Mirabeau. Histoire secrète, II
concubinage fut acceptée par « les courtisans consultes sur la matière », sous le prétexte que ce procédé « conciliait les droits du ciel avec les plaisirs de la terre (1). »
Bisclioiïswerder, chargé d'obtenir le consentement de la Reine, conduisit avec succès sa négociation. La princesse Frédérique-Louise était trop heureuse, au fond, qu'on voulût bien lui demander son avis en une circonstance où, vraisemblablement, on était disposé à agir sans €lle. La résistance qu'elle opposa était de celles qu'on sent de prime abord fragiles, d'autant que cette résistance n'affectait en rien la dignité qu'elle eut pu revêtir. « On aura mon consentement, se contenta-t-elle de dire ; mais, on ne l'aura pas pour rien et même il coûtera très cher (2). » Ce très cher n'était en réalité qu'une bagatelle : on lui paya ses dettes, qui ne dépassaient pas trois ou quatre cent mille francs.
Dans ces conditions, M^^^ de Voss n'avait plus de raison de résister : elle capitula donc. Le mercredi 22 novembre 1786 elle accepta officiellement la main du Roi, qui par suite allait se trouver avoir « quatre sortes d'enfants »,