‹ Le Duc de Bourgogne, 1682-1712Chapitre 4 sur 26 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

Les partisans du a succès avant tout » et par tous les moyens, oublient que les iniquités ne sont jamais amnistiées par le succès. Le succès n'est pas la loi des peuples, m.ais la justice.

Ignore-t-on que la France fut grande, puissante et heureuse sous Saint Louis ? ou continuerait-on de méconnaître, après de cruelles expériences, la vertu sociale de l'Evangile et l'heureuse influence de l'Eglise pour le bonheur de l'humanité ?

Ceux que ne touche pas l'incomparable vertu du Duc de Bourgogne, parce qu'ils la trouvent chez un Prince dévot, sont moins tolérants que Voltaire, qui a, dans le Siècle de Louis XIV, recommandé, avec tant d'admiration et de respect, son souvenir à la reconnaissance de l'histoire et qui n'a pas oublié, dans sa Henriade le Marcellus de la France.

Si extraordinaire et si merveilleuse que soit cette courte vie du Duc de Bourgogne — il est mort à vingt-neuf ans — sachons tout de suite que ce que nous . allons dire des actes et des pensées du Prince repose sur des textes authentiques, quand ils ne sont pas originaux. Ce sont d'abord les Mémoires de Dangeau, du Marquis de Sourches, de Berwick, tous remplis de souvenirs du Duc de Bourgogne. Ce sont des documents secs et froids.

Les plus belles pages de Saint-Simon, les plus émouvantes au moins, se rapportent au gracieux Dauphin, qui fut, au xvif siècle, l'espérance des Français qui attendaient l'âge d'or. Sous la plum,e abondante du célèbre Duc et Pair, la noble figure du Prince apparaît

Page 1