Mémoires, p
cl dont beaucoup, comme LaCayeLte, counneCustiiie, comme Malliieu-Dumas, Berthier, etc., etc., comptaient trente ans à peine. On sait comment la prise de York-Town et la défaite du lord Cornwallis vinrent assurer le triomphe de la liberté et l'émancipation d'un grand peuple. Biron fit preuve en Amérique de la bravoure et de l'entrain qu'il avait manifestés en Corse, mais comme en Corse également, il montra davantage le courage du soldat que les qualités réfléchies dont on aime à trouver la trace chez un chef d'armée. Après être revenu une première fois en France porter la nouvelle de la victoire de Rochambeau, il y rentra définitivement en 1783 avec le corps expéditionnaire et prit part dès cette époque au mouvement populaire qui allait amener la Révolution.
Les crises politiques comme celles de 1789 sont saluées avec faveur par les hommes de bonne foi qui aperçoivent dans l'avènement du système nouveau la réalisation d'aspirations légitimes. Elles sont accueillies peut-être avec plus de joie encore, par les intrigants qui espèrent profiter du désordre inhérent à tout changement politique pour s'élever à une situation qu'ils n'avaient pu obtenir dans le fonctionnement normal du régime précédent.
Il n'y a malheureusement pas de doute qu'il ne faille ranger Lauzun dans cette dernière catégorie. Synthétisant par ses goûts, par sa vie tout entière ces mêmes vices de l'ancien régime contre lesquels était faite surtout la Révolution, on ne peut hésiter à penser qu'il demeura, au fond, totalement opposé à des principes qui visaient la destruction de privilèges sans lesquels il fût demeuré nécessairement obscur.
Lauzun n'affecta pas moins, pour la défense des idées nouvelles, une ardeur tout à fait extraordinaire, espérant par ce zèle exagéré se faire pardonner un passé qui était impardonnable, obtenir grâce à ce jeu, déloyal parce qu'il était feint, la situation à laquelle en dépit de sa naissance et de ses intrigues, il n'avait pu s'élever dans l'ancien ordre de choses. Mais, là encore, il se trompait dans ses calculs. Lauzun <^ homme romanesque n'ayant pu être héroïque», commele lui disait une femme de son temps (1), Lauzun qui « s'était fait aventurier au lieu d'être grand seigneur (2) », suivant la parole de Besenval; Lauzun était trop l'homme du privilège, personnifiait trop l'esprit de caste pour que per-