‹ Le Duc de Bourgogne, 1682-1712Chapitre 20 sur 26 · E DES FLANDRES · texte numérisé non relu

E DES FLANDRES

seraient vus un instant enveloppés et ne se seraient dégagés qu'à force d'audace.

Un ordre porté à gauche eût pu tout sauver. Vei^dôme affirme dans sa lettre au Roi du 19 juillet ^u'au cours de l'action, il ordonna au Duc de Bourgogne de lancer toute la gauche de l'armée contre la droite de l'ennemi. L'ordre fut-il vraiment donné ? Le Duc de Bourgogne n'en est jamais convenu et il avait trop de conscience pour nier la vérité. D'Artagnan, dans le récit complet Cfu'il a donné de la bataille, n'y fait aucune allusion. Pendant ce temps Marlborough poussait un mouvement tournant, débordait la droite française et la prenait en flanc ; tandis qu'Eugène, voyant devant lui la gauche française immobile, inclinait à gauche et venait prendre entre deux feux l'infanterie française.

La nuit approchait. Vers huit heures du soir les deux chefs Français se retrouvèrent sur le plateau d'Huysse. Vendôme irrité, fougueux ; Bourgogne plus maître de lui, mais ne pouvant cacher son inquiétude.

Vendôme déclara que rien n'était perdu, qu'on pouvait tout réparer en prenant, plus en arrière, des positions mieux choisies et en remettant le combat au lendemain.

Ce mouvement, tenté avec des troupes désorganisées et ?i demi battues, offrait les plus sérieux périls.

Les généraux présents le désapprouvèrent. Vendôme vaincu par l'évidence prescrivit la retraite. Puis, se renfermant dans son dépit, il ne donna aucun ordre, ne prit aucune disposition, marcha en silence jusqu'à Gand, s'y jeta dans un lit et y demeura trente heures de suite, anéanti, étranger à tout oe qui se passait.

Les diverses fractions de l'armée, laissées à elles-

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mêmes, quittèrent le champ de bataille au hasard des inspirations particulières.

Le gros de l'armée se retrouva le lendemain, avec artillerie et bagages, aux environs de Gand et Bruges. On se mit en sûreté derrière le canal qui réunit les deux places.

Le Duc de Bourgogne établit son Quartier Général à Lovendeghem.

La route de Lille était ouverte.

Oudenarde ! Le Prince va porter tout le poids de cette défaite, non pas dans l'histoire, mais, pour le moment, à la Cour.

La cabale qui couvait contre lui à Versailles va éclater au grand jour. Il y tint tête, aidé de loin par Fénelon et de près par la Duchesse de Bourgogne.

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