‹ Le Duc de Bourgogne, 1682-1712Chapitre 9 sur 26 · XVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XVIII PREFACE

gne avec le Duc de Beauvilliers, retrouvée au château de Saini-Aignan, antique demeure des BeauviUiers. Le Marquis de Vogué a publié ces Lettres avec une Introduction où l'érudition historique ne le cède ni à l'élégance de la phrase, ni à la profonde émotion du grand et parfait honnête homme que fut le Marquis de Vogue (i).

Et quels documents surtout que La Correspondance du Duc de Bourgogne avec ?on frère d'Anjou, roi d'Espagne, découverte par Mgr BaudriUart. aux Archives d'Alcala, en Espagne. L'éminent historien a publié ces lettres très nombreuses et très variées en deux volumes, avec une Introduction magistrale qui, par son ampleur, forme un essai psychologique sur le jeune Prince (2).

De quelle clarté nouvelle s'éclaire la physionomie religieuse du jeune homme, d'un Prince assis sur les marches du trône, quand on trouve sous sa plume des phrases comme celle-ci, écrite à Be'cuvilliers : « Ne croyez point au moins que c'est à cause de vous que je mets toujours quelque petit mot de Dieu dans m,eit lettres, mais c'est que je sens toujours un plaisir infini à en parler (3) ».

Et quand on lit la correspondance du Prince avec

Cl) Le Duc de Bourgogne et le Duc de Beauvillierx, Lettres irif^dites (1700-1708) publiées p.ir le Marquis de Vo^é. Paris, Pion, 1900.

Cs) Mgr BaudriUart, Lettres du Duc de Bourgogne au Poi d'Espagne, Philippe V, 2 volumes in-S", Paris, Laurens. 1OT2-1ÇK16.

(3) Vogué, Le. Duc de Bourgogne, ii3.

PRÉFACE XiX

son frère d'Anjou, dans les dernières années de sa vie, on est heureux et fier, comme chrétien, de suivre l'ascension de cette âme profondément pieuse.

« Mûri par le malheur, fortifié par les attaques des partis, formé par l'expérience acquise dans les Conseils, l'esprit de l'héritier du trône s'ouvre et se dilate ; le sentiment religieux qui l'anime s'élève et s'élargit ; sa pensée devient plus profonde et plus personnelle. Par la hauteur des vues, l'indépendance du jugement, la pleine' conception des devoirs royaux, les lettres des dernières années justifient le mot de Saint- Simon : « Que tous les jours, M. le Duc de Bourgogne croissait en quelque chose (i) ».

Le moment est venu d'écrire la vie du Duc de Bourgogne. L'œuvre manque. La thèse mince et faible de Monty (2) « Le Duc de Bourgogne », n'est qu'une suite de considérations philosophiques et morales sur l'époque de Louis XIV. Monty n'avait pas de documents à sa disposition. Son héros en a souffert.

Le Comte d'Haussonville, dans son très intéressant et très attrayant ouvrage « La Duchesse de Bourgogne et l'Alliance Savoyarde » (3), a profité des nouvelles publications du Marquis de Vogué et de Mgr Baudrillari, et il a très heureusement campé la belle' figure

(i) Baudrillart, Lellres inédites, Introduction, IX.

(2) Paris, i844 (Thèse de Doctorat).

(3) Le Comte d'Haussonville, La Duchesse de Bourgogne et Valliance savoyarde sous Louis XIV, k volumes in-8°, Paris, Calmann-Lévy, 1 908-1908.

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