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parlé à M. Pousse de l'idée que j'avais eue de demander de revenir à Paris ; il éerit que l'état où serait M. votre père chez lui lui ferait plus de mal que de bien, et qu'il ne faut pas changer son séjour, lout autre ne lui valant rien, à moins que les affaires et le mouvement qu'elles donnent au corps et à l'esprit ne le rendent salulairc. Si mon frère n'a pu venir, comme vous me l'aviez fait espérer, diles-lui qu'il n'y faut plus penser; dès que cela n'est point nécessaire, // eut plus difj)ic et même plus avantageux de ne dire mot, et même de ne se pas plaindre de son son. C'est à Dieu à y porter le remède quand il sera utile pour le bien de nos Ames. » Et si on pouvait douter de la sincérité des sentiments de la chancelière, il suffirait délire les lignes suivantes qui terminent celte lettre, et qui montrent combien est libre l'esprit de celle qui les trace : « Dites, je vous prie, mon cher fils, à M. de Maupertuis, qu'il est impossible, d'ici à la lin de la saison, de trouver une voiture pour envoyer des foins, il faut en acheter en attendant, et une autre fois prendre mieux ses mesures pour n'en pas manquer. S'il y en avait eu un millier à Paris, cela aurait bien fait pour vider ici nos greniers... J'oubliais de vous prier de dire à M. de Maupertuis qu'il rende à M. Pousse ce qu'il en a «îoùté pour la poste, pour ce voyage-ci et pour le
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dernier, qu'on dit qu'on ne lui a pas rendu, parce que M. Neveu s'en était chargé; qu'on le lui rende au plus tôt, parce qu'il ne serait pas honnête qu'il avançât son argent pour venir ici. »
Presque au moment même où cette lettre était écrite , le cardinal Fleury trouvait une combinaison pour rappeler le chancelier sans inquiéter Rome, ni enhardir le Parlement. Il avait sous la main un homme ambitieux jusqu'à la soumission, habile, délié, plein d'expérience, un de ces magistrats qui faisaient dire autrefois qu'il n'y avait pas de meilleure préparation pour le ministère que la magistrature, M. le président Chauvelin; il le fit garde des sceaux, à la place de M. Fleuriau d'Armenonville qui, d'une nature commune et même assez basse, ne tarda pas à mourir de la maladie des mifmtres disgraciés. Par lui, il se crut sûr de dominer le Parlement et de neutraliser la grande influence qu'y avait, malgré le temps, l'absenco et l'exil, gardée le chancelier. Il n'avait tenu qu'à Dagucsscau, quelques jours avant qu'on le rappelât, d'avoir au profit de sa disgrâce une manifestation du Parlement : les moins libres dos magistrats, les membres du parquet, lui avaient fait offrir de rédiger et de signer un mémoire pour montrer à la cour l'injustice et le dangei' de cette longue disgrâce. Il avait
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refusé; il en était à méditer sur cette hcllc rhjlc (J'Aristote : de fuluro co)Uin(jenti non ibilur ilfiernùnalio certa^ et il ne s'attendait plus à rien, quand le cardinal Fleury le fit revenir (août J 121).
J'arrête ici la partie publique de ce livre, si je puis ainsi parler. Ce n'est pas toute la vie du chancelier que j'ai voulu écrire; j'ai laissé de côté \i\ législateur, et, on le voit bien aisément, c'est l'homme politi(jue, et encore particulièrement pendant ses disgrâces, que j'ai tenu à montrer, c'est l'homme moral aussi qui tranche singulièrement sur le fond social où il se trouve, c'est l'homme privé qui, malgré tous les masques de la vie publique, reflète, s'il ne reproduit pas tout à l'ait, l'homme d'Etat.
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