre de la cliancelière, qui n'a encore été publiée nulle part, qui nous met sur la route de Fresnes au milieu de sentiments nobles, doux, aimables, sincères, et nous fait voir tous les détails de ce départ, ceux du voyage et ceux de l'arrivée. Le plus grand chagrin des exilés, c'est de laisser à i^aris leur fils aîné, devenu l'année précédente avocat général au Parlement; la clianceliére, à Tidée de cette séparation, ne peut pas retenir ses larmes : a mes larmes apprirent, dans le carrosse, à M. de Chaslellux combien je vous aime ; » mais elle se relève aussitôt, et, toute pleine de l'honneur que cet exil fait à son mari, elle dit à son fils: «Que la gloire et les exemples que M. votre père vous donne vous sou- (iennenl. » Ce fils, dont le chancelier, dans une des leltrcs de sa première disgrâce, remerciait Dieu comme d'une perfection, est l'objet des premières émotions de l'exil, et c'est à lui, non au pouvoir perdu, qu'on s'attache et qu'on pense.

On arrive à Fresnes dans une maison très-dériiUfjrCy qui n'est pas, comme le cœur de ses hôtes, préparée pour l'exil; on y fait un très-mauvais dhier qu'on lionve très-bon ; le temps est si beau, qu'à peine descendus de voilure on fait à pied une

Jieueet demie; le chancelier en a le visage loul épanoui. « Il me paraît, écrit la chancelière à son fils, qu'il n'y a que vous que votre père regrette de tout ce qu'il a laissé à Paris... Mais il se console et me console en même temps en m'assurant qu'il n'est nullement en peine que vous ne vous conduisiez très-bien dans les affaires difficiles qui pourraient arriver pendant son absence, et que vous vous formerez bien mieux, pour être un grand homme, en vous déterminant par vous-même... Il compte que vous consulterez beaucoup mon frère (M. d'Ormesson) et M. de Valjouan, qui ont des sentiments d' honneur et de probité^ et qui ne sont point outrés. » Il y avait des ultra ^ que Daguesseau avait souvent signalés au prince; c'est à eux que pense ia chancelière, et elle ajoute, avec un grand sentiment de mesure et de dignité, toujours sur le même sujet : « Tâchez, mon cher fils, de ne vous point laisser abattre par l'ennui de notre absence; voyez vos amis souvent; pour vous en faciliter les moyens, je vous enverrai demain matin un supplément de deux chevaux de carrosse. Présentez-vous souvent chez le roi, et voyez souvent M. de Fréjus, sans pourtant vous ouvrir trop à lui ; et, pour lePalais-

t ' Il y ca a toujours eu : il y en avnit diLtemps do Pasquicr qui lui I faisaicnl dire : Sur ce pied a été bàlic la ruine de noire Élat de France premièrement p:M j*j ne sais quelle invention d'////rû! contents ([viv ont rendu ; lous les gens de bien ma/ C(>w/^/;/s (le Pour-Parlcr du prince).

Royal, mon frcre vous dira mieux que moi si vous devez y aller souvent ou non... »

A ces sentiments, à cette sagesse, à cette douce lierté, la cliancelière mêle des détails qui complètent, non sans charmes, l'histoire de ce voyage et de ce changement d'état. Sans luxe pour lui-même et d'une grande simplicité personnelle, Daguesseau dans le gouvernement avait une existence digne de ses éminenles fondions; avec la décence de l'homme de goût et l'art exquis de celui qui sait rester simple sous de grands dehors, il avait une maison somptueuse pour le puhlic et grave pour lui-même ; les dépenses de sa lahle, comme chancelier, sont, je crois, historiques, mais sa sohriété Test aussi. Enlin, au moment de l'exil, la chancelière venait de commander une dépense de luxe; elle renouvelait sa livrée^ non pas comme madame Fahri, la femme du chancelier Séguier, qui se faisait donner des draps (jralls par les marchands , mais avec du drap qu'elle avait acheté. Elle n'a pas hesoin pour Fresnes de ces splendeurs, il lui fimt pour ses gens des hahils moins hrillants, et elle prie son fils de veiller à la métamorphose.

«Je vous prie, mon cher fils, de dire à M. Maupertuis' qu'il fasse hien nettoyer le carrossede M. le

' Cela me fail iloiilor que M;mj)crluis dont il est si souvent question Uans riiiiiniité du chancelier soil Maupertui? le savant.

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chancelier et le micn^ et que je crois qu'il faudrait après les emballer avec les rideaux de toile qui sont dans la remise ; et, à /V^on/ de notre livrée^ qu'il faut qu'il fasse reprendre le drap au marchand , puisqu'il n'est pas coupé , et faire faire promptement les surtouts; et si les vestes ne sont point coupées, je ne sais s'il ne faudrait point en faire aussi reprendre l'étoffe et faire les vestes semblables aux surtouts, parce que la couleur n'assortirait pas. Je m'en remets à sa prudence. >>

Enfin, un dernier trait termine ce tableau tracé par la chancelière elle-même ; la disgrâce est prise à la fin de la lettre, presque comme un plaisir; on attend déjà des visites, et on désire de la musique. « M. Dutillet \ient mercredi (la lettre est du 2 mars) ; si M. Delmare a impatience de venir, il pourrait lui demander une place, sinon je le ferai venir en même temps que Plaintmont; il faut qiî'il nous apporte de la musique, »

De son côté, le chancelier ouvre tout de suite 5 mars 1722) avec sa fille, qui habite une maison religieuse, une correspondance qui, à elle seule, est un chef-d'œuvre de sentiment, de piété, de résignation religieuse. Cette fille sera toujours malade, et son père, par ses lettres, la soutiendra dans ses épreuves et lui montrera Dieu qui se l'est réservée et qui l'attend. C'est à elle que, dès le

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