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leurs flancs nos sapeurs ont gravé cette simple inscription : Armée française , 1839.
En sortant de ce sombre défilé, nous avons trouvé le soleil éclairant une jolie vallée, et bientôt chaque soldat gagnait la grande halte , à peu de distance de là , ayant à la main une palme arrachée aux troncs des vieux palmiers qui, à l’ombre redoutée des rochers du Biban , s’étaient crus en vain à l’abri des outrages de nos briquets. »
Ces palmes de Biban rappellent un trait de noble et touchante modestie; l’armée présenta une palme au Prince, qui ne reçut cet hommage qu’en le rapportant au maréchal Vallée, dont il demanda l’assentiment.
Madame la duchesse d’Orléans garde cette palme, comme la Reine conserve les couronnes des prix du collège de Henri IV.
Dans cette expédition, le duc d’Orléans déploya de grands talents militaires : la triple ligne sur laquelle il disposa sa division à Hamza frappa d’admiration tous les
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vieux capitaines. 11 protégea la retraite avec aotant de sang-froid que d’habilelé.
Au retour des Portes de Fer, toute l’armée d’Afrique fut en fête ; dans un banquet, après avoir félicité ses compagnons d’armes sur leurs exploits, le Prince ajoutait : « Ma tâche à moi va commencer; c’est celle de faire connaître les titres que vous acquérez chaque jour à la reconnaissance de la patrie et aux récompenses du roi , dans ce pays difficile où tout s’use , excepté le cœur des
hommes énergiques, comme vous Je
dirai toutes les grandes choses que l’armée a faites en Afrique. »
On ne peut décrire l’enthousiasme qu’excitaient ses paroles et l’accent fraternel avec lequel elles étaient prononcées. Ce fut au milieu de ces témoignages de dévouement et d’admiration qu’il quitta l’Afrique pour revenir en France.
Il tint la parole qu’il avait donnée aux troupes de l’expédition ; il écrivit le récit
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de cette campagne. Se défiant de son talent, il exprimait le désir que ses notes fussent rédigées par une plume plus exercée que la sienne ; mais il voulait qu’on rendît sa pensée, sans faste et sans ornement et avec une simplicité vive , vraie , expressive et pittoresque. — «Monseigneur, lui disaiton, que Votre Altesse Royale désigne quelqu’un , et certainement vos inspirations seront écoutées et suivies. — Ah ! répondait le prince, le seul homme auquel je désirerais conGer ce travail consentira-t-il à s’en charger?» '
Cet écrivain qu’appelaient les vœux du Prince, c’était notre Charles Nodier, cêt homme au eœur si pur, à l’esprit si droit et si élevé, au sens si délicat et si parfait, au style si limpide, si naïf et si correct. Il accepta ce travail.
Nous ne serons pas indiscret, et nous ne ferons aucune violence à une modestie qui craint le bruit et l’éclat autant que d’autres
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les recherchent; mais nous n’omettrons pas les précieux détails que nous avons recueillis.
M. Charles Nodier fut d’abord frappé par la clarté du style du duc d’Orléans , et il désespéra de rien ajouter à ce mérite. Chemin faisant, il fallait rendre justice à qui de droit, et ne pas mettre plus d’affectation à éviter l’éloge qu’à l’amener. Toutes les fois que le nom du Prince revenait avec quelque louange sous lu plume de l’écrivain , historien fidèle, «Effacez-moi, disait le duc d’Orléans; je n’avais que le commandement d’une division ; tout l’honneur du succès appartient au maréchal commandant.»
Le manuscrit du Prince portait humblement ce titre qu’on lui â conservé : Journal de l'expédition de Vannée d'Afrique aux Portes de Fer, sous le commandement du matéchal Vallée.
En rendant compte des émotions qu’il avait éprouvées à Sidi-Ferruch, lieu du dé-
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barquement de l’armée victorieuse en 1830, ie Prince-roval avait seulement nommé le maréchal Bourmont. M. Nodier n’ajouta rien à ce nom ; le Prince fut étonné de cette réserve, et, lorsqu’il connut les motifs de ce silence puisés dans des convenances de situation , le duc d’Orléans lui dit : « C’est un fait glorieux, il honore le maréchal , la gloire est toujours de la gloire. »
Dans les notes qui parlaient du départ de Port- Vendre, le duc d’Orléans avait fait mention d’une circonstance dont le souvenir lui était cher ; au milieu de la foule qui se pressait de toutes parts pour lui envoyer le salut d’adieu, « Je fus assez heureux , • dit-il , pour apercevoir la fenêtre où se tenait ma femme , et voir le mouchoir blanc qu’elle agitait. » Charles Nodier, auquel ces élans de douce sensibilité vont si bien ,, n’avait eu garde de supprimer le passage. — «Je crains que ce ne soit puéril, lui dit le Prince ; cela a été écrit pour moi seul et
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n’a rien qui puisse intéresser les autres. »
Cette scène de Port-Vendre rappelle le salut que le Prince , sur la rivière de Bordeaux , envoyait par le porte-voix au maréchal Bertrand qui faisait quarantaine à Trompeloup. — « Je suis ici avec ma femme, lui criait-il, nous vous faisons nos compliments; madame la duchesse d’Orléans et moi , nous nous portons bien. »
Et à Chantilly, lorsqu’il donnait le bras <à la Princesse royale et qu’à la foule qui se pressait sur leurs pas, il disait avec un joyeux orgueil : — « Oui , mes amis , c’est ma femme ! »
Un an ne s’était pas écoulé que le mois de mai ISiO çetrouvait le duc d’Orléans, accompagné cette fois par son frère le duc d’Aumale, au défilé de Mouzaïa, et au pied de l’Atlas. Le duc d’Aumale déployait la plus ardente valeur, à la tète de trois escadrons dans le bois de Kazeras; on le vit braver une embuscade d’Arabes, pour ac-
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complir les ordres de son frère, sous les ordres duquel il servait comme volontaire.
A cette journée du col du Téniah dont la relation tient, à juste titre, une si grande place dans les bulletins d’Afrique, le Prince royal commandait la première division, elle eut les honneurs de l’attaque et ceux du triomphe. Le plan adopté par le jeune général fut unaniniement.approuvé; il témoignait d’une connaissance parfaite de l’art militaire. Le duc d’Orléans divisa ses forces en trois parties : il plaça à gauche le général d’IIoudetot; le général Duvivier tenait la droite ; deux obusiers de montagne et deux compagnies de sapeurs formaient le centre ; en arrière le régiment composait la réserve ; le Prince, au milieu, tenait <
la tète des colonnes d’attaque, et sous ce triple choc la position fut enlevée.
On était au sommet de l’Atlas. Qui pourrait dire l’enthousiasme, la reconnaissance et l’admiration de tous ces braves gens.
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se pressant autour des princes, et reportant à leur valeureux chef les félicitations de la victoire. Le Prince -royal faillit être étouffé dans les étreintes des vieux soldats qui l’entouraient. Le retour à Alger fut encore tout retentissant de^elameurs d’allégresse et de victoire. Alors aussi, le Prince-royal revint dans la patrie avec d’héroïques souvenances.
■ Pourquoi faut-il que le temps et l’espace nous manquent pour reproduire les récits et les exploits, qui proclament avec tant d’éclat l’honneur de nos armes ?
La gloire et le salut de l’armée d’Afrique étaient les objets de toute la sollicitude du duc d’Orléans. 11 ne cessait de parler de ses peines et de ses travaux ; il ne voulait pas qu’on diminuât rien des droits/qu’elle avait è l’admiration de la F^ance et à l’intérêt du gouvernement ; il se regardait ici comme le mandataire et le représentant des braves qui se battaienf sur la terre africaine.
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