‹ Le Duc de Lauzun (général Biron) 1791-1792Chapitre 40 sur 62 · BIRON A M. DUMOURIEZ · texte numérisé non relu

BIRON A M. DUMOURIEZ

Pou (le choses, je VOUS jure, no me feraient autant de plaisir et je crois bien que cela pourrait ôtre utile, mais en vérité, je crois qu'il y aurait quelque danger à me faire quitter Valenciennes même pour quarantehuit heures. On travaille nos troupes de toutes les manières possibles ; on ne s'occupe d'autre chose que de préparer des insurrections. Ma présence contient tout, parce que ma surveillance est grande, que je suis bien informé et beaucoup avec le soldat. Je ne couche jamais hors de Valenciennes. J'ai annoncé deux ou trois fois que j'allais à Lille ou à Douai pour quelques jours ; je suis revenu le soir, et j'ai presque toujours trouvé que l'on avait cherché ou commencé à faire du train. Je sens l'énorme différence de causer tête à tête ou par un tiers. Si vous avez quelqu'un en qui votre confiance soit entière, et dont vous puissiez vous passer trois jours envoyezle-moi; si cela ne vous suffit pas, je m'arrangerai de manière à arriver chez vous au jour convenu à 7 heures du matin, et à repartir le même soir, car je n'ai personne à laisser à Valenciennes, et sur qui je puisse compter absolument pendant mon absence. Si vous pouvez parvenir à ce que le décompte et généralement tout ce qui regarde le soldat soit payé en argent, je vous réponds qu'il n'y aura plus lieu de le dégoûter, ni de le séduire.

Vous me dites, mon excellent ami, que quand je

saurai les raisons qui ont déterminé les ministres

\ aux mesures relatives aux trois armées, je les

approuverai, je n'en cloute pas assurément puisque vous m'en assurez ; vous me permettrez seulement encore de vous observer que dans toutes les suppositions possibles, il me paraît obligatoire de mettre l'armée du Nord dans un tel état, qu'elle puisse détacher un gros corps à l'appui de celle du centre soit par une diversion, soit par une jonction, et prenez garde qu'en négligeant cette urgente disposition, vous n'attiriez vous autres ministres patriotes, une grande responsabilité sur vos têtes et qui pis est, sur vos consciences.

Par tout ce qui me revient de M. de la Gravière^ que je connais peu, il me paraît qu'il se conduit avec intelligence et patriotisme ; recommandez-lui bien, je vous en prie, de m'informer exactement de tout ce qui peut nous intéresser, et de nous ménager quelques moyens d'être instruits quand il n'y sera plus. Le Maréchal ne veut et ne voudra pas dépenser un écu en nouvelles, ni en espions, cela est dans son caractère; il était ainsi en Amérique ; aussi ne savions-nous rien. Je meurs de peur que nous ne soyons de même ici et cela serait infiniment plus dangereux. Faites-lui donner quelques fonds pour cela^ et faites-lui ordonner de les employer. Vous avez parfaitement raison d'envoyer Chauvelin en Angleterre, ce jeune homme est excellent, propre à tout et mérite toute votre confiance, je vous en réponds. Je ne vous parle pas de l'Évêque, vous connaissez mon sentiment pour lui. Adieu, mon bon

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