‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 12 sur 62 · M^^" Laurent, maîtresse de Biron · texte numérisé non relu

M^^" Laurent, maîtresse de Biron

4. Briois de Beaumetz, né à Arras le 23 décembre 1759 avait obtenu en 1785 la survivance de son père comme premier président au Conseil d'Artois quand éclata la Révolution. Il fut élu député de la noblesse aux États généraux et y siégea à gauche, bien que très fortement attaché à la monarchie. Son rôle parait avoir été souvent mal jugé notamment par Mirabeau

qu'il l'a assurée qu'il serait ici demain lundi. J'en serai charmé sous tous les rapports. J'ai beaucoup de choses à lui dire qu'il est impossible d'écrire. Adieu, je vous aime et vous embrasse de tout mon cœur.

Je n'ai pas encore entendu parler de vous ni de de Sainte-Foy (1). J'imagine que j'aurai de vos nouvelles par M. de Beaumetz et que, malgré votre paresse, vous ne laisserez pas notre correspondance toute d'un côté et rien de l'autre.

N** 3. — A M. DE Talleyrand.

A Valenciennes, le 4 Décembre 1791.

Beaumetz devait être ici avant-hier, et n'est probablement pas encore parti de Paris; je n'ai pas eu un mot de vous depuis mon départ. Sainte-Foix, à qui j'ai écrit, ne m'a pas répondu. Si c'est la manière dont vous comptez me tenir au courant, je puis, du moins espérer qu'elle ne fatiguera personne. Si vous

qui parle quelque part de l'infernale association de Talon, de Sainte-Foix, de Beaumetz. » Corresp , III, 253. Beaumetz devenu suspect, passa à l'étranger, voyagea en Allemagne, en Angleterre enfin en Amérique où il mourut en 1800.

1. Radix de Sainte-Foy, commis aux Affaires étrangères sous Louis XV et Louis XVI, fut employé sous ces règnes à différentes missions secrètes (Voir Martange, note p. 210). Fersen, II, 360-361-370-377.

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110 me répondez pas sur la Prusse, j'écrirai dircclcnienl à U. de Lessart, cl puis, s'il garde aussi le silence au comilé diplomatique, celle négligence est plus coupable qu'elle ne l'a jamais élé, el il faut bien à la fin que quelqu'un en devienne responsable. La pétition du département de Paris cause ici du mouvement dans les deux sens; les prêtres non assermentés ont attaqué les constitutionnels dans plusieurs villages ; avant-hier, ils ont voulu pendre le curé constitutionnel de Brillon, village à quelques lieues d'ici; on a été obligé de faire marcher un détachement de gardes nationales de Marchiennes. Dans d'autres, les prêtres constitutionnels poursuivent les non assermentés, les font insulter et conduire sur la frontière; je crois cependant pouvoir vous répondre qu'avec beaucoup de surveillance, en nous entendant bien avec les corps administratifs nous maintiendrons la tranquillité publique; j'en répondrais absolument si je restais ici d'une manière plus permanente; on a pris partout l'habitude de s'adresser à moi, et je rétablis le calme assez facilement lorsqu'il est troublé ; mais la disette absolue d'officiers généraux va obliger M. de Rochambeau à m'employer à faire des revues d'inspection que tout le monde ferait aussi bien et peut-être mieux que moi, et qui me tiendront éloigné de Valenciennes pendant le temps où j'y serais le plus utile. Cela pourrait encore se changer s'il nous arrivait promptement des maréchaux de camp.

Sans m'écrire, M. Van der Mersch (1), qui est maintenant à Lille, m'a fait dire plusieurs fois qu'il désirait beaucoup causer avec moi. Je n'ai pas cru devoir aller à Lille exprès. Si vous trouvez quelque avantage à ce que je voie M. Van der Mersch^ vous me le direz.

Quelques personnes de mes amis en Angleterre me chargent de faire à M. de Lessart l'observation suivante : l'Ambassadeur d'Espagne, le Ministre de l'Empereur et en général tous les ministres étrangers vont chez les duchesses de Glocester et de Cumberland, belles-sœurs du Roi. L'ambassadeur de France est le seul qui n'y aille pas et cela, parce que la Reine de France, qui ne pardonne pas à ces femmes de n'être pas nées princesses, a fait dire au chevalier de la Luzerne (2) de ne pas aller chez elles. Vous sentirez aussi bien que moi que, dans Fétat actuel des choses, il serait et ridicule et inconvenable que cet ordre subsistât ; ayez donc, je vous en prie, la bonté d'en parler à M. de Lessart; je suis

1. Van der Mersch, ancien officier au service de l'Autriche, avait été placé à la tête des troupes levées par l'insurrection brabançonne en 1790. On sait qu'après de premiers succès ce mouvement aboutit à un échec complet. Van der Mersch s'était alors retiré en France où il essaya à diverses reprises, mais toujours vainement, d'organiser militairement les nombreux réfugiés qui l'avaient suivi. La légion belge qui suivait Luckner en mai 1792 à Gourtrai avait été levée en dehors de son action.

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