Si (cyès
P. -S.— Je suis bien fâché d'avoir manqué Chauvelin, mille tendres amitiés s'il est encore avec vous.
N° 72. — BiRON A M. DE ROCHAMBEAU FILS. Valcncicnnes, le 14 Avril 1792.
J'ai reçu, mon cher Rochambeau, la lettre du général Beaulieu (1) et votre réponse. Je crois que vous allez être promptement débarrassé de cette correspondance, car le général Dalrymple, parti hier à 10 heures du soir de Paris, sort de chez moi et me dit que quelques instants avant son départ, la réponse du roi de Hongrie était arrivée, et qu'elle était tellement insolente qu'elle rendait la guerre indispensable, et que l'on disait hautement que nos opérations offensives seraient immédiates. Ne divulguez cependant pas cette nouvelle, je vous prie, qu'elle ne vous soit parvenue par quelque autre voie. J'imagine que j'aurai des nouvelles ce soir ou demain ; je vous les communiquerai sans perdre de temps.
Signé : BmoN.
P. S. — Je suis fâché de vos chevaux volés; il
1. Beaulieu général autrichien qui commandait alors en Belgique, sous les ordres du duc de Saxe-Teschen, gouverneur des Pays-Bas. C'est le même qui devait lutter si malheureusement contre Bonaparte en 1796.
BinON A M. DK LA GRAVIKRE 215
faut en envoyer le signalement aux municipalités et à la gendarmerie nationale.
N'* 73. — BmoN a M. de la Gravière.
A Valcncicnncs, le 14 Avril 1792.
Je m'empresse, Monsieur, d'avoir l'honneur de vous informer qu'un homme de mes amis parti de Paris hier 13 avril à 6 heures du soir et arrivé à Valenciennes à midi, m'informe que la réponse du roi de Hongrie est arrivée hier à 2 heures et qu'elle est telle qu'elle rend la guerre inévitable. Il me promet de ne point divulguer cette nouvelle à Bruxelles, jusqu'à ce qu'elle y arrive par une autre voie. J'ai cru devoir vous en informer sans perdre de temps. Je m'attends à avoir l'honneur de vous voir ici très incessamment.
J'ai l'honneur d'être, etc....
Signé: Biron.
N" 74. — DuMOURiEZ A M. DE Biron.
Paris, le 13 Avril 1792.
J'ai causé avec M. de Beauharnais, mon cher Biron, et il vous rendra ma conversation; fai commencé
hier le travail militaire ; cela m'est très aisé parce que de Grave me témoigne une confiance filiale ; je vais continuer et j'espère que sous peu, je serai assez parfaitement sûr de tous les détails pour pouvoir presque vous répondre qu'il ne manquera rien à vos préparatifs pour pouvoir camper du 25 au 30 de ce mois.
Puisque les Autrichiens ne se ménagent pas davantage en procédés, je vous exhorte dès ce moment à les imiter; le vrai moyen de vous venger de ce qu'ils font déserter, ou accueillent vos sousofficiers, c'est de recevoir dès ce moment leurs déserteurs; faites-les passer tout équipés à Paris, et pour qu'ils soient parfaitement reçus, adressez-les de club en club jusqu'à celui des Jacobins.
S], comme vous me l'assurez dans l'une de vos précédentes, vous avez la possibilité de faire déserter une compagnie et un escadron entiers, nous serons sûrs que cela nous produira deux bons effets. Le premier, d'encourager la nation, parce qu'elle verra par expérience qu'elle peut espérer fondre cette grande armée par l'appât de la liberté et de l'aisance. La deuxième est d'effrayer les généraux autrichiens en leur inspirant la méfiance contre leurs soldats. Comme les généraux sont des Allemands, brutaux et bêtes pour la plupart, ils croiront pouvoir arrêter la désertion en redoublant de sévérité, et cette même sévérité augmentera la désertion. Je conçois que ce plan d'embauchage doit coûter quelques frais, d'au-