‹ Le Duc de Bourgogne, 1682-1712Chapitre 5 sur 26 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

douce et pure dans ce fond de tableau un peu sôw.bre de la Cour de Louis XIV vieillissant.

Il faut sans doute se défier des enthousiasmes de Vécrîvain. Ses haines ou ses amours l'emportent trop souvent au delà de la réalité ; mais que dire de ce style rapide et prolixe ; de cette langue énergique, hardie et passionnée, avec cette syntaxe incorrecte, elliptique et affranchie de toute grammaire, claire cependant par la lumière et la force d'une logique puissante et par la singulière vérité de l'expression ; de cet écrivain si éloquent et si négligé, éclairant les détails arides et minutieux par des images vives et pittoresques, originales, ou par des métaphores étranges que leur incohérence n'empêche pas d'être si justes ? De cela nous ne nous lasserons Jamais.

Le confesseur du Prince, le P. Martine'au, a publié « un Recueil des vertus » de son admirable pénitent. Et cet opuscule est précieux par l'accent de sincérité qui émane du cœur du bon Père, encore ému d'une vertu si élevée.

A la fin du xviii* siècle parut, pour la première fois, une biographie du Duc de Bourgogne, par l'abbé Proyart (i). Les deux volumes ont vieilli et la composition laisse à désirer; mais ce qui fit l'intérêt de cette Vie du Dauphin, père de Louis XV — tel est le titre de l'ouvrage — c'est que l'on entendit pour la première fois la voix m^me du Prince. Pour la pre-

(i) Vie du Dauphin, père de Loui^ XV, par l'abbé Proyart, a volumes. Paris, MDCCCXIX.

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