M. de Choisy, lieutenant-général beaucoup plus ancien
A M. DE NVnnONNE V'V)
Kn le répétant ce que je t'ai déjà dit souvent que je n'avai.s tVaulre désir que iVcfre employé où je serais jugé le plus utile sans aucun égard pour mes convenances ou répugnances personnelles, je crois devoir l'observer que l'on ne verra ni dans le pays, ni dans les troupes, M. de Chartres, son régiment et moi (juitter à la fois l'armée du Nord sans beaucoup de mécontentement et d'inquiélude, d'autant que Ton répand depuis longtemps que l'on veut retirer d'ici les régiments et les officiers les plus patriotes. Je crains beaucoup que l'on ne croie cette disposition sollicitée par M. le Maréchal de Rochambeau et que cela ne lui fasse perdre de la confiance publique qu'il serait si important de lui conserver. Ces observations me paraissent tellement mériter la plus sérieuse attention que je crois, pour ce qui me regardera personnellement, devoir tenir secrets les ordres que je pourrais recevoir de toi, et ne les exécuter que lorsque lu auras répondu à cette lettre. Je joins ici une copie de la liste des lieutenants-généraux employés dans l'armée du Nord ; lu verras que ceux qui sont connus pour aimer la Constitution, ne sont pour ainsi dire plus capables d'aucune activité.
Signé : Biron.
que Lauzun, « M. de Ghois}' est un bon et brave homme, ridiculement violent, constamment en colère, faisant des scènes à tout le monde et n'ayant jamais le sens commun. » Lauzuur Mémoires, p. 372.
Le jour mêaie où cette lettre était écrite le ministère de Bertrand de Molleville cédait la place au ministère girondin présidé par Dumouriez. Ce dernier se réserva comme on sait les Affaires étrangères ; on peut dire avec exactitude qu'il prit également la guerre, le remplaçant de Narbonne — le colonel de Grave — n'ayant jamais été, dans son département, qu'un simple secrétaire. Mais Biron ne pouvait encore savoir la place que de Grave tiendrait dans le Conseil et il lui adressa, le 15 mars 1792, la lettre suivante dont le laconisme ne l'engageait à rien.
N^ 40. — A. M. DE Grave.
A Valencienncs, le 15 Mars 1782.
J'ai l'honneur de vous rendre compte, Monsieur, que j'ai reçu hier le nouveau règlement de discipline militaire adressé à M. le Maréchal de Rochambeau. Par une méprise, il manque à un exemplaire 7 ou 8 pages, ce qui m'empêche de pouvoir en donner connaissance à la garnison. Comme je vous ai vu disposé, avant d'être ministre, à solliciter quelques changements dans ce règlement, j'espère que nous vous aurons l'obligation de voir supprimer ceux qui
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sont les plus pénibles pour le soldat, il y a par exemple un quatrième appel qui me paraît le gêner bien inutilement. J'attendrai donc vos ordres particuliers avant de mettre ce règlement en exécution. N'ayant pas cru devoir vous faire de représentations officielles, j'ai pensé que vous trouverez bon que je m'adressasse directement et secrètement à vous.
Signé : BmoN.
N<»41. — I^iRON A M. DE Talleyrand.
A Valcncicnnes, le 17 Mars 1792.
J'apprends que vous êtes arrivé. J'espère que c'est seulement pour vous faire de nouvelles instructions ; lamortde l'Empereur(l) et les suites nombreuses et compliquées, peut-être incalculables qu'elle peut et doit avoir, attireront toute l'attention du ministère anglais et desserreront probablement quelques-uns des nœuds politiques de la nation anglaise. Le roi de Bohème et de Hongrie ne sera point empereur, ou le sera à des conditions imposées par le reste de l'Empire ; nous devons les surveiller partout et prévenir impérieusement toutes celles qui nous seraient désavantageuses. Il existe deuxmoyens queje regarde comme immanquables et que je ne pourrais, je