‹ Le Duc d'Orléans et le chancelier DaguesseauChapitre 5 sur 54 · m: Dl'C D'or.l KAÎSS · texte numérisé non relu

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fureur, excita le pape à une condamnation; elle fut donnée sous forme de décret, mais le nom et l'autorité morale de Bossuet en arrêtèrent les effets. Un prince qui n'eût pas abaissé son esprit sous l'action ardente et opiniâtre d'un prêtre querelleur se serait empressé de fermer le débat. Mais Louis XIV, cédant à son confesseur, demanda au pape un décret plus formel et plus précis qui atteignît la doctrine et frappât dans le livre de Ouesnel le passé, le présent et l'avenir de cette fronde religieuse qui avait voulu mettre la liberté dans l'K- ^. glise et la morale partout. La bulle n'amena pas tout de suite le bruit ni la guerre qu'elle devail engendrer bientôt.

Mais, quand le roi voulut la faire enregistrer au Parlement, l'agitation prit naissance et Daguesseau la dirigea en magistrat convaincu a que l'on risque beaucoup moins qu'on ne croit en faisant son devoir, pourvu qu'on le fasse avec la prudence et la modération dont le zèle doit toujours être accompagné \ » Je n'oserais pas affirmer qu'il ne se mêlât pas, pQut-être à son insu, à sa conviction, d'ailleurs très-sincère et très-ferme, un peu de rancune parlementaire. Louis XIV avait bumiliéle Parlement pour le contenir, et, dans son

■' Mc'nioin' sur les affaires de l'Iùj/ise.

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ardeur (l(Miioiiarchie absolue, il l'avait liès-iujuslement appelé une assemblée de républieaiiis. On peut croire que déjà, au mois de février l 714, le [Parlement, qui avait sur le roi l'avantage de ne pas devoir mourir bientôt, son<>ea à ressaisir son autorité amoindrie. Cependant le premier acte de sa résistance l'ut, si l'on peut ainsi parler, plus monarchi(jue que le roi lui-même. En enregistrant la bulle, il réserva les droits et les prééminences de la couronne contre toute excommunication, en même temps qu'il proclama une fois de plus les libertés de l'Eglise galli( ane.

(jcttc décision, dictée par Daguesseau, eut le sort ([u'aura toujours la sagesse au milieu des passions : elle jela dans une violente colère le conlesseur du roi, qui vonlut l'aire déposer le cardinal de Noailles, et se montra bien tel que Saint-Simon le vit : un homme terrible qui n'allait à rien moins qu'à destruclion à couvert et à découvert.

Le chancelier Voysin venait de remplacer Pontcliartrain; il était médiocre, d'une ame et d'un esprit communs, un de ces hommes dont les princes se servent, mais (jui ne servent pas les princes; un deces ministres qui dirigent leur ministère, comme dit Montesquieu , du coté des passions de leur maître. Il voulutvaincre la résistance du Parlement par la discussion et par la menace. Dans la discus-

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sion, Daguesseau l'accabla cl lui fil voir que le procureur général en savail beaucoup plus que le ministre; et quand, n'ayant plus de raisons à donner, le chancelier en vint aux menaces, le caractère de Daguesseau prit le niveau de son lalenl, et lui fil soutenir la cause du roi, du Parlement, de l'Eglise gallicane, de la justice, avec une dignité et une modération qu'on peut, dans tous les temps, proposer en exemple. Le chancelier le traita de séditieux^ lui reprocha de faire Vimportanl^ le menaça de la sa7ité du roi ^ Daguesseau lui répondit : « Rien ne sera capable de me faire agir contre ma conscience ni de me contraindre à me déshonorer. La déclaration, à mon avis, est injuste, et c'est servir le roi que de ne pas lui rendre, en cette occasion, une obéissance aveugle. »

Daguesseau était alors l'ame du Parlement ; et si ce nom pouvait convenir à un homme si plein de religion et d'obéissance, je dirais qu'à celle occasion il fut presque un chef de parti.

Sa résistance fut soumise à une grande épreuve. Le roi l'appela à Marly, seul, le dimanche il août. Ces détails se perdent ou s'affaiblissent dans l'histoire générale, mais il importe de les recueillir

* « C'est le procureui- géïK'ral, <lil-il au président l'oiiail, qui lornie toutes ces difficultés; c'est un séditieux; dans quatre jours, le roi sera en santé, il tombera sur lui comme il le doit. »

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pour voir dans leur véritable lole les graves acteurs de ces événements. Toute la force, toute l'ardeur, et, si j'osais rajouter, toute la colère de celle merveilleuse monarchie, (jui avait été si redoutable à l'extérieur, si grande et si impérieuse au dedans, étaient concenirées sur une déclai'otion (jui soumettait tous les évèques de France à un décret du pape, en un point de doctrine religieuse contestal)Ie et contesté. De cette cause, le roi avait lait la sienne et celle de son autorité*. A la manière dont, plus jeune, il avait Irailé le Parlement, on pouvait croire (jue, malgré sa vieillesse, rencontrant une r('sistance à sa personne, à sa foi devenue intolérante, au papedoni il attendait le ciel, objet deses dernières ardeurs, il la briserait sans peine et violemment. S'il était dans un état tombant, suivant l'expression de Saint-Simon, il pouvait dam quatre jours être en santé, comme le cliancclier l'avait dit, frapper le Parbmient et faire conduire le procureur général à la Bastille. Daguesseau dut le craindre

' Le roi avait loujoiirs eu conlre les jansénisles une liaine (rès-vive. On eounnîl celle liisloire ([ue Saiul-Sinioii raconte : Le duc (LOrlcan^ voulant eniniencr ronliierluis en Espagne: « Comment, mon neveu, le fils (le cette folle (|iii a couru M. Arnaukl |iarlout ! Un janséni^lc! Je ne veux point de cela avec vous. — Ma foi, sire, répondit M. le (\uc d'Orh'ans. je ne sais pas ce qu'a l'ait la mère, mais pour le (ils être jaiiscnisle, il ne (roit pas en Dieu ! — Ksl-il po>;sil)le? reprit le roi; si cela est, il n'y n'y a point de mal, vous pouvez remmener. » Voilà, ajoute Saint-Simon, ,ins(|u'()ù le roi avait été conduit, de ne trouver point de comparaison eiilre n'i\v(>ir point de relifrion et le |)rrri'rcr à être janséniste.

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cl s'y préparer; les princes absolus aiiiieiit mieux la révolte que la résistance, parce que la force, qui est bonne pour comprimer Tune, ne suffit pas toujours contre l'autre; la justice, qui manque à la révolte et qui peut amener la résistance, ne le cède à personne, et renaît quand on la croit vaincue. Mais enfin, il n'était pas impossible que la justice, en attendant son triomphe, fût d'abord mise en prison dans la personne du procureur général. On le disait et le Tellier l'espérait bien. Le prestige du roi avait diminué au milieu des faiblesses morales qui avaient élevé jusqu'à lui la veuve de Scarron et qui n'avaient plus, comme autrefois, l'excuse si française de la jeunesse et de l'amour. Mais la royauté n'avait pas cessé d'être redoutable, et, pour lutter contre elle ou se défendre contre ses volontés, on n'avait pas, comme on devait l'avoir un peu plus tard, ce menaçant auxiliaire de la souveraineté du peuple et des révolutions. Depuis tantôt un siècle, il n'a pas fallu beaucoup de courage pour résister aux rois si divers que nous avons eus; en perdant leur faveur, on gagnait celle de leurs ennemis; et la disgrâce, qui n'avail guère de rigueurs, avait ses succès et ses espérances. Avec Louis XIV, même sur son déclin, il n'en était pas encore ainsi. La royauté, qui est devenue une opinion, était un sentiment tout-puis^

sant sur les âmes et qui leur comiiiiiniqunit la crainte, le respect et l'amour du roi. Si on songe à tout cela, la conduite de Daguesseau s'élève aux plus hautes régions du devoir accompli. 11 quilta Paris le dimanche malin pour se rendre à Marly, non plus avec les avocats généraux et le premier président de Mesmes, mais seul et sans autre appui (jue lui-même contre les désirs et les menaces qui l'attendaient. Il y avait à Marly des ennemis de ses opinions et des ennemis de sa personne. Madame de Maintenon ne l'aimait pas. La famille du procureur général était une de ces familles alors trèsrares au sommet; on y pratiquait (ous les devoirs; on n'y avait aucun goût j)our le vice lieureux, aucun respect pour le crédit usurpé, aucune Aiihlesse pour des semhlants de vertu sous un masque d'intrigante dévotion. Dans celle honnête et simple maison, les Commandements de Dieu s'ohservaient sans le secours des casuistes dont Molière avait fiiit une si hcllepeinlure, et dont Montesquieu venait de reprendre le portrait dans l'une de ses admirahles lettres; la fausse reine de Marly ne pouvait trouver dans le spectacle de ces mœurs qu'une critique silencieuse des siennes et de celles dont elle avait rempli la cour.

Madame Daguesseau connaissait tous ces dan- •j;ers; elle n'en fut pas plus émue que son mari;

c'était une femme douce et grave, dont les qualités solides n'avaient pas une très-grande place dans la société où sa naissance et son rang la faisaient vivre; son siècle et le précédent n'ont pas mis en évidence ces femmes simples qui s'élèvent vers Dieu, non par quelque retour éclatant, mais par le goût mesuré et la pratique régulière du bien ; ils ont admiré et ils ont légué à notre admiration des femmes extérieures, si je puis ainsi dire, et la plupart théâtrales. Cherchez parmi les contemporaines de madame de Sévigné ou parmi celles de la duchesse du Maine, vous trouverez que leur célébrité vient de l'éclat de leur vie, de leurs aventures ou de leur esprit; du bruit qu'ont fait leurs amours, leurs intrigues, ou leurs poésies; la faveur de la mode et de l'opinion ne s'est pas attachée à ces femmes exemplaires qui répandent dans leur maison tous les parfums d'une âme tendre et douce, et qui sont comme les madones de la vie domestique. C'est pourtant là qu'est la véritable grandeur des femmes, et ce fut celle de madame Daguessçau; son mari Ta louée, comme elle méritait de l'être , en disant qu'une femme comme la sienne était la plus haute récompense de Vhomme de bien.

Nous la retrouverons plus tard dans la disgrâce, et je compléterai alors son portrait. Mais déjà la

voici qui se montre telle qu'elle a toujours élé, compagne en toutes choses, douce et iidèle auxiliaire de son mari, Hère de son mérite, soigneuse de son honneur et prenant une large part de cette dignité qui, plus que tout le reste, orne la mémoire de son illustre époux. Loin d'affaihlir par ses craintes ou d'inquiéter par ses larmes le procureur général mandé par le roi, elle lui dit en l'emhrassant, et comme il prévoyait qu'il pourrait hien ne pas revenir et être envoyé à la Bastille : a Allez, monsieur, oubliez devant le roi femme et enfants... J'aime mieux vous voir conduire à la Bastille avec honneur que de vous voir revenir ici déshonoré. » Je voudrais pouvoir donner plus de détails que Marmontel sur Tentrevue du magistrat et du roi; il serait bon pour l'histoire, utile pour nous, agi'éable pour tout le monde, d'assister a ce débat et d'y voir Louis XIV défendant l'autorité du pape contre la sienne, et défendu contre lui-même par un magistrat savant et consciencieux. Le roi^ avait fait taire le Parlement dans plus d'une occasion, et, si l'on en croit certains récits devenus suspects, le fouet à la main, la menace à la bouche; mais il avait eu longtemps pour les magistrats eux-mêmes une grande bienveillance; à son avènement au trône il avait causé longuement avec l'avocat général Talon, qui, depuis, lui avait presque toujours

parle librement; il connaissait tout le mérite de Daguesseau, qu'il avait nommé lui-même avocat général , malgré le chancelier Bouclierat , et en souvenir de son père, l'intendant regretté du Limousin et du Languedoc, le membre du conseil des finances. 11 n'était pas, comme dit Voltaire, assez instruit pour discuter avec lui ; il espérait le séduire, et, par lui, gagner le Parlement; mais Daguesseau, ayanl alors ce courage d' esprit que donne lajcu7icsse, resta inébranlable devant la majesté de ce roi qui avait été sérieusement comparé au soleil ; Louis XIV lui tourna le dos sans oser le faire arrêter, mais sans être averti ni ébranlé par cette simple et loyale résistance.

Ceux qui ont voulu diminuer le mérite de cette conduite si courageuse et si sage sont ceux qui n'imaginent pas qu'on doive , et surtout qu'on puisse, dans les hautes fonctions de l'Etat, contrarier les volontés d'un prince qu'on sert, qu'on respecte et qu'on aimé. Ils ont fait remarquer que Vétat tombant du roi, qui s'aggravait chaque jour, écartait tout danger de ceux qui ne lui cédaient pas, leur promettant au contraire une prochaine récompense, et la leur donnant déjà par la faveur publique.

Cependant, autour du lit où s'éteignait le grand règne, sous la direction de ce confesseur, plus ai-

deni au\ vengeances ffu'à la prière, moins occupé (Je Tame de son royal pénitent que du triomphe de la bulle, un complot s'était formé, et la violence allait résoudre une question de doctrine religieuse. Le cardinal de Noailles, malgré l'instabilité de ses idées, était devenu l'idole de l*aris ; dans un temps corrompu, il avait gardé, comme son ami le piocureur général, des mœurs pures, des habitudes austères et celte dignité morafe qui commande l'estime même aux cœurs dépravés; il soutenait dans l'Eglise la lutte que Daguesseau soutenait dans le Parlement : il fut décidé qu'on l'enlèverait et qu'il serait transféré au château de Pierre-Encise à Lyon ; son ami devait être suspendu de ses fonctions et remplacé par l'avocat général Chauvelin. La famille Chauvelin a protesté contre l'existence de ce complot, pour que l'honneur d'un de ses mcmj)res n'en soit pas entaché. Mais tout indique qu'il fut formé : le caractère de le Tellier, la volonté du roi, une lettre trouvée dans les papiers de Chauvelin, et tous les signes de disgrâce qui entourèrent alors Daguesseau. C'est au moment où Montesquieu écrivait : « La faveur est la grande divinité des Français.» La maison du procureur général devint déserte ; les personnes qui l'avaient le plus fréquentée n'osaient plus y paraître; on y était réduit, comme dans les temps de contagion, au petit nombre de

n LE DUC D'ORLEAÎNS

ceux qui ne craignent rien. C'est du moins ce (jue raconta plus tard la fille aînée de Daguesseau, devenue la comtesse de Chastellux ; quoique enfant, elle sut lire dans ces lueurs et dans ces effets de disgrâce des vérités qui fortifièrent son âme et lui firent recevoir dans la suite, ainsi qu'à tous les siens, les coups du sort avec sérénité.

Mais le roi mourut le 1" septembre, et Daguesseau put voir se jouer autour de lui cette comédie des bassesses humaines qui recommence toujours. On savait qu'il était, comme Fénelon, l'ami du régent dont le succès était déjà prévu; il était surtout l'homme le plus considérable du Parlement, et le Parlement allait être, au moins pendant un jour, le véritable roi de France, puisqu'il cillait donner la régence. Ce rôle du Parlement brisant le testament du roi qui l'avait humilié et réduil à juger les procès, renferme un des plus graves enseignements de l'histoire; il montre qu'au plus beau temps de la monarchie il se mêlait au droit divin beaucoup d'humanité, et que les accidents et les passions ont toujours pu donner la souveraine puissance.

Il est inutile de répéter comment le duc d'Orléans obtint la régence; tout le monde le sait.

Daguesseau y eut une grande part, mais sans intrigue, par sa seule influence. Ce ne fut môme

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pas lui qui prit la parole au i^arlcment dans l'intérêt du duc d'Orléans; il la laissa à l'avocat ^('lierai Joly de Flcury.

J'avoue que je ne peux pas me repiésenler sans une vive émotion le rôle que jouèrent en ce moment ceux qu'on appelait alors avec respect les <5^ens du roi; je sens toute la distance; qui nous sépare et cjui nous éloigne d'eux, (;t j'éprouve 1 d'invincibles regrets en voyant combien ces gran- ) des fonctions ont été amoindries. Conclure sur le testament d'un roi, c'était une œuvre bien supérieure à celles qu'accomplissaient chaque jour les ministres exécutant les volontés du prince. Tout cela paraît facile aujourd'hui à notre orgueil démocratique; nous avons tous plus ou moins con-i ti'il)ué à (aire ou à défaire des rois; mais alors quel I ' grave et puissant ministère ! Loin des passions populaires qui nous ont si souvent asservis.^ sans calcul d'ambition, n'ayant d'autre guide que sa conscience, chercher, comme on cherche la justice, le bien delà France, quel devoir pour un magistrat! Daguesseau crut l'avoir rempli en romluanty si je puis parler ainsi, pour la régence du duc d'Orléans. 11 crut avoir agi, dans cette grande occasion, en homme qui cliercitail, coijait et roulait toujours le bien. Il a lui-même exprimé les sentiments qui l'animaient et les espérances

qui le porLèrcnl de ce côté; il ne savait pas jusqu'à quel point l'ame du duc d'Orléans avait été empoisonnée ; il l'avait jugé sur les grâces de son esprit et sur les idées de sage liberté qu'ils avaient échangées ensemble; il croyait relever l'autorité du Parlement et donner à la royauté une barrière que la marche du temps et le progrès des esprits rendaient bien nécessaire.

Tout ce qu'il a espéré, tout ce qu'il a souhaité, tout ce qu'il a cru, il Ta dit en des termes que, pour l'honneur de sa mémoire et l'instruction des hommes, il importe de reproduire.

c( Vous conservez, disait -il au Parlement, le souvenir de ce jour glorieux au sénat, précieux à la France, heureux aussi pour toute l'Europe, où un prince que sa naissance avait destiné à être l'appui de la jeunesse du roi et le génie tutélaire du royaume, vint recevoir par vos suffrages la ratilication du choix de la nature... S'attacher tout VEtat par les charmes du gouvernement^ c'est le chef-d'œuvre de sa sagesse. Par lui, cet accord si désirable^ mais si difficile de la liberté et de V autorité^ se trouve heureusement accompli. Une autorité nécessaire tempère l'usage de la liberté, et la liberté tempérée devient le plus digne instrument de l'autorité. Que les génies médiocres redoutent les conseils; les grandes âmes sont celles

KT m: chancelier daguesseai. v,

qui les désirent le plus; sûres d'elles-mêmes, elles ne craignent point de paraître gouvernées par ceux qu'elles gouvernent en effet, et, dédaignant le faux honneur de dominer par l'élévation de leur dignité, elles régnent plus glorieusement par la supériorité de leur esprit. »

Bientôt ces illusions tombèrent, et nous allons voir Daguesseau dans la disgrâce.

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