‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 13 sur 62 · Le prédécesseur de Chauvclin à Londres · texte numérisé non relu

Le prédécesseur de Chauvclin à Londres

certain quo Ton no peut rien faire de plus agréables à tout ce qui aime la Révolution française en Angleterre et à tout ce qui désire une alliance avec la France, et je vous assure que c'est une des plus importantes petites choses dont on puisse s'occuper. Adieu, je vous aime et je vous embrasse de tout mon cœur. Répondez-moi donc quelques mots.

La lettre suivante a trait à l'organisation par IMarbonne des trois grandes armées qui furent créées à la date du 14 décembre 1791, sous le nom d'armée du Nord, d'armée du Centre, d'armée du Rhin et dont le commandement fut attribué à Rochambeau^ à Lafayctte et à Luckner. Nous avons vu, un peu plus haut, que Biron :avait indiqué l'urgence de créer maréchaux de France Rochambeau et Luckner, pour permettre à ces deux généraux de faire face plus largement aux dépenses qui s'imposaient alors à un commandant en chef d'armée. Doit-on attribuer à cette demande de Lauzun, une importance qu'elle n'eut peut-être pas? Doit-on le considérer comme le véritable auteur de l'élévation au rang suprême du vainqueur d'York-Town et du vieux reître de la guerre de Sept ans? Nous ne saurions Taffirmer. Ce qui est certain, c'est que le roi signa, le 26 décembre 1791, le décret qui

donnait le bâton aux deux commandants des armées du Nord et du Centre et que Narbonnc leur remit publiquement à Metz, le 1" janvier 1792, l'insigne de leur dignité nouvelle dans une grande revue de toutes les troupes de la garnison. La présence de Narbonne à Metz n'avait pas d'ailleurs pour unique motif la solennité militaire dont nous venons de parler. Le séjour du ministre dans la grande forteresse lorraine était seulement une étape dans un voyage commencé dès le 20 décembre, et dont le but était l'inspection de nos places de guerre, de nos arsenaux, de nos troupes. On n'était pas habitué à voir un membre du Conseil du Roi donner des preuves d'une activité aussi efficace; aussi, les journaux retentirent-ils avec unanimité des louanges que méritait une telle conduite : « Il faut rendre justice à l'activité de M. de Narbonne, écrivait au Moniteur à la date du 1'" janvier, son correspondant de Metz. Il est arrivé après avoir passé six nuits sans se coucher... C'est plusieurs ministres à la fois qu'un homme capable de penser à tout, d'agir sans cesse et d'être sans cesse parlant avec éloquence ou agissant avec dextérité (1). »

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